Indépendance du Québec - De timides premiers pas pour la Convergence

Bernard Landry au congrès de la Convergence nationale, dimanche.
Photo: François Pesant Le Devoir Bernard Landry au congrès de la Convergence nationale, dimanche.

Ce fut un modeste départ pour le congrès de la Convergence nationale qui, malgré un enthousiasme bien senti des militants souverainistes de la base, n’a pas semblé convaincre les représentants des partis politiques indépendantistes.

Eux qui n’avaient pas toujours manifesté une ardeur débordante devant cette initiative ont fait acte de présence in extremis, à la clôture de l’événement, sans toutefois s’engager concrètement et en se contentant de laisser planer de minces espoirs.

Élections primaires, candidatures uniques, instauration d’un scrutin proportionnel et stratégies de mobilisation… De nombreuses questions ont été discutées par les quelques centaines de participants qui s’étaient rassemblés toute la fin de semaine à l’UQAM. « Personne ne s’est avancé sur ce qui pourrait converger dans les plateformes, c’est vrai. On a commencé par les grands principes et par admettre que les indépendantistes ont le devoir de travailler ensemble pour la cause qui les unit. C’était le principal, et les moyens techniques par la suite seront précisés », a déclaré au Devoir l’ancien premier ministre Bernard Landry, pour expliquer les timides avancées.


Il a reconnu que la présence des représentants des trois principaux partis politiques indépendantistes (Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale) avait été obtenue à l’arraché. « C’est vrai, mais c’est le résultat qui compte. Il y a eu des inquiétudes, des doutes qui se sont dissipés à la toute fin de la rencontre. Il faut dire que moi, qui suis membre du PQ, j’ai joué mon rôle dans mon parti, les autres aussi, et tout le monde était là à la fin », a-t-il dit, expliquant qu’il est intervenu.


Il y a urgence à faire un pays du Québec, et celui-ci « n’a plus le droit à l’erreur ». M. Landry a livré un discours d’espoir, rappelant que l’indépendance « n’est ni à gauche ni à droite, elle est en avant ».


Lors d’un point de presse ensuite, il a même laissé entendre que la souveraineté n’était plus l’apanage du Parti québécois. « [L’indépendance], ça passe par la solidarité de tous ces millions d’indépendantistes qui, à travers un parti ou l’autre, font avancer cette cause », a-t-il dit aux médias. Non plus seulement par le PQ ? « C’est évident. Il y a d’autres partis indépendantistes que le PQ. Ce qui compte, c’est qu’il y ait convergence pour que les indépendantistes se soutiennent les uns les autres sur la mission fondamentale qu’est l’indépendance. »

 

« Des ponts ont été jetés »


Même si « on est loin du compte », le comédien et ancien député péquiste Pierre Curzi est reparti plus rassuré du congrès. « Je repars d’ici avec le sentiment d’une réelle convergence, en tout cas d’un éveil qui essaie de se défaire des cadres habituels sectaires et partisans et ça me redonne un peu d’air », a-t-il confié. Mais malgré une bonne base militante, rien ne peut se faire sans les partis politiques. « À partir du moment où les partis se sentent menacés par la société civile, qui est leurs électeurs, peut-être qu’eux-mêmes vont commencer à penser différemment ».


L’éminent sociologue Guy Rocher se dit encore « inquiet », mais optimiste devant ce « nouveau départ ». Il ne faut toutefois pas s’attendre à un miracle, a-t-il déclaré au Devoir, devant le durcissement des trois partis indépendantistes ces derniers mois. « Qu’ils soient venus et qu’ils se soient engagés à discuter avec leurs membres des conclusions de ce congrès, c’est déjà beaucoup. »


« Des ponts ont été jetés en fin de semaine », a soutenu Jocelyn Desjardins, coporte-parole de Nouveau Mouvement pour le Québec, qui a organisé le congrès de la Convergence nationale.


Seul représentant du Parti québécois, le ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, a admis qu’il n’était pas censé venir parler au congrès et qu’il venait sur une base volontaire pour ensuite en instruire sa formation politique. Il a dit vouloir « poursuivre les échanges » entre les partis, rappelant que la discorde n’apporte rien de bon à la cause souverainiste. « Peut-on ne pas se taper dessus? », a-t-il lancé à la foule.


