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    Québec se défend de faire de la «désinformation numérique»

    16 mars 2013 |Fabien Deglise | Québec
    Pour le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, les accusations de manipulation sont « un peu fortes » et ne « représentent pas la stricte vérité ».
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pour le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, les accusations de manipulation sont « un peu fortes » et ne « représentent pas la stricte vérité ».
    Tout en se défendant de manipuler les données numériques dites ouvertes portant sur les projets informatiques du gouvernement, Québec reconnaît que l’outil de diffusion de ces informations manque sa cible en matière de transparence et songe du coup à le « rénover » à court terme, a expliqué vendredi au Devoir le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.

    « Nous sommes en train de revoir nos procédés et nos façons de faire, a-t-il indiqué en entrevue. Cet outil n’atteint pas son objectif d’évaluation. Si nous allons le rénover ? C’est évident. »


    Lancé en mai dernier pour permettre aux citoyens de « suivre l’évolution des dépenses du gouvernement en toute transparence », le tableau de bord sur l’état de santé des projets en ressources informationnelles - c’est son nom - s’est retrouvé sur la sellette cette semaine après que des sources proches du secrétariat du Conseil ont indiqué au Devoir que les données qu’il contient étaient parfois truquées par Québec pour embellir le portrait des dépenses liées aux dépenses informatiques des ministères et organismes. Encore vendredi, ce tableau de bord affichait que 96,6 % de ces projets respectaient leurs échéanciers et leurs coûts, une statistique « improbable », selon plusieurs observateurs du monde de l’informatique, et qualifiée de « cubaine » par une de nos sources.

     

    « L’opacité règne toujours »


    Les révélations attisent une fois de plus, selon le Syndicat des professionnels du gouvernement, le doute sur la « véracité des informations rendues publiques par le Conseil du trésor », a indiqué son président, Richard Perron. Le groupe estime que la transparence et la construction d’un gouvernement ouvert, deux concepts à l’origine de ce tableau de bord, sont encore restées des « promesses, car l’opacité règne toujours ».


    « Je ne suis pas étonné de voir que des données ont été truquées, a indiqué pour sa part Christian Dubé, porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de finances. Il faut s’assurer que les données livrées au public sont les données brutes, sinon ce tableau de bord ne va servir à rien. » Un point de vue partagé d’ailleurs par l’organisme Québec ouvert, qui fait la promotion des données ouvertes et de la création d’un gouvernement numériquement plus transparent : « Nous sommes devant un exercice de marketing du gouvernement, pas devant un exercice de transparence », a résumé Jonathan Brun, porte-parole de ce groupe de pression.


    Accusations « un peu fortes »


    Pour Stéphane Bédard, les accusations de manipulation sont « un peu fortes » et ne « représentent pas la stricte vérité », a-t-il indiqué, en précisant qu’à quelques reprises, en septembre dernier, des « données mal transférées » et des « incohérences » ont forcé les responsables de l’outil à apporter quelques modifications dans les données livrées au public. M. Bédard dit également vouloir travailler à l’avenir à une « plus grande transparence » sur les contrats et les projets du gouvernement, et ce, en évitant que les données diffusées « aient une valeur relative ».


    Le tableau de bord sur les projets informatiques, tout comme celui sur l’état des structures du réseau routier et sur les grands chantiers du ministère des Transports, a été lancé en grande pompe au printemps dernier. Il participe de la volonté du gouvernement de passer par les univers numériques pour amener plus de transparence dans la chose publique, restaurer la confiance des citoyens dans les institutions publiques, mais aussi stimuler la participation citoyenne. Ces outils ont été placés sur le portail des données ouvertes du gouvernement, portail souvent critiqué en raison de la portée limitée des données, lesquelles ne sont pas très conséquentes pour assurer une réelle transparence et surveillance des activités de l’État.













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