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    Libre opinion - Source d’immobilisme, le syndicalisme?

    8 mars 2013 |Richard Perron - Président, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec | Québec

    M. Éric Duhaime vient de publier Libérez-nous des syndicats !, dans lequel il reproche aux organisations syndicales d’empêcher la société québécoise de progresser. M. Duhaime reconnaît d’emblée que les syndicats ont beaucoup contribué au progrès de la société québécoise, ajoutant même qu’il n’est pas contre le syndicalisme, mais il affirme du même souffle que notre taux de syndicalisation serait une nuisance. Cherchez l’erreur !


    L’auteur utilise un truc vieux comme le monde : accuser son chien d’avoir la rage pour mieux d’en débarrasser. Son analyse ne résiste pourtant pas aux faits. Rappelons-nous l’époque où Lucien Bouchard était à la tête du gouvernement ; les syndicats du Québec se sont joints volontiers à l’effort gouvernemental pour atteindre l’objectif du déficit zéro. Ils ont fait des concessions appréciables en ce sens, et ce, à même les régimes de retraite ou autrement. Tout au long des années du gouvernement Charest, les mêmes syndicats ont offert en vain leur collaboration. Encore aujourd’hui, nous souhaitons vivement contribuer à réduire le coût des dépenses publiques, en proposant notamment que l’on mette fin à l’abus de la sous-traitance.


    M. Duhaime et ses semblables accusent les syndicats, tel le SPGQ, de protéger les emplois et de chercher à améliorer le sort de leurs membres, mais passent sous silence le fait que ce ne sont pas les syndicats qui ont poussé le Québec vers un endettement abusif. Ce sont les promoteurs en tous genres. Ce sont eux qui ont bénéficié des investissements exagérés et incontrôlés en infrastructures très coûteuses.


    Parlant de contrôle, nous militons depuis des années pour un relèvement de l’expertise en planification, supervision et contrôle des projets gouvernementaux. Pendant ce temps, les divers porte-parole de la droite continuent de militer pour une réduction des effectifs de la fonction publique. Or, cette réduction a causé une perte de moyens et d’expertise extrêmement dommageable pour l’efficacité gouvernementale et l’intégrité des finances publiques, comme le démontre la commission Charbonneau.


    L’économiste Pierre Fortin, pourtant un allié objectif de M. Duhaime, a reconnu qu’un Québec plus syndiqué, et donc plus équitable dans la répartition de sa richesse, s’était beaucoup mieux relevé de la dernière crise économique que ses voisins. M. Duhaime préférerait peut-être une situation où les Québécoises et Québécois se retrouveraient de plus en plus nombreux seuls face à leurs employeurs privés ou publics ? Nous croyons qu’au contraire, il faut encourager la syndicalisation, parce qu’elle est à la fois source de progrès et chien de garde contre les abus des puissants.













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