Couillard doit se défendre sur son projet d'adhésion à la Constitution

Lundi, Philippe Couillard, qui n'a pas encore de siège au Salon bleu, a évoqué la possibilité de se contenter de l'approbation de l'Assemblée nationale, avant de ratifier la Constitution.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lundi, Philippe Couillard, qui n'a pas encore de siège au Salon bleu, a évoqué la possibilité de se contenter de l'approbation de l'Assemblée nationale, avant de ratifier la Constitution.

Québec — Le retour du nouveau chef libéral Philippe Couillard à l'Assemblée nationale a été dominé, mardi, par les attaques du Parti québécois sur son projet de ratification de la Constitution canadienne.

M. Couillard, qui n'a pas encore de siège à l'Assemblée nationale, présidait son premier caucus deux jours après son élection à la tête du Parti libéral du Québec.

Mais les péquistes ont croisé le tir pour dénoncer son projet d'adhésion à la Constitution canadienne, parce que le nouveau chef libéral a évoqué la possibilité de ne pas le soumettre à la population par référendum.

Rappelant que M. Couillard rompt avec le statu quo constitutionnel mis de l'avant jusqu'ici par son parti, la première ministre Pauline Marois a exprimé son étonnement, lors d'une conférence de presse portant sur l'économie sociale.

«Il a l'air de vouloir régler ça en un coup de cuiller à pot alors que dans son parti on dit depuis des mois, des années, que le fruit n'est pas mûr, a-t-elle dit. Honnêtement, je ne pense pas qu'on puisse régler cette question sans qu'il y ait une consultation de la population.»

Improvisation

Plus tôt, deux de ses ministres ont accusé M. Couillard de faire preuve d'improvisation et de mépris avec sa proposition.

Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, a déclaré que M. Couillard doit préciser quelles sont les conditions qu'il fixerait à l'adhésion du Québec.

«Est-ce qu'il va partir des revendications traditionnelles du Québec? Est-ce qu'il va plutôt s'inspirer de Meech ou de Charlottetown? On ne le sait pas. Alors, on sera témoin de cette improvisation du nouveau leader du Parti libéral», a-t-il dit.

Le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a quant à lui estimé que le projet de ratification de M. Couillard devrait obligatoirement être soumis aux Québécois par référendum.

«En affirmant qu'il n'est pas nécessaire de consulter les Québécois avant de signer la Constitution canadienne, nous, on pense que Philippe Couillard fait preuve de mépris envers la démocratie», a-t-il dit.

Couillard ne s'avance pas


Lundi, M. Couillard a évoqué la possibilité de se contenter de l'approbation de l'Assemblée nationale, avant de ratifier la Constitution.

En se rendant à sa première réunion avec ses députés, M. Couillard a refusé de s'avancer sur son projet constitutionnel, répétant qu'il est encore trop tôt pour donner les précisions réclamées par les péquistes.

«Le seul échéancier sur lequel on travaille actuellement, c'est de dire qu'on veut avoir la discussion au PLQ, a-t-il dit. Pourquoi? Parce que les questions d'identité, bien sûr, arrivent en priorité après les questions économiques.»

Les deux ex-adversaires de M. Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand, sont apparus à ses côtés pour rencontrer la presse.

Bachand reste en poste


Précédemment, M. Bachand avait répondu aux questions des journalistes en assurant qu'il siégera jusqu'à la fin de son mandat et qu'il conservera ses fonctions de porte-parole en matière de finances.

Alors qu'il avait attaqué durement M. Couillard sur ses liens avec le controversé Arthur Porter, recherché pour fraude et abus de confiance, M. Bachand s'est montré satisfait par les explications de son nouveau chef, qui nie toute implication dans des malversations.

«Tout ce qui avait à être dit sur ça a été dit, il a fourni de larges explications et je suis satisfait, a-t-il dit. Je pense que la page est tournée et on regarde l'avenir, tout le monde.»

M. Bachand s'est aussi rangé derrière le projet d'adhésion à la Constitution de son chef, bien qu'avant l'élection de M. Couillard, dimanche, il jugeait inutile de s'attaquer à ce dossier.

«Il y a aura des discussions à faire mais bien sûr je suis membre du parti», a-t-il dit.
20 commentaires
  • Benoit Toupin - Abonné 19 mars 2013 15 h 20

    Laissons lui le temps

    Il vient de revenir; laissons lui le temps... le temps de réaliser la grande collaboration de ses amis fédéralistes à Ottawa... Il devrait au moins être en mesure de donner un aperçu du moyen qu'il utiliserait pour faire valider une éventuelle entente; un référendum ou un vote à l'assemblée nationale. Comme nos gouvernements sont élus avec le soutien d'environ 35% des votants, un vote à l'assemblée nationale ne suffit pas... à moins que dans la logique fédéraliste, il faille 66% pour la sécession mais seulement 33% pour changer les règles constitutionnelles...

