Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Journée nationale des patriotes - L’histoire est mal enseignée au Québec, croit Marois

    21 mai 2013 |Bahador Zabihiyan | Québec
    Des centaines de personnes ont participé à un circuit historique, suivi d’un concert mettant en vedette Alfa Rococo, dans les rues du Vieux-Montréal, pour la Journée nationale des patriotes.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Des centaines de personnes ont participé à un circuit historique, suivi d’un concert mettant en vedette Alfa Rococo, dans les rues du Vieux-Montréal, pour la Journée nationale des patriotes.
    Pauline Marois veut renforcer l’enseignement de l’histoire au Québec, du primaire au collégial, car elle estime qu’il est présentement défaillant. Ce renforcement prendra toutefois « quelques années » avant d’être mis en oeuvre, a-t-elle fait savoir lundi, lors d’un discours à l’occasion de la Journée nationale des patriotes, prononcé à Saint-Eustache.

    L’histoire est mal enseignée au Québec, et ce, à tous les niveaux, pense la première ministre. « Nous croyons que l’on a un peu édulcoré ce qui se fait en enseignement de l’histoire au Québec, et c’est ce à quoi nous voulons revenir, les bases d’un enseignement qui permet de comprendre les différentes périodes de notre vie collective, dont celle des patriotes », a expliqué Mme Marois, lors d’un point de presse à Saint-Eustache.


    Elle participait à l’inauguration d’un circuit historique soulignant la lutte des patriotes, dans cette municipalité des Laurentides. Ce jour férié, anciennement la fête de la reine Victoria puis la fête de Dollard, a été proclamé Journée nationale des patriotes en 2002 par le gouvernement péquiste de Bernard Landry. Entre 1837 et 1838, les patriotes s’étaient organisés et battus afin d’obtenir plus de droits pour les Canadiens français, qui étaient discriminés par la puissance coloniale. Mais la refonte des programmes d’histoire ne sera pas terminée d’ici à la prochaine Journée des patriotes, ni même à celle d’après. Elle sera longue et complexe, a expliqué Mme Marois. Un groupe de travail doit d’abord être mis sur pied. « C’est assez long […] il faut d’abord s’assurer du contenu des concepts, après ça, il faut les préparer en outils pédagogiques, pour le traduire à nos jeunes au primaire, au secondaire, et éventuellement au collégial, et par la suite les profs doivent s’approprier ces outils pédagogiques », a-t-elle expliqué. Lors de la Journée des patriotes en 2012, Mme Marois s’était engagée aussi à renforcer « la recherche » sur l’histoire. Lundi, elle s’est montrée plus prudente à ce sujet. Elle a précisé que cela ne faisait pas partie du projet de son gouvernement pour le moment, mais elle a rajouté que des chaires de recherche pourraient recevoir un certain soutien. Il y a un an, elle avait dit vouloir renforcer l’enseignement de l’histoire du Québec et de ses institutions « de l’école primaire à l’université ». Toutefois, dans son discours lundi, elle a indiqué que la réforme s’arrêtera au niveau collégial.


    L’historien Gilles Laporte est un fervent partisan de la réforme des programmes d’histoire au Québec. Il estime que l’enseignement de l’histoire, de la primaire au cégep, est « redondant ». « On intègre des notions de géographie, d’économie et d’éducation à la citoyenneté […] On souhaite que ça s’appelle “Histoire du Canada et du Québec”», explique M. Laporte, qui enseigne l’histoire au cégep et à l’université.


    Plusieurs autres activités ont été organisées au Québec pour commémorer la Journée des patriotes. Le plus important rassemblement s’est produit à Montréal, où plusieurs centaines de personnes ont participé à un circuit piétonnier organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), débutant à la place Émilie-Gamelin et se terminant à la place d’Youville. Mais Jacques Boivin de la SSJB aurait souhaité voir plus de participants. « Malheureusement, ça fait dix années que ça existe puis il n’y a pas plus de monde que ça […] même si c’est une journée fériée, il n’y a pas plus de participation, quoique, à travers tout le Québec, il y a d’autres événements, un peu partout », explique-t-il. « Les gens ne se préoccupent pas de l’histoire, c’est archaïque cette histoire-là pour eux autres, il manque une connaissance historique chez les gens », pense-t-il.


    La Journée des patriotes est aussi pour certains l’occasion de s’interroger sur l’avenir du mouvement souverainiste. Un mouvement qui est présentement divisé entre trois partis politiques. Mais de telles divisions ont toujours existé au Québec, même du temps des patriotes, rappelle M. Boivin. « Même à l’époque, eux autres étaient divisés, il y avait les plus extrémistes et les moins extrémistes », dit-il.


    ***

    Le pont Michel-Chartrand

    C’était un patriote et c’est pour cette raison que la Ville de Richelieu a choisi cette journée pour commémorer sa mémoire et procéder au baptême du pont Michel-Chartrand, qui enjambe l’autoroute 10, à la hauteur de la sortie 29. L’ancien militant syndical et coloré personnage des luttes pour les travailleurs est décédé il y a maintenant trois ans, et, depuis, cette municipalité de la Montérégie cherchait à souligner sa mémoire. C’est dans une maison située dans la Première rue, devant la rivière Richelieu, que Michel Chartrand et son épouse Simonne Monet-Chartrand étaient venus s’établir. La Ville a d’ailleurs aussi fait honneur à cette ardente militante du droit de vote des femmes, en donnant son nom à la bibliothèque municipale. Né en 1916, à Outremont, Michel Chartrand a été de plusieurs combats pour les droits des travailleurs et s’était également présenté en politique, mais n’a jamais obtenu un mandat. Il avait gagné les rangs de Québec solidaire quelques années avant sa mort.

    La Presse canadienne

    Des centaines de personnes ont participé à un circuit historique, suivi d’un concert mettant en vedette Alfa Rococo, dans les rues du Vieux-Montréal, pour la Journée nationale des patriotes. Pauline Marois a eu droit à une visite guidée des lieux historiques de Saint-Eustache, lundi.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel