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    Coupes à l'aide sociale - Maltais est ouverte à un compromis pour les toxicomanes

    La portion du projet de règlement sur l’aide sociale qui concerne les prestations pour les toxicomanes sera modifiée. Reste seulement à savoir comment. La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, s’est montrée optimiste jeudi à la suite de sa rencontre avec l’Association des centres de traitement des dépendances privés et communautaires et est persuadée qu’un compromis est à portée de main.


    « À partir de la discussion avec les centres, c’est sûr qu’il va y avoir quelques modifications, c’est très clair. Je ne veux plus qu’on abandonne les personnes qui sont disparues dans le système, sans surveillance, sans réévaluation. Je veux qu’il y ait des balises », a déclaré la ministre Maltais en entrevue au Devoir à la suite de sa discussion avec l’Association des centres de traitement des dépendances du Québec (ACTDQ), qui représente les organismes communautaires et privés offrant des services d’hébergement aux toxicomanes. « Nous avons senti une ouverture, nous nous sommes compris », s’est pour sa part réjoui le directeur général de l’ACTDQ, Vincent Marcoux.

     

    Compromis en vue?


    Trois aspects litigieux du projet de règlement péquiste qui limite à une période de 90 jours le versement d’une prestation spéciale aux toxicomanes bénéficiaires de l’aide sociale lors d’un séjour en centre de traitement ont principalement figuré à l’ordre du jour. La ministre s’est d’abord dite ouverte à discuter du délai, mais se questionne toujours sur les cas d’hébergement de 30 mois et plus, qu’elle juge « troublants ». « La grande majorité des gens entrent dans le délai des 90 jours. Il y a des cas où il faut outrepasser le délai et c’est de cela que nous allons discuter, a-t-elle prudemment affirmé. On pourrait avoir des procédures d’exception pour des cas d’exception. »


    Les deux parties ont en outre convenu que seuls les centres certifiés pourraient désormais recevoir la prestation d’hébergement. Actuellement, 76 centres sont certifiés et 30 ne le sont pas. L’Association accepte cette condition et milite pour un délai de transition qui ne pénalisera pas trop brusquement ces centres, qui en vertu d’une réglementation datant de 2010, doivent être certifiés pour offrir le traitement des dépendances. « On va leur laisser le temps d’obtenir leur certification », répond la ministre Maltais.


    Les échanges ont finalement porté sur la nécessité de mieux évaluer la nature du traitement requis pour chacune des personnes malades, à durée variable. Les centres membres de l’ACTDQ revendiquent le droit de mener leur propre évaluation, mais celle-ci pourrait être validée par les experts d’un Centre de réadaptation en dépendance (CRD). C’est d’ailleurs exactement la proposition qu’a soumise à la ministre l’Association des centres de réadaptation en dépendance du Québec, dont les établissements sont sous la gouverne du ministère de la Santé. Une expérience pilote porteuse menée en Mauricie servirait de modèle. « C’est clair qu’il faut des mécanismes d’évaluation et de réévaluation qui soient rassurants pour tout le monde », concède la ministre.


    Une seconde rencontre de travail, à laquelle se joindra le ministère de la Santé et des Services sociaux, aura lieu d’ici une semaine ou deux pour définir plus clairement les « mécanismes » et les « balises » souhaités par le gouvernement.


    Inquiets, les directeurs de la santé publique pourront également faire valoir leur point de vue auprès du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale lors d’une rencontre prévue vendredi. Le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, et tous ses homologues des différentes régions y participeront, a confirmé le ministère de la Santé au Devoir.


     

    Avec Marie-Andrée Chouinard et Amélie Daoust-Boisvert













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