Femmes et gouvernance locale - «Il faut que ton conseil ressemble à ta communauté»
Les femmes doivent oser poser leur candidature, selon le comité Femmes et gouvernance locale de l’UMQ
Le comité Femmes et gouvernance locale de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) met en application son plan d’action pour susciter l’intérêt des femmes pour la politique municipale et les encourager à briguer les suffrages aux élections de novembre.
« Il n’y a pas si longtemps, ça n’était que des hommes retraités autour de la table, dans nos municipalités au Québec, et les décisions ne ressemblaient ni aux jeunes, ni aux familles, ni aux femmes. […] Moi, je pars du principe que si tu veux que les décisions ressemblent à ta communauté, il faut que ton conseil ressemble à ta communauté. » C’est en ces termes que Vicki May Hamm, mairesse de Magog, explique pourquoi il importe que les femmes se lancent en politique municipale dans une capsule vidéo réalisée par l’UMQ.
« Nous souhaitons que ces capsules vidéo soient diffusées largement dans différents réseaux comme les tables sectorielles, les Conférences régionales des élus [CRE], le MAMROT [ministère des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire] et le DGE [Directeur général des élections du Québec] », indique Francine Ruest Jutras, présidente du comité Femmes et gouvernance locale.
Comme mairesse de Drummondville, elle s’est elle aussi livrée à la caméra, à l’instar de France Auger, conseillère municipale à Victoriaville, Diane Lavoie, mairesse de Beloeil, et Nathalie Simon, mairesse de Châteauguay. « Ainsi, les gens pourront choisir une ou des capsules vidéo plus pertinentes selon eux pour les présenter dans leur région », affirme Francine Ruest Jutras.
À l’approche de la campagne électorale de 2009, le comité avait organisé une tournée de conférences dans les régions du Québec. « On rencontrait des groupes de femmes pour leur dire à quel point il pouvait être intéressant et stimulant de se présenter en politique municipale. Les capsules vidéo permettront de joindre les gens plus largement et c’est dans l’air du temps », ajoute Mme Ruest Jutras.
On peut regarder les vidéos sur le site Internet de l’UMQ.
Actions
L’UMQ remettra également cette année pour la première fois le prix Francine Ruest Jutras à une élue, lors de ses Assises annuelles, qui commenceront jeudi. Cet événement sera un moment important pour le comité Femmes et gouvernance locale. « Lors des Assises, nous nous retrouverons entre nous et nous discuterons des prochaines élections. C’est important de rappeler aux élus de penser à des femmes qui pourraient souhaiter se présenter comme candidates et de faire valoir l’importance de les y encourager », affirme la présidente du comité qui concentre ses activités dans l’année des élections municipales.
Si peu de femmes, encore aujourd’hui, se présentent en politique municipale, la mairesse de Drummondville croit que c’est pour les mêmes raisons qu’elles n’investissent pas tout autre poste de pouvoir. « Elles se font moins confiance, affirme Mme Ruest Jutras. Elles vont trouver par exemple que leur réseau n’est pas suffisamment bien assis, donc qu’il leur manque certains atouts pour se présenter. Elles vont douter aussi de leur expérience par rapport à celle d’autres collègues. »
La multiplication des histoires de corruption dans le milieu municipal encouragera-t-elle les femmes à se présenter, ou au contraire, les fera-t-elle fuir davantage ? « Pour les femmes comme pour les hommes, je crois que ça pourra pencher d’un côté comme de l’autre, affirme Mme Ruest Jutras. Certains se diront qu’il est préférable de se tenir en retrait, alors que d’autres se diront que c’est le temps d’y aller si on veut que les choses changent. »
Se lancer
Mairesse de Drummondville depuis 26 ans, après avoir été conseillère municipale pendant quatre ans, Francine Ruest Jutras est pratiquement tombée amoureuse de la politique municipale.
Elle ne se représentera pas aux prochaines élections, mais elle souhaite encourager le plus de femmes possible à devenir candidates. « C’est un beau défi de se présenter, remarque-t-elle. Les femmes s’engagent dans plein de choses, et pour plusieurs, je crois que la politique municipale peut être une poursuite de cet engagement ou une variante. »
Il faut toutefois savoir que le rôle est très prenant. « Les élus municipaux ont beaucoup plus de responsabilités qu’auparavant, affirme Francine Ruest Jutras. Maintenant, le développement social et environnemental est très présent ; les villes développent des politiques pour les familles, il y a des villes amies des aînés. Les villes sont aussi de plus en plus porteuses du développement économique. »
Les responsabilités s’élargissent, les défis sont multiples, mais en même temps, c’est ce qui fait aux yeux de la mairesse que les mandats sont de plus en plus intéressants. « Le rôle d’élu municipal est très valorisant et je le dis avec beaucoup de conviction. Comme élus, on a une prise immédiate sur l’avancement des dossiers, on voit les choses changer », affirme Francine Ruest Jutras.
Il faut toutefois être prêt à ne pas toujours faire l’unanimité. « Certains pensent que la politique municipale est un milieu conflictuel, mais les conflits ne sont pas permanents, précise-t-elle. J’utiliserais plutôt le mot débat. Pour faire de la politique municipale, il faut être prêt à débattre. »
Le comité Femmes et gouvernance locale a été créé suite à une résolution votée aux Assises annuelles de 2003, alors que Francine Ruest Jutras était présidente de l’UMQ. « Il semblait important pour tout le monde à l’époque qu’il y ait plus de candidatures féminines pour que les conseils municipaux soient plus représentatifs de la société québécoise, raconte la mairesse de Drummondville. Il nous fallait un porteur de ballon. »
Collaboratrice