    • Luc Archambault - Abonné 19 mars 2013 17 h 13

      Ce n'est pas seulement les États à venir qui doivent obéir à la même règle référendaire, mais aussi l'État présent. Le Canada ayant cours légal illégitime doit lui aussi se soumettre à la rigeur de sa propre loi dite de la clarté... on verra bien s'il exige une majorité référendaire qualifiée...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 mars 2013 07 h 37

      La seule image mentale que je vois avec Couillard est la main dans le tordeur. Une fois que tu la mets dedans, tu y passes toutte ! Si on le met au pouvoir, il signe, c'est ça qu'il a dit, c'est tout et c'est terminé ! Y a rien de pas clair dans son message !

  • Robert Beauchamp - Abonné 19 mars 2013 15 h 45

    Le spécialiste du catimini

    M. Couillard, vous auriez également déclaré qu'un simple vote de l'Assemblée nationale, suffirait pour engager la Nation en ratifiant la Constitution de 1982. Dans ce cas, la même voie serait tout aussi légitime pour engager la Nation, maître de son destin, sur la voie de l'indépendance. Vous avez apporté des modifications majeures en santé en Conseil des ministres, la semaine précédant votre départ. Vous avez été élu sur un mode de scrutin archaïque avec un minimum de représentation. Vous avez eu des liaisons discutables (Porter). Je me répète:Vous seriez donc prêt à engager la Nation sans son consentement Vous me rappelez la fable «Le Renard et le Corbeau». Le plumage maintenant on le connaît, quant au fromage, nous y avons suffisamment goûté.
    Robert Beauchamp.

    • Gilles Théberge - Abonné 19 mars 2013 18 h 03

      De toute manière monsieur Beauchamp c'est exactement comme ça que le Québec a été inclus dans le Canada, par un simple vote de l'Assemblée Législative... Et par une voix de majorité...

      Mais les fédéraleux refusent au Québec de sortir de la patente par un simple vote de l'Assemblée Nationale. Alors ce qui est bon pour pitou, est bon aussi pour... minou!

      Néanmoins si l'ami de Porter veut qu'on embarque là-dedans, il faudra donc un référendum.

      Mais sur quoi portera ce référendum?

      Quelles sont les conditions du Québec pour adhérer à la patente?

      Je pense que la meilleure solution reste d'en sortir pour vrai et pour de bon.

    • Manon Theriault - Inscrite 19 mars 2013 20 h 38

      Ce ne serait pas la première fois qu'on se fait faire le coup, c'est arrivé un vendredi, 10 mars 1865 avec Étienne-Pascal Taché. Je suis d'accord avec vous que si on peut signer sur un simple vote de l'assemblée nationale, on peut en sortir de la même façon.

      Jusqu'à maintenant, les souverainistes ont été très bons joueurs, ils ont toujours soumis l'option au vote populaire.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 19 mars 2013 22 h 56

      Bon joueur??? si les souverainistes peuvent nous lancer des référendum a perpétuité, pourquoi pas un libéral signé pour notre pays?? moi je commence à aimer Couillard ;o)

  • Daniel Gagnon - Abonné 19 mars 2013 15 h 52

    Couillard ausculté

    Philippe Couillard aurait besoin d'un bon check-up, d'un bon électrocardiogramme etc., d'un petit bilan par son ami Arthur Porter, ce dernier pourrait lui conseiller des activités 'sportives' dans le sud pour retrouver un sens éthique...

  • Benoit Toupin - Abonné 19 mars 2013 16 h 05

    L'ennemi du fédéralistes québécois

    Le pire ennemi du fédéraliste québécois, c'est un fédéraliste canadien qui dit que le fruit n'est pas mûr pour la discussion constitutiionnelle...

  • André Michaud - Inscrit 19 mars 2013 16 h 40

    L'option esquivée

    Lors des référendums on aurait du laisser le choix entre le projet du PQ ou adhérer "officiellement" au Canada. On aurait plus ce questionnement et il resterait toujours possible au PQ de représenter son option.

    Mais pour beaucoup de citoyens c'est surtout un débat théorique stérile..

    • Gilles Théberge - Abonné 19 mars 2013 18 h 05

      je ne pense pas que l'avenir d'un peuple soit une question mineure monsieur Michaud.

      L'inclusion du Québec dans le Canada ce n'est pas une question théorique au niveau des effets.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 19 mars 2013 22 h 57

      oui mais on a déjà voté pour cette question... alors, c'est le temps de signé...