Hydro-Québec - 1,5 milliard pour des surplus d’électricité imposés par les libéraux

Dans la planification d’Hydro-Québec, dès 2007, « on établissait qu’on n’avait plus aucun besoin », a indiqué mardi le p.-d.g. d’Hydro-Québec Thierry Vandal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dans la planification d’Hydro-Québec, dès 2007, « on établissait qu’on n’avait plus aucun besoin », a indiqué mardi le p.-d.g. d’Hydro-Québec Thierry Vandal.

Québec — Les importants surplus d’électricité avec lesquels Hydro-Québec est aux prises sont entièrement imputables aux achats que lui a imposés par décret le gouvernement Charest. Leur coût : 1,5 milliard de dollars qui gonfleront la facture d’électricité des Québécois d’ici la fin de la décennie.

C’est ce qu’a révélé mardi le p.-d.g. d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, en commission parlementaire lors de l’étude des crédits du ministère des Ressources naturelles.


Dans la planification d’Hydro-Québec, dès 2007, « on établissait qu’on n’avait plus aucun besoin », a indiqué Thierry Vandal. C’était après le contrat visant la centrale au gaz de TransCanada Énergie à Bécancour en 2002 et après les grands appels d’offres en énergie éolienne de 1000 MW et de 2000 MW en 2003. Qui plus est, la fermeture de plusieurs usines de pâtes et papier en 2007 et la récession de 2008-2009 ont entraîné une chute marquée de la consommation industrielle d’électricité.


Or, le gouvernement Charest en a rajouté en 2009, lançant des appels d’offres en biomasse et en éolienne communautaire tout en créant un programme de petites centrales hydrauliques.


Ces approvisionnements en trop, de l’ordre de 24 TWh entre 2013-2020, équivalent grosso modo aux surplus d’électricité de 21,4 TWh qu’Hydro-Québec doit supporter, a expliqué le p.-d. g.


« Les décisions sur les approvisionnements d’électricité n’ont pas été le fait d’une planification des besoins d’Hydro-Québec, mais le fait de décisions - que l’on respecte comme société d’État, bien sûr - de développement industriel de la part du gouvernement », a-t-il souligné.


Ces surplus entraîneront des coûts de 1,5 milliard de dollars répartis sur les sept prochaines années, une facture qu’Hydro-Québec refilera à ses clients québécois. « Ça va rentrer graduellement dans les tarifs au fur et à mesure que les projets entrent en service », a signalé Thierry Vandal. À compter de 2020, compte tenu de la croissance de la demande, la société d’État ne sera plus en surplus, selon ses prévisions.


Dans cette optique, Thierry Vandal a salué la décision du gouvernement Marois de mettre un terme au programme des petites centrales, « une bonne décision », a-t-il dit.

 

Des propos choquants


Lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, la députée de Laviolette, Julie Boulet, a défendu un des projets de petites centrales, celui de Manouane Sipi mené par la municipalité de Lachute et la communauté autochtone Weymontachie. « S’il y a des sauvages dans ce dossier, les sauvages sont devant nous », s’est écriée la députée libérale en pointant les banquettes du gouvernement. Elle citait un article du journal Le Nouvelliste, a-t-elle mentionné. Le président l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, n’entendait pas à rire et lui a demandé de retirer ses propos.


En guise de réponse, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a affirmé que pour chaque million de revenus tirés de ces petites centrales par les communautés, il en coûtait quatre millions à Hydro-Québec.


En point de presse, Julie Boulet, accompagnée du député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, s’est présentée avec le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, qui a fait valoir les qualités du projet.


Pour sa part, Pierre Paradis a défendu la décision du gouvernement Charest de faire du développement économique en faisant casquer Hydro-Québec. « Des surplus, ce n’est pas la fin du monde. Ça en prend pour créer de l’emploi, ça en prend pour développer l’économie », a-t-il dit, en ajoutant que c’était là la façon libérale de considérer l’économie.


