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    Courchesne avoue avoir commis une erreur

    1 mai 2013 |Jessica Nadeau | Québec
    L’ancienne ministre libérale responsable de la région de Laval, Michelle Courchesne
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’ancienne ministre libérale responsable de la région de Laval, Michelle Courchesne
    Michelle Courchesne reconnaît avoir fait une « erreur » en appelant Rosaire Sauriol pour lui demander l’aide de Gilles Cloutier comme organisateur de la campagne électorale de Guy Ouellette dans Chomedey en 2007. Car déjà, elle avait des doutes sur l’intégrité de cet homme qui l’a plongée dans une nouvelle tempête avec ses révélations fracassantes à la commission Charbonneau mardi.

    « Qu’est-ce qui s’est passé dans ma vie cette journée-là pour que je dise oui, oui, OK, je vais l’appeler ? », demande, un trémolo dans la voix, Michelle Courchesne au bout du fil. En dix ans de carrière, honnêtement, je ne pense pas que j’en ai fait beaucoup des erreurs comme celle-là. Mais peut-être que cette journée-là… On est juste des humains, madame. On est juste des humains. »


    En entrevue au Devoir, l’ancienne ministre du Parti libéral responsable de la région de Laval reconnaît avoir passé un appel à Rosaire Sauriol, qui était alors vice-président chez Dessau, pour lui « demander si Gilles Cloutier pouvait participer à la campagne » dans Chomedey.


    Mais Michelle Courchesne répète que « ce n’était pas [son] idée », ajoutant au passage que c’est la seule et unique fois de sa vie qu’elle a parlé à cet autre témoin clé de la commission Charbonneau. « Rosaire, ce n’est pas un ami », affirme-t-elle sans se donner la peine de donner son nom de famille.


    C’est à la demande de son « entourage » qu’elle a passé ce coup de fil, mais sa mémoire lui fait défaut lorsqu’il s’agit de savoir de qui, précisément, provenait la demande. « Vous pouvez me torturer jusqu’à demain matin, je ne le sais pas ! », s’énerve-t-elle un peu.


    Elle ne sait pas non plus pourquoi c’est à elle qu’on a demandé de passer le coup de fil à Rosaire Sauriol, alors qu’elle n’avait aucun lien avec lui. « Aujourd‘hui, je me dis : pourquoi c’est moi ? Ça n’aurait pas dû être moi, honnêtement. »


    Elle se souvient néanmoins d’avoir eu le choix de passer ou non ce coup de fil et d’avoir accepté « pour rendre service, pour [s’]assurer que tout se déroulait bien dans Chomedey ».


    Elle se souvient aussi d’avoir « beaucoup hésité ». Car si Gilles Cloutier était un organisateur politique « efficace », il y avait des rumeurs à son sujet. Mais la liste des candidats intéressés était plutôt mince et « des organisateurs, ça ne court pas les rues ».

     

    Réserves


    Elle ne s’est donc « pas opposée » à l’embauche de Gilles Cloutier, mais elle répète qu’elle a fait part de ses réserves de façon très claire à l’équipe du parti chargé de l’embauche, de même qu’à Guy Ouellette, qui en était à sa toute première campagne électorale. « J’ai émis des réserves, j’ai dit : méfiez-vous et surveillez-le. […] Il faut s’assurer qu’il respecte les règles. »


    Michelle Courchesne répète que ses doutes étaient basés sur des rumeurs et des ouï-dire, que ce n’était pas assez pour « le bloquer ». Il faut, rappelle-t-elle, se remettre dans le contexte de l’époque. « Si on avait su ce qu’on sait aujourd’hui, on n’était pas des totos à temps plein, je n’aurais pas appelé Rosaire Sauriol, c’est sûr, sûr, sûr. »


    Elle a beau avouer que c’était une erreur de passer ce coup de fil, elle refuse d’accepter le blâme, renvoyant, dans un excès de ferveur, une part de celui-ci sur les journalistes.


    « Pensez à votre rôle, parce que la démocratie est en grave danger tant qu’à moi. Après tous les liens que tout le monde essaie de faire qui n’existent pas, qui va vouloir aller en politique ? Qui va vouloir représenter les citoyens ? Dix ans plus tard, après avoir travaillé avec tout mon coeur et toute mon âme, toute ma passion, mon honnêteté et mon intégrité, je ne suis pas sûre que j’y retournerais. Honnêtement, être traités comme on est traités, je ne suis pas sûre que j’y retournerais, loin de là. »

     

    Version prudente de Guy Ouellette


    Si Michelle Courchesne a pris le temps d’expliquer au meilleur de ses souvenirs les événements entourant l’embauche de l’ex-organisateur d’élection de Guy Ouellette, ce fut tout le contraire pour ce dernier, qui y est allé d’une déclaration très prudente devant les journalistes à l’entrée du caucus libéral, mardi. « Quand je me suis présenté comme candidat à Chomedey, on m’a référé un organisateur qui n’a été à mon service que 12 jours et, lors de son départ, j’ai référé aux autorités compétentes le pourquoi du comment, pourquoi il a été à mon service seulement 12 jours. »


    Il a refusé de confirmer ou d’infirmer que c’était à la demande de Michelle Courchesne qu’il avait accepté d’embaucher Gilles Cloutier, comme ce dernier l’a laissé entendre à la commission Charbonneau. Il a également refusé d’expliquer comment il avait su que son organisateur faisait l’objet d’une enquête du Bureau de la concurrence et même de préciser qui étaient ces « autorités compétentes » à qui il avait confié le dossier à la suite du congédiement de Gilles Cloutier.


    Le député de Chomedey et ancien policier de la SQ a néanmoins laissé entendre qu’il était prêt à témoigner devant la commission Charbonneau si on l’y invitait. « Si j’ai à témoigner devant la commission, les autorités compétentes sont au courant de toute l’information par rapport à cette journée-là. »

    L’ancienne ministre libérale responsable de la région de Laval, Michelle Courchesne Le député de Chomedey, Guy Ouellette












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