Le président d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, a pour sa part tenté un léger rapprochement en appelant à mettre la cause souverainiste avant les intérêts du parti lui-même. « Et il faut que cette collaboration se fasse entre partis clairement souverainistes, sinon c’est donner un chèque en blanc à ce qu’il résultera de ces élections-là comme gouvernement », a-t-il dit, rejetant le système électoral uninominal actuel.


Andrés Fontecilla, porte-parole de Québec solidaire, s’est réjoui des discussions qui ont eu lieu au congrès, les qualifiant d’« avancées ». Il ne s’est toutefois pas empêché de décocher des flèches à l’endroit des péquistes et a rappelé que son parti n’allait faire aucun pacte électoral d’ici à de prochaines élections.


Ce congrès qui se voulait le « plus important rassemblement indépendantiste non partisan depuis 1995 », a notamment réuni l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois, l’ancien président de la CSQ Réjean Parent, et l’ex-ministre péquiste Joseph Facal.

85 commentaires
  • Serge Marchand - Inscrit 27 mai 2013 04 h 58

    Un fou dans une poche

    Sous le règne de Pauline Première, on a vu comment le Parti Québécois œuvre pour les entreprises étrangères. Ainsi, je crois qu'il faudrait être fou de faire le saut avec des dirigeants ne travaillant pas pour le peuple Québécois.

    Le PQ a urgent besoin de leaders travaillant pour le peuple Québécois. Après, on verra mais à date la parole d'un politicien ne vaut pas cher...

    • Gabriel Auclair - Inscrit 27 mai 2013 18 h 13

      On peut faire l'indépendence avec n'importe quelle premier ministre. On ne la réélira pas, c'est tout.

  • Michel Lebel - Abonné 27 mai 2013 05 h 28

    L'erreur?

    Selon Bernard Landry, "le Québec n'a plus le droit à l'erreur". Faut-il en conclure que le Québécois ont erré lors des deux derniers référendums? Il me semble que pareille affirmation est guère respectueuse du choix démocratique de bien des Québécois. Disons que c'est une excellente façon de diviser les Québécois, entre ceux qui votent bien et ceux qui votent mal.


    Michel Lebel

    • François Ricard - Inscrit 27 mai 2013 09 h 19

      Depuis quand faut-il respecter une démocratie de "commandites" et de "vol" d'élection?

    • Sylvain Castonguay - Abonné 27 mai 2013 09 h 38

      L'article de madame Gervais évoque que ''celui-ci'' n'a pas droit a l'erreur (en référant visiblement au pays du Québec ); ce que monsieur Landry a plutôt dit hier, c' est que le mouvement indépendantiste n'a pas droit a l'erreur...laissant entendre que ledit mouvement n'a pas le luxe de déclencher une démarche qui culminerait sur un échec.
      A ce titre, après 1980, 1982, 1992 et 1995, il faudra bien que le Québec finisse par dire OUI a quelque chose...

    • Pierre Brassard - Inscrit 27 mai 2013 09 h 58

      Vous avez tout à fait raison M. Lebel. Bernard Landry a encore là trop parler.

      Il aurait pu faire sa déclaration en latin, ça aurait pimenter la foule à Convergence Nationale...

    • Solange Bolduc - Abonnée 27 mai 2013 10 h 01

      Voilà la vraie réponse, M. Ricard.

  • Dominique Beaulieu - Inscrit 27 mai 2013 06 h 17

    Idées toxiques et nocives

    Certains partis devraient cesser de répandre des idées toxiques et nocives comme la proportionnelles car la proportionnelle augmenterait le poids du vote anglophone de l'Ouest de l'île à cause de la concentration du vote anglophone dans ce secteur.

    Certains partis devraient mettre de côté leurs dogmes socio-environnementalistes, ce n'est pas ça qui presse, c'est l'indépendance qui presse.

    Au Québec, un parti indépendantiste et un parti fédéraliste, c'est assez.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 27 mai 2013 15 h 11

      «Certains partis devraient mettre de côté leurs dogmes socio-environnementalistes, ce n'est pas ça qui presse, c'est l'indépendance qui presse.»

