Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Sommet sur l’enseignement supérieur - La plus importante priorité économique

    Si on veut augmenter la capacité d’accueil de nos universités et leur qualité, l’augmentation des droits de scolarité apparaît incontournable

    20 février 2013 | Claude Séguin - Ancien sous-ministre des Finances à Québec | Québec
    S'il devait y avoir une priorité économique au Québec ces jours-ci, ça devrait être l’éducation universitaire. Celle-ci a de nombreuses vertus tangibles et intangibles sur les individus qui en bénéficient et sur la société qui les accueille. L’impact principal d’un diplôme universitaire est toutefois d’augmenter les compétences de celui ou celle qui le reçoit. Ces compétences additionnelles se traduisent par des niveaux de revenus supérieurs pendant toute la carrière professionnelle du diplômé tout en le faisant bénéficier d’un taux de chômage significativement inférieur. On estime généralement ses revenus à plus du double de ceux d’un non-diplômé.

    Lorsqu’on compare la situation économique du Québec avec les autres régions canadiennes et américaines, on remarque que les Québécois ont des revenus inférieurs aux autres Canadiens et aux Américains, notamment, à cause d’un niveau d’éducation moins élevé. On estimait au cours des années 2000 que seulement 26 % de la main-d’oeuvre dans la grande région de Montréal avait complété une formation universitaire, alors que les grandes métropoles de ce continent comme Boston, Seattle ou San Francisco comptaient près de la moitié de leur main-d’oeuvre avec une formation universitaire. Quand on connaît l’écart de rémunération qui en découle, on peut d’ores et déjà s’expliquer la prospérité plus importante de ces régions.


    Les Québécois ont fréquenté de plus en plus les universités au cours des dernières décennies, sans toutefois atteindre des niveaux qui permettraient de réduire significativement cet écart de scolarisation. En fait, les universités québécoises n’ont même pas les infrastructures physiques ou humaines requises pour accueillir l’augmentation du nombre d’étudiants qui nous rapprocherait du niveau de scolarisation de nos voisins. Quand on considère l’impact ne serait-ce qu’économique de la formation universitaire, l’investissement dans les infrastructures universitaires en vue d’augmenter leur fréquentation augmenterait plus la richesse collective que la stimulation des investissements ou l’implantation de nouvelles entreprises ou usines. L’institut ontarien pour la compétitivité et la prospérité estimait en 2009 que le différentiel québécois de son niveau d’éducation avec le reste du Canada équivalait à plus de 10 milliards par année en revenus perdus et à plus de 20 milliards quand on se compare aux États-Unis ! Ce sont des sommes colossales. L’éducation, c’est payant !

     

    Accroître la diplomation


    On peut légitimement se demander dans un tel contexte si le débat sur le niveau des droits de scolarité est bien engagé. L’objectif d’accroître la diplomation universitaire semble à première vue contradictoire avec l’augmentation de ces droits. Le contexte budgétaire actuel et prévisible du Québec rend illusoire toute augmentation significative des budgets universitaires à même les fonds généraux de l’État. Si on veut augmenter la capacité d’accueil des universités et leur qualité, l’augmentation des droits de scolarité apparaît incontournable. Il y a cependant une façon d’augmenter l’accessibilité aux études universitaires tout en augmentant les revenus des universités en provenance des droits de scolarité. Il est un peu paradoxal d’invoquer la gratuité universitaire comme garante de l’équité sociale. Lorsqu’on sait qu’environ les deux tiers des étudiants universitaires d’aujourd’hui proviennent des classes aisées de notre société, financer leurs études à partir des impôts payés par la classe moyenne apparaît plutôt comme un immense transfert de richesse des moins fortunés vers les plus fortunés.


    La véritable solution réside bien plus dans un programme bien orchestré de bourses aux étudiants en fonction des revenus de leur famille qui ferait de sorte que les moins fortunés ne seraient absolument pas touchés par une hausse des droits de scolarité. On pourrait même envisager à travers ce programme d’aide de baisser l’incidence des frais actuels sur les étudiants moins favorisés. Les institutions universitaires pourraient ainsi compter sur les ressources qui permettraient aux Québécois de combler leur retard en niveau d’éducation et aspirer à une prospérité personnelle et collective bien méritée.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel