Lettre - Coupable de stupidité
Dans son essai Les lois fondamentales de la stupidité humaine (PUF, 2012), l’éminent historien italien Carlo M. Cipolla démontre, non sans surprise, que l’on trouve la même proportion d’individus stupides dans tout groupe social, quel qu’il soit… et cela comprend aussi la haute administration municipale montréalaise. Emprunté au latin stupiditas, dérivé de stupere, le terme « stupidité » signifie être engourdi, demeurer immobile. Le philosophe grec Théophraste définit la stupidité comme « une inertie mentale qui se manifeste à la fois dans les actes et les propos ». Et c’est bien l’attitude qu’empruntent plusieurs témoins de la commission Charbonneau. Ils ne savent rien, ne se rappellent pas, n’ont rien vu, ne voyaient pas de problème, ne prenaient aucune action, bref, ils sont en somme innocents (dans le sens de faire l’innocent).
Certes, jouer les stupides constitue un bon moyen de défense. Vaut-il mieux passer pour stupide ou fraudeur ? Plusieurs se sont vus placés devant ce choix difficile, en optant souvent pour la première alternative, d’autant plus facile à jouer que, résultat d’une longue pratique, « la cupidité rend stupide », comme le rappelle un proverbe latin.
Contrairement au voleur « ordinaire », ces criminels à col blanc, dont la devise est « aujourd’hui pour moi, demain pour toi »,et qui ont volé des millions aux contribuables, s’en tireront sans faire de prison. […]
Georges Jodoin - Québec, le 24 avril 2013