      Dans quel monde vivez-vous M. Beaulieu ? N'avez-vous aucune conscience de l'importance Cruciale de l'enjeu environnemental et des enjeux sociaux ? La pérennité humaine menacée par les changements climatiques, ça vous sonne une cloche ? Oui, l'indépendance ça presse. Oui, l'éco-socialisme ça presse. Et justement, QS a l'intelligence d'intégrer les deux projets en un pour faire en sorte qu'ils se réalisent réellement.

      « Au Québec, un parti indépendantiste et un parti fédéraliste, c'est assez. »

      Wow, belle conception de la démocratie... Dommage pour vous, le «bon vieux temps» des bleus et des rouges est terminé. Les gens aspirent maintenant à un choix politique plus large. La volatilité de l'électorat devrait vous convaincre que votre souhait ne se réalisera jamais. Le Québec a changé. Les générations montantes aussi.

    • Gabriel Auclair - Inscrit 27 mai 2013 18 h 26

      Quoi, le vote proportionnel augementerait le poids des anglophones. C'est catastrophique. Il fauderait donné pour tout l'Est de Montréal qu'un seul débuté pour maximisé les résultats électoraux en notre faveur.

  • François Ricard - Inscrit 27 mai 2013 06 h 18

    QS: sectaire et dogmatique

    Andrés Fontecilla a rappelé que son parti n'allait faire aucun pacte électoral d'ici les prochaines élections.
    Bang! La porte est fermée.

    • Fernand Lachaine - Inscrit 27 mai 2013 09 h 36

      De toute façon le parti QS n'est pas nécessairement indépendantiste.
      QS me rappelle l'Union Nationale de Daniel Johnson père quand il avait écrit "Égalité ou Indépendance".
      C'est à dire que monsieur Johnson mettait des conditions avant d'envisager l'indépendance. Une forme de chantage qui avec le temps avait semer la confusion politique de l'Union Nationale qui a disparue par la suite.
      La seule porte qui reste maintenant à QS c'est un rapprochement avec un futur NPD Québec.
      Dommage que ce parti ait été invité à la Convergence car il n'est pas indépendantiste.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 27 mai 2013 11 h 33

      Andrés Fontecilla montre que les indépendantistes qui votent QS votent contre la souveraineté du Québec.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 27 mai 2013 15 h 05

      M. Fontecilla ne fait que respecter les mandats votés en Congrès par les délégué-e-s des associations locales, eux et elles-mêmes mandaté-e-s par leurs assemblées locales.

      Que voulez-vous QS n'est pas le PQ. Ses élu-e-s, portes-paroles, candidat-e-s doivent respecter les décisions qui se prennent à la base. Je qualifierai davantage cela comme étant de la démocratie, plutôt que du sectarisme ou du dogmatisme.

      En ce qui a trait à la fabulation comme quoi QS est fédéraliste, elle ne convainc plus personne. Si un gouvernement QS est élu, le programme est clair: celui-ci mettra en place un processus participatif et citoyen vers l'indépendance et une nouvelle constitution suivi d'un référendum à deux volets: pour ou contre l'indépendance; pour ou contre la proposition de constitution.

      Le PQ n'a pas réussit à faire la souveraineté. Essayons de faire la souveraineté avec un nouveau véhicule plus démocratique, plus inclusif et en synergie avec les diverses causes qui mobilisent les mouvements sociaux d'aujourd'hui.

    • Patrick Boulanger - Abonné 27 mai 2013 17 h 44

      @ M. Lachaine

      « Dommage que ce parti ait été invité à la Convergence car il n'est pas indépendantiste. (M. Lachaine) » ?

      Libre à vous de ne pas aimer le programme progressiste de QS, mais de grâce évitez donc d'utiliser la calomnie pour tenter de rabaisser cette formation indépendantiste. Il y a plein de raisons de ne pas aimer QS M. Lachaine, alors pourquoi ne pas en citer quelques-unes au lieu d'en inventer une ?

  • Dominique Beaulieu - Inscrit 27 mai 2013 06 h 21

    Québec solidaire, cet éernel insatisfait

    " Il ne s’est toutefois pas empêché de décocher des flèches à l’endroit des péquistes et a rappelé que son parti n’allait faire aucun pacte électoral d’ici à de prochaines élections."