Par ailleurs, interrogé par le député caquiste François Bonnardel, Thierry Vandal a reconnu que des enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) s’étaient présentés dans les bureaux d’Hydro-Québec et ont posé des questions sur l’octroi des contrats par la société d’État. L’UPAC a aussi dépêché ses enquêteurs sur le chantier de la Romaine. « Que l’UPAC s’intéresse à un projet ou à des contrats particuliers, c’est normal. On va fournir l’information », a-t-il dit. « Nos pratiques sont robustes et diversifiées. »

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Ce texte a été modifié après publication

69 commentaires
  • Benoît Landry - Abonné 13 février 2013 04 h 41

    La mentalité conservatrice...

    Pendant qu'à Ottawa on investit dans le militaire sans appel d'offre au Québec nos bons conservateurs québécois habillés en rouge libéral ont investis dans l'énergie.... Tout ça en faisant payer les citoyens en dilapidant les ressources naturelles publiques pour enrichir les petits amis du pouvoir.

    C'est ça la création de la richesse ?

    • Michel Gagnon - Inscrit 13 février 2013 08 h 59

      Et malgré tout cela, il y en a encore qui considèrent que les Libéraux sont les plus compétents pour gérer l'économie du Québec.
      Misère!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 13 février 2013 10 h 00

      Mais alors, monsieur Gagnon, comment évaluez-vous les compétences économique du nouveau gouvernement qui vient d'ajouter a ce surplus de production électrique. Combien vont couter les nouveaux parcs éoliens que le PQ vient de lancer ?

      Pourquoi monsieur Vandal arrête son bilan qu’aux installations électrique inutiles autorisées par les Libéraux mais ne fait aucun commentaire sur l’ajout de quelques 700 MWH d’éolien que vient de faire le PQ, il n’y a pas un mois, en toute connaissance des surplus actuel et futur qui voue a une parfaite inutilité ces nouveaux équipements?

    • J-Paul Thivierge - Abonné 13 février 2013 11 h 50

      Le seul avantage c'est que 98 % de notre électricité est de source inépuisable naturelle et propre. La force de l'eau turbinée plusieurs fois partant des réservoirs de bassins versants en altitude. Les forces du vent turbinée sur les montagnes et corridors venteux pour permettre de préserver l'eau dans les réservoirs quand le vent est propice 35 % du temps.
      On reconnait aussi que les petits barrages privés ont été reconnus comme des subventions déguisées très couteuses équivalant plus de 5¢ du KWh. La plupart du temps il aurait été plus rentable que le gouvernement donne des incitatifs touristique que de laisser installer de petites centrales qui hausse les coûts d'électricité et masacrent de belles petites cutes et rivières naturelles...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 14 février 2013 09 h 40

      Pour que les éoliennes permettent d’accumuler plus d’eau dans les réservoirs hydroélectrique il ne faut pas que ceux-ci soient pleins pour cause de surplus.

      Sinon il faut ou bien ouvrir les vannes et laisser passer l’eau sans la turbiner, ou bien bloquer les palmes des éoliennes. Et bien que l’option de bloquer les palmes soit plus logique, parce que la gestion de la production d’un barrage est plus simple, des palmes d’éoliennes qui ne bougent pas offrent plus de visibilité à leur inutilité...

      Bref, ajouter des moyens de production quand on a des surplus et que l’on est certain d’en avoir pour longtemps c’est une dépense utile nette et c’est un accroissement de la pollution engendrée pour une même consommation d’énergie... (quelques 1,000 tonnes de béton et d’acier par éolienne de 2 MW, les nouveaux contrats prévoient une puissance de 700 MW, faite le calcul)

      Et que font nos prétendus écologistes devant cette situation?

  • robert morin - Inscrit 13 février 2013 05 h 19

    Vivement une enquête...

