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Québec consacre 15 millions aux soins palliatifs

La ministre Hivon garde le cap sur le dépôt d’un projet de loi d’ici à la fin de la session

6 mai 2013 | François Desjardins | Québec
La première ministre, Pauline Marois
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir La première ministre, Pauline Marois
Le gouvernement québécois investit 15 millions dans les soins palliatifs, un geste inattendu qui survient à quelques semaines d’un projet de loi portant sur les soins de fin de vie.

La première ministre, Pauline Marois, dont le gouvernement veut présenter son projet de loi avant la fin de la session parlementaire, en a fait l’annonce dimanche lors du congrès annuel du Réseau de soins palliatifs du Québec, à Montréal.


Cette somme, accueillie favorablement par au moins un groupe de personnes âgées, consacre 11 millions aux soins palliatifs à domicile - dont le « soutien communautaire et la formation » - et 4 millions à l’ajout de lits et à l’ouverture de maisons de soins.


Les finances publiques vivent des difficultés, mais Québec a voulu envoyer un « message fort », a dit la ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon.


L’an dernier, la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité - à laquelle ont contribué des élus de toutes allégeances - a conclu qu’il faut impérativement développer les soins palliatifs à domicile, « conformément aux souhaits de la majorité des patients qui désirent mourir dans la sécurité de leur foyer ». Les travaux de la Commission se sont soldés par une motion unanime de tous les partis.


Le projet de loi portera aussi sur « l’aide médicale à mourir », Mme Marois insistant sur le fait qu’une telle réponse demeurerait « absolument exceptionnelle », car « pour la très grande majorité des cas, les soins palliatifs demeurent la réponse par excellence pour les gens en fin de vie ».


Mme Marois a déclaré que c’est la première fois qu’un gouvernement effectue un investissement global « dédié spécifiquement » aux soins à domicile.


Insuffisant, dit l’AQRP


L’Association québécoise des retraité(e) s des secteurs public et parapublic (AQRP) a bien accueilli l’annonce, mais elle estime que la somme de 4 millions pour les nouveaux lits est « insuffisante ». « Cela représente environ le tiers du financement requis pour créer les 200 nouveaux lits que nous avons réclamés durant la dernière campagne électorale », a affirmé dans un communiqué la présidente de l’AQRP, Lyne Parent.


Selon Mme Parent, l’AQRP surveillera de près l’évolution du dossier, puisque l’argent est destiné à une fin spécifique. « Nous devrons rester vigilants afin que ces fonds parviennent bel et bien aux clientèles concernées », a-t-elle dit.


Les travaux de la Commission sur la question de mourir en dignité ont duré deux ans. Ses membres ont entendu 32 experts, écouté 239 personnes ou organismes lors d’audiences dans plusieurs villes et reçu près de 275 mémoires.


Ses membres ont par exemple été « surpris » d’apprendre qu’une personne recevant des soins palliatifs à la maison doit payer pour ce qui est normalement couvert en contexte hospitalier (médicaments, équipement, etc.). Ils se sont aussi dits étonnés de constater que la sédation palliative n’est pas officiellement encadrée.

 
 
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