Tirs groupés contre Ouellet
La ministre des Ressources naturelles n’a plus de crédibilité, dénoncent les partis d’opposition
« Rien ne va plus avec les mines, rien ne va plus avec les éoliennes, rien ne va plus avec les minicentrales et la forêt », a dénoncé la députée libérale Julie Boulet lors de la période de questions jeudi matin.
« On n’a pas une ministre qui est en mode solution, on a une ministre en mode provocation. Elle n’a plus aucune crédibilité. Quand elle prend des décisions, on perd des jobs et quand elle ne prend pas de décisions, on perd encore des jobs. Alors, quand est-ce que la première ministre va lui faire perdre sa job à elle ? »
Le député caquiste de Granby, François Bonnardel, a lui aussi remis en doute les compétences de la ministre, qui est restée, pendant un bon moment, sagement assise alors que ses confrères volaient à son secours. « C’est tellement le bordel dans le secteur des ressources naturelles : Pétrolia poursuit la Ville de Gaspé, Strateco poursuit le gouvernement, Osisko dit que si c’était à refaire, il n’investirait pas au Québec, le projet de 1 milliard avec Niobec est en péril. Mme la première ministre, votre ministre des Ressources naturelles a perdu toute crédibilité aux yeux de l’industrie. Vous devez mettre votre poing sur la table et lui faire entendre raison. »
Redevances minières
La ministre des Ressources naturelles était au centre d’une tempête provoquée par la publication, dans le quotidien La Presse, des détails de son nouveau régime de redevances minières, attendu depuis des mois.
Selon ces documents, le gouvernement va accoucher d’un régime minier beaucoup moins ambitieux que ce qui avait été promis en campagne électorale. Ce dernier en conserve les grandes lignes, mais plusieurs mesures complexes viennent atténuer l’impact financier de ces changements sur les sociétés minières. La redevance plancher de 5 % sur la valeur brute ne sera plus imposée de façon unilatérale et sera même réduite à 1 % pour les premiers 75 millions de minerai extrait. La surtaxe, quant à elle, ne sera appliquée que dans des cas de profits supérieurs de 50 à 100 %.
Bref, un « recul », selon le chef parlementaire de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, qui accuse le gouvernement Marois d’avoir menti aux Québécois en campagne électorale avec sa « publicité trompeuse », qui mettait en scène « un gros camion et un petit, petit caillou », et dans laquelle le PQ faisait « une promesse solennelle de 400 millions de redevances de plus par année ».
Pauline Marois n’a jamais voulu confirmer ces nouvelles révélations sur le régime de redevances. « Vous concluez avant que les documents ne soient déposés, a répondu la première ministre, s’en tenant à ses réponses préparées. Nous voulons que le niveau de redevances soit augmenté, que le minerai extrait génère directement des redevances dans tous les cas, que les projets les plus rentables génèrent plus de redevances et que la transformation au Québec soit encouragée. »
Surplus d’électricité
Le Parti libéral a poursuivi son attaque contre la ministre des Ressources naturelles, lui reprochant d’avoir mis un terme au programme de minicentrales en évoquant un problème de surplus d’électricité.
Pour stimuler l’« imagination » du gouvernement, les députés libéraux se sont relayés pour questionner Martine Ouellet sur une kyrielle de projets qui pourraient bénéficier de ces surplus, des stations de ski à l’industrie de la production en serre, qui réclament une baisse de leurs tarifs d’électricité, en passant par les édifices religieux et le programme d’efficacité énergétique.
« Tout un amalgame ! a ironisé la ministre, qui commençait à être à court de répliques. Et ce n’est que du spin libéral. »








