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    Le congrès de Québec solidaire - Non aux compromis et aux ententes électorales

    Gonflée à bloc, Françoise David rêve à une vague à la Jack Layton

    6 mai 2013 |Jessica Nadeau | Québec
    Le député Amir Khadir, le nouveau président et porte-parole de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, et la porte-parole parlementaire, Françoise David.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le député Amir Khadir, le nouveau président et porte-parole de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, et la porte-parole parlementaire, Françoise David.
    Débordant de confiance avec un effectif qui a doublé dans la dernière année et des intentions de vote qui augmentent sans cesse d’un sondage à l’autre, Québec solidaire ferme la porte à toute entente électorale avec les autres partis souverainistes. Alors que certains s’inquiètent d’un « recentrage » du programme qui pourrait accompagner le virage crédibilité annoncé par Françoise David, cette dernière rêve à une grande vague à la Jack Layton qui les portera en grand nombre à l’Assemblée nationale.

    Françoise David affichait une confiance inébranlable à l’issue du congrès de Québec solidaire, dimanche, affirmant notamment que « tous les espoirs sont permis » pour les prochaines élections.


    « C’est étonnant le nombre de gens avec qui on parle, Amir et moi, chez lesquels on sent une sympathie, confie Françoise David en entrevue au Devoir. L’espèce de virage qui reste à faire dans la tête des gens, c’est qu’ils se disent : ben oui, on pourrait, comme ils ont fait à l’époque de Jack Layton. Je ne suis pas en train de prédire une vague, mais il arrive des moments, dans l’histoire des peuples, où les gens se disent : pourquoi pas. »


    Dans cet enthousiasme, Québec solidaire a fermé la porte à toute entente électorale avec le Parti québécois et Option nationale. Après des débats houleux, qui se sont déroulés à huis clos, les quelque 600 militants rassemblés en congrès ont voté une résolution ferme qui témoignait de leur refus à faire des compromis.


    Le refus d’Option nationale de faire de la lutte contre la pauvreté une priorité nationale et l’appel de Jean-Martin Aussant aux souverainistes de droite rendent « plus compliqué de penser qu’on peut développer des valeurs communes », a précisé Françoise David en point de presse à l’issue du vote dimanche midi.


    « En ce qui a trait au PQ, il nous a fourni lui-même toutes les raisons du monde de ne pas vouloir avoir d’entente électorale avec lui. »


    Pourtant, vendredi dernier, dans son discours d’ouverture, Françoise David disait vouloir « garder la porte entrouverte ». Juste au cas. Deux jours plus tard, elle a dû se rallier à la décision de ses membres.


    « Je suis une authentique démocrate. Quand les membres décident que ça va être telle chose, je n’ai aucun problème à me rallier à leur position. D’autant que je comprends tellement qu’on n’en veuille pas. »

     

    La tentation de « recentrer le discours »


    Dans les couloirs de l’UQAM, certains militants affirmaient que Françoise David avait été trop loin dans ce fameux discours d’ouverture, qu’elle n’était plus en communion avec sa base. Il est vrai qu’on pouvait sentir un certain malaise dans la salle vendredi, notamment lorsqu’elle parlait de l’importance d’acquérir de la crédibilité avec un discours axé davantage sur l’économie. Québec solidaire veut devenir une véritable solution de rechange et aspire même au pouvoir, mais à quel prix ?


    C’est une question que se pose notamment le nouveau président et porte-parole de Québec solidaire, Andrés Fontecilla. Dans son discours de présentation, vendredi soir, celui qui s’est présenté comme « le plus progressiste » des quatre candidats, avait bien senti le danger et mettait en garde ses collègues contre la tentation de faire des « raccourcis pour obtenir davantage de sièges à l’Assemblée nationale ».


    En entrevue au Devoir, à la suite de sa victoire de dimanche, le militant chilien de 46 ans a précisé sa pensée, faisant un lien avec le NPD qui a enlevé le mot « socialiste » de son programme lors de son dernier congrès.


    « Lorsqu’un parti passe de la rue aux urnes, il y a un danger de se concentrer uniquement sur l’aspect électoral de la chose. Et lorsqu’on axe l’action d’un parti politique uniquement sur les campagnes électorales en vue d’aller chercher davantage d’électeurs, la tentation est forte de recentrer le discours et de le dépouiller de certains aspects qui paraissent trop radicaux. »


    Pour cet organisateur social, pas question de « diluer le programme » de QS pour aller chercher davantage d’appuis électoraux, comme le craignent certains militants depuis que Françoise David a affirmé qu’elle voulait sortir le parti de son image de « pelleteux de nuages ».


    Questionnée sur cette tentation de recentrer un peu le parti pour élargir l’électorat, la députée de Gouin reste prudente. « Ça dépend ce qu’on entend par aller vers le centre, répond-elle en pesant bien ses mots. Idéologiquement, non. Je vais défendre dans six mois les mêmes idées qu’il y a deux ans. Ce n’est pas ça la question. La question, c’est d’aller davantage sur le terrain de l’économie où là, les gens qui nous trouvent sympathiques au plan de la justice sociale se demandent si nous sommes capables de travailler à développer le Québec au plan de l’économie et de créer des emplois. »


    Plan vert


    Pour tenter d’asseoir sa crédibilité économique, Québec solidaire a présenté samedi son Plan vert, un vaste chantier économique de dix milliards de dollars basé sur l’électrification des transports qui permettra la création de 166 000 emplois.


    La formation de gauche compte investir un milliard de dollars par année sur cinq ans dans le transport en commun, mettre sur pied un vaste chantier d’efficacité énergétique et redonner un « rôle central » à la Caisse de dépôt et placement du Québec afin de stimuler les coopératives et entreprises collectives.


    Québec solidaire entend récupérer l’argent nécessaire en mettant « fin à la culture des subventions massives aux grandes entreprises privées », en luttant de façon plus efficace contre l’évasion fiscale et en augmentant les redevances minières. Amir Khadir parle même d’une « réappropriation de nos ressources naturelles », avec une participation majoritaire de l’État dans certaines entreprises minières, voire même une nationalisation de certains métaux.













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