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    Commission Charbonneau – Travaux de construction: toujours plus cher à Montréal

    25 février 2013 12h17 | Brian Myles | Québec
    La Ville de Montréal connaît depuis 1997 les problèmes de collusion dans l'octroi des contrats, mais elle a négligé de s'y attaquer sérieusement.

    L'analyste de la commission Charbonneau, Guy Desrosiers, a passé en revue six rapports rédigés de 1997 à 2010 sur le coût des travaux à Montréal. Le constat est accablant. L'exécution des travaux de construction est toujours plus onéreuse dans la métropole que d'autres villes de la province. Les travaux d'égout et d'aqueducs coûtaient notamment 86 % plus cher que dans des villes de banlieue, et ce, en grande partie en raison de la négligence de la Ville de Montréal.

    «Les grands messages sont dits dans des mots différents, mais le fond reste le même», a expliqué M. Desrosiers lundi matin. L'analyste a identifié trois grands problèmes qui se posent continuellement de 1997 à 2010: un manque de rigueur dans l'évaluation du coût des travaux, des procédures d'appels d'offres qui ne sont pas à la hauteur pour limiter les coûts et des suivis inadéquats dans la réalisation des projets.

    Une étude du vérificateur interne datant de 2006 est particulièrement accablante. Elle fait état de la mainmise qu'exercent Simard-Beaudry/Louisbourg, Infrabec, CSF/Mirabeau et Sintra/Pavage Moto sur les contrats d'infrastructures. À quatre, ces groupes ont remporté 56 % des contrats en 2005, pour un total de 51 millions de dollars.

    «La Ville n'est pas en mesure d'obtenir les services requis de façon économique», constate le document de 11 pages, acheminé sous pli confidentiel à Claude Léger, qui avait pris la relève de Robert Abdallah à la direction générale de la Ville, en juillet 2006.

    Le rapport sonne l'alarme sur l'existence d'un marché fermé à Montréal, où 96 % du marché est accaparé par des entrepreneurs locaux, sans possibilité de concurrence externe. Les réseaux sociaux sont bien établis entre les entrepreneurs qui misent sur des stratégies d'intégration verticale et horizontale pour limiter le jeu de la concurrence. «Malgré l'existence de conditions propices, nous avons constaté l'absence notoire de moyens de prévention et de détection des cartels, de collusions, de fraudes et de conflits d'intérêts», constate le rapport.

    On ignore les suites que M. Léger a données à cette lettre confidentielle, mais on sait qu'elle n'a jamais été rendue publique. M. Léger sera appelé à témoigner à la commission Charbonneau, a confirmé la procureure de la commission, Claudine Roy.

    Claude Léger a quitté son poste en 2009, emporté dans la tourmente du scandale du contrat des compteurs d'eau. Dans un entretien au Devoir, en novembre dernier, M. Léger s'était dit «horrifié» par les révélations de la commission Charbonneau. Il estimait qu'il s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et il ne cachait pas son étonnement devant l'ampleur de la collusion. M. Léger se rangeait dans la même catégorie que l'ex-maire Gérald Tremblay. «On travaillait ensemble pour lutter contre ce que l'on voit maintenant. Je n'ai pas réussi à les attraper; c'est mon drame personnel», disait-il. M. Léger se disait conscient des risques de collusion à l'externe, tout en avouant que la corruption interne des fonctionnaires tels que Gilles Surprenant et Luc Leclerc l'avait désarçonné.

    Dans l'immédiat, Robert Marcil, ex-patron du service des infrastructures, témoigne à la commission. M. Marcil a été identifié comme un fonctionnaire corrompu par ses subalternes et par l'ingénieur Michel Lalonde. Il a dû démissionner de son poste après avoir accepté un voyage payé en Italie d'une valeur de 50 000 $ de la part de Giuseppe Borsellino, patron de Garnier.

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