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    Commission Charbonneau – Cloutier donne les ingrédients de sa recette

    1 mai 2013 13h32 |Brian Myles | Québec
    Gilles Cloutier appliquait les recettes à succès du défunt président américain John F. Kennedy, en invitant des personnalités de marque pour rendre ses soirées plus attrayantes et plus courues.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gilles Cloutier appliquait les recettes à succès du défunt président américain John F. Kennedy, en invitant des personnalités de marque pour rendre ses soirées plus attrayantes et plus courues.
    La firme de génie-conseil Roche avait développé des stratégies élaborées pour atteindre les élus, les dorloter et influencer l'octroi des contrats dans les municipalités. Son cocktail pour le match inaugural des Expos était si couru par les maires que Gilles Cloutier devait gérer une liste d'attente.

    M. Cloutier, un ex-vice-président au «développement des affaires» chez Roche et Dessau, détaille les ingrédients de sa recette magique, ce matin à la commission Charbonneau.

    M. Cloutier n'est pas ingénieur, et il ne connait rien au génie-conseil. L'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté l'a embauché, en 1995, parce qu'il était un spécialiste des élections clés en main. La firme marchandait l'élection de ses poulains pour de lucratifs contrats dans les municipalités.

    L'influence de la firme ne s'arrêtait pas aux élections et au partage des contrats. Roche plaçait régulièrement des directeurs généraux dans les municipalités où elle brassait des affaires.

    Dessau, où M. Cloutier a travaillé de 2006 à 2009, en faisait tout autant. Selon Gilles Cloutier, l'ex-vice-président de Dessau, Rosaire Sauriol, a entrepris les démarches pour que la Ville de Montréal embauche Claude Léger au poste de directeur général.

    M. Sauriol a participé à l'entrevue de pré embauche de Claude Léger, avec Frank Zampino, un événement dont Gérald Tremblay a banalisé l'importance lors de son témoignage.

    Cocktail couru

    Gilles Cloutier avait bien des cordes à son arc. Chez Roche, il organisait un cocktail fort couru des élus, chaque année au Stade olympique, entre 1998 et 2004, pour assister au match inaugural des Expos. Le coût pouvait grimper jusqu'à 140 000 $ pour 200 invités de prestige parmi les maires.

    Les élus savaient pertinemment qu'ils étaient invités par la firme de génie-conseil. Ils se bousculaient quand même au portillon. «Ça grossissait tout le temps, même les maires réservaient d'avance pour avoir leur place», a dit M. Cloutier.

    La commission a présenté une vidéo de 12 minutes du cocktail du 9 avril 2004. On y voit Gérald Tremblay sur la tribune d'honneur. Contrairement à ce que l'ex-maire a affirmé lors de son témoignage, Gilles Cloutier n'était pas «abrasif» à son égard, a-t-il précisé. L'ex-maire disait passer en coup de vent, pour une dizaine de minutes dans ce genre d'événements. Il est resté au moins une heure, selon Gilles Cloutier. La plupart des membres du comité exécutif étaient aussi présents.

    Gilles Cloutier appliquait les recettes à succès du défunt président américain John F. Kennedy, en invitant des personnalités de marque pour rendre la soirée plus attrayante et plus courue. En 2004, il avait notamment invité l'ex-hockeyeur Pierre Bouchard, le cardinal Jean-Claude Turcotte et l'humoriste Yvon Deschamps pour se mêler aux maires.

    Les élus assistaient au cocktail, entre autres pour avoir la chance de rencontrer des ministres et de faire avancer leurs demandes de subvention. Les ministres libéraux Jacques Dupuis (Institutions démocratiques), Jean-Marc Fournier (Affaires municipales) et le député libéral Tony Tomassi étaient notamment présents.

    Pour Roche, c'était l'occasion de remercier ses meilleurs clients et de tisser des liens avec de nouveaux donneurs d'ouvrage potentiels.

    La firme avait aussi développé des politiques internes pour attirer et fidéliser ses clients du monde municipal. Au nom du développement des affaires, Roche donnait des cadeaux aux élus et multipliait les attentions pour aller aux devants de leurs besoins.

    Des documents internes de Roche affirment noir sur blanc que la stratégie consiste à «influencer le promoteur (client) sur le processus d'appel d'offres, la grille (critères) d'évaluation des soumissions, les membres du comité de sélection, les firmes invitées à soumissionner, etc.»

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