    Je souhaite ardemment que l'on puisse enquêter sur la corruption et la collusion dans ce dossier, car je suis convaincu que dans ces coûts de surplus de 1,5 milliards de $ (que nous paierons avec nos impôts) imposés par les libéraux, il doit y en avoir une grosse part qui s'est retrouvée directement dans les poches des tizamis du PLQ, notamment dans cas des projets de mini-centrales privées. Cela dit, on peut décoder plus clairement les mots de Pierre Paradis, quand il décrit «la façon libérale de considérer l'économie»!!!

    • Georges Washington - Inscrit 13 février 2013 11 h 37

      N'oubliez pas les parcs éoliens dans votre équation. La puissance installée est beaucoup plus importante de ce côté et dites-vous bien qu'on nous entretient pour que nous investissions encore dans les parcs éoliens. C'est essentiellement le discours des Daniel Breton et cie.

      Ne laissez pas la partisanerie vous fermer les yeux.

      Les parcs éoliens sont des actifs qui n'appartiennent pas à HQ et qui coûtent plus cher que Gentilly-2. Les composantes des parcs éoliens sont acquises à l'étranger, la presque totalité du parc de EDF est approvisionnée en composantes allemandes, ce qui nous donne zéro en termes de retombées économiques au Québec. EDF est une compagnie étrangère de surcroît. Alors qu'au moins Gentilly-2 comportait 80% de composantes québécoises et était un actif de HQ appartenant donc à tous les Québécois et produisait à moindre prix que ces parcs éoliens.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 13 février 2013 12 h 05

      Si on compte et on inclus les couts totaux de réfection, de production pendant 25 ans, de déclassement de fermeture et de démolition dans 40 ans si on est honnête et on ne pousse pas les client de 2062 à payer pour la fermeture. on arrive à plus de 20¢ du KWh. La majorité des composantes pour la réfection ne sont pas produites au manufacturées au Qc ...
      Par ailleurs, les éoliennes de la Seigneurie de Beaupré sont de technologie Allemande ENERCON, cependant les pâles sont faites à Gaspé. les tours et les Alternateurs à Matane, donc plus de 75 % est Québécois Bien sur EDF et Boralex ont soumissionnés parce que Éole Québec n'existe pas.
      Même si présentement les tarifs accordés sont de 11¢.
      On doit souhaiter qu'après 20 ans et dans les vies suivantes les tarifs seront profitables à 6¢ comme les infrastructures sont déjà existantes ; routes d'accès, tours , interconnexions. Ainsi au 20 ans on approche une grue géante on remplace les pâles, la nacelles-alternateurs rénovées
      et c'est reparti pour 20 ans ; la force du vent gratuite pour toujours.

    • Georges Washington - Inscrit 13 février 2013 18 h 03

      M. Thivierge,

      faux, le tarif de 8,4¢/kWh incluait la réfection, la production et le démantèlement dans 25 ans. Et lorsque HQ publiait des chiffres à 9,5¢/kWh, cela incluait son profit.

      Il s'est dit vraiment n'importe quoi dans ce dossier.

    • Georges Washington - Inscrit 13 février 2013 18 h 06

      Si les tarifs actuels ne justifient pas l'éolien, votre calcul fait perdre des milliards de dollars aux Québécois. C'est comme si pendant 20 ans vous payiez vos petits pois à l'épicerie le prix qu'ils vaudront dans 20 ans en vous disant que dans 20 ans vous aurez un bon prix.

      Et dans 20 ans, à qui appartiendront les parcs éoliens? Aux Québécois? Bien sûr que non. Les parcs éoliens ne sont pas un actif appartenant aux Québécois, faudra bien le réaliser un jour. Cela fait une énorme différence.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 février 2013 05 h 40

    Hauts cris

    Ben y a une petite madame qui vient d'apprendre que c'est pas parce que tu cris fort que t'as raison. 1,5 milliard de dollars ! De trop ! Inutile ! Que tous les québécois vont devoir payer jusqu'en 2020; ça c'est 8 ans après la supposé fin du monde ! Pourquoi ? Pour faire vivre quelques racoins reculés sur le gros BS; pas le petit comme tout le monde, le Gