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Libre opinion - Redevances minières: un équilibre fragile

9 mai 2013 | Yves-Thomas Dorval - Président du Conseil du patronat du Québec | Québec

Il ne fait pas de doute que le Québec est attirant pour l’industrie minière. Son territoire recèle des ressources abondantes et diversifiées. Il dispose d’une expertise certaine dans le domaine minier et peut compter sur une main-d’oeuvre de grande qualité. Comparé à de nombreux autres pays riches en ressources sur le globe, il jouit également d’un système démocratique enviable et offre aussi un haut niveau de sécurité publique aux entreprises désirant s’y établir.


Toutefois, il y a aussi un certain nombre de facteurs qui jouent contre le Québec, dont plusieurs sont reliés à sa situation géographique. Outre le fait que, souvent, plusieurs gisements offrent une concentration en minerai plus faible qu’ailleurs dans le monde, ou qu’ils doivent, par exemple, être exploités de façon souterraine plutôt qu’à ciel ouvert, ils commandent aussi une exploitation plus coûteuse, tant à cause de la difficulté d’y accéder qu’à cause de nos conditions climatiques rigoureuses. L’éloignement des grands marchés émergents - où il est compréhensible de retrouver davantage d’activités de transformation en produits finis - constitue, par ailleurs, un élément contribuant à réduire notre attractivité.


Dans un contexte à l’équilibre aussi fragile, il faut donc faire preuve d’une extrême prudence pour ne pas nous fermer au développement de cette industrie sur laquelle nous comptons tellement pour accroître notre prospérité, d’autant plus que le gouvernement précédent a déjà augmenté considérablement les redevances minières.


Le Parti québécois a malheureusement promis l’an dernier qu’il allait revoir le système des redevances minières pour en tirer encore davantage de revenus. Démontrant une certaine écoute, le ministre des Finances, M. Nicolas Marceau, tente maintenant de concilier promesse électorale et réalité économique. La décision du gouvernement du Québec mène néanmoins, à terme, à une augmentation nette de la fiscalité des entreprises minières, ce qui constitue un risque économique indéniable.


Maintenant que les dés sont jetés, nous verrons quelle sera la réaction des investisseurs et des décideurs au sein de cette industrie éminemment cyclique. Alors que le prix des matières premières est faible à travers le monde, ce sont eux qui jugeront en définitive du succès ou de l’échec de ce grand « pari québécois ».


Quelle que soit l’issue de cette gageure financière, il ne fait aucun doute dans notre esprit que l’industrie minière peut contribuer substantiellement à la prospérité du Québec, d’autant plus que la réglementation en santé et sécurité du travail ainsi qu’en environnement y est beaucoup plus rigoureuse qu’autrefois. Mais, pour notre part, nous estimons que c’est précisément par sa vitalité que l’industrie est le plus en mesure de le faire.


À cet égard, rappelons que le salaire annuel moyen d’un travailleur dans le domaine minier s’élève à plus de 100 000 $. Le pari gouvernemental est donc majeur. À titre d’illustration, si le Québec perd, maintient ou gagne 20 000 emplois dans cette industrie, nous parlons d’un enjeu salarial annuel de plus de 2 milliards de dollars, et de retombées fiscales, en impôts et en taxes, pouvant dépasser le milliard de dollars. Certainement bien plus que n’importe quelle augmentation de redevances !

 
 
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