    Donc, ça ne sert à rien de faire des concessions à QS, ce sont des éternels adolescents qui ne seront jamais contents et qui sont contre tout.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 27 mai 2013 10 h 50


      « QS, ce sont des éternels adolescents qui ne seront jamais contents et qui sont contre tout.»- Dominique Beaulieu

      Il est faux de dire que QS est «contre tout».

      Nous sommes, entre autres choses, «pour» un revenu minimum garanti, «pour» la création de Pharma-Québec, «pour» la gratuité scolaire, «pour» de plus grandes redevances minières, «pour» la taxation des grandes entreprises, «pour» le renforcement du système public de santé, «pour» la lutte aux paradis fiscaux, «pour» le scrutin proportionnel, «pour» l'indépendance du Québec, et «pour» une société plus juste, plus égalitaire et plus écologique.

      Christian Montmarquette
      Québec Solidaire
      Montréal

      .

      .

    • Gilles Théberge - Abonné 27 mai 2013 12 h 25

      Je suis pour le revenu minimum garanti communément nommé Revenu de base : http://le-revenu-de-base.blogspot.ca/

      Je suis en faveur de la création de Pharma Québec

      Je crois que la gratuité scolaire à tous les niveaux est un objectif atteignable

      Je suis pour une lutte efficace et efficiente contre les paradis fiscaux

      Je suis pour une réforme du mode de scrutin. Pour un scrutin proportionnel.

      Et j'ajouterai que je suis en faveur de la création d'un système républicain pour remplacer par des citoyens ce que nous sommes présentement, des sujets d'une reine étrangère dont on n'a rien à cirer.

      je suis pour tout ça monsieur Montmarquette. Comme vos amis dans le comté où je réside. Et le calcul fait au terme de la dernière élection donne ce qui suit :

      Les chances d'élire un député de QS sont nulles. Ni hier, ni demain.

      Mais vos amis qui ont voté pour QS sont suffisamment nombreux pour que le résultat est qu'on est maintenant affublé d'un député caquiste.

      Si vous ne comprenez pas ça monsieur Montmarquette, comprenez en revanche qu'à la prochaine élection on aura le même genre de résultat. Et je ne vois pas en quoi cela fera avancer d'un milimètre la situation vers les objectifs que vous avez, et que je partage.

      Alors on continue la marche vers le suicide collectif....?

    • François Ricard - Inscrit 27 mai 2013 12 h 45

      M. Montmarquette,
      Quand on dit que l'on appuie une idée, l'indépendance, il faut aussi que cet appui se concrétise par des actions bien senties. Comme un pacte électoral.
      Mais votre chef et porte-parole, M. Andrès Fonticella, rejette toute forme d'entente.
      Alors QS est strictement pour QS.

    • Mario Gauthier - Inscrit 27 mai 2013 13 h 40

      Et puis, on peut poser une question : est-ce QS ou le "peuple du Québec (?)" tout entier qui, entre un "Québec fort dans un Canada uni (ah! Nos belles rocheuses!) " et une indépendance qui l'obligerait enfin à s'assumer en tant que communauté distincte, demeure éternelement adolescent?

      Je me dis souvent que poser la question, c'est y répondre.

      Il est facile de critiquer des convictions, mais pas mal moins d'en avoir. QS dérangerait-il à cause de cela?

      Si s'en tenir à un projet social-démocrate cohérent, plus juste et équitable, est être adolescent, je veux bien en redevenir un. Car l'adulte néolibéral, égocentrique, globalitaire et inhumain qu'on nous propose actuellement en modèle représente ce à quoi tout "peuple" qui se respecte devrait s'opposer.

      En tout cas, une chose m'apparait de plus en plus évidente: des convictions, le Québec en veut, mais à la condition expresse qu'elles soient sans conséquences.

      On vit encore et toujours dans un simulacre de pays où l'on prentend souhaiter du changement, mais où personne ne lève jamais l'ombre du petit doigt pour ce faire.

    • Claude Champagne - Inscrit 27 mai 2013 15 h 31

      Le ou un des meilleurs commentaires définissant le QS, écrivait "un vote pour QS = un vote pour centraide" cela dit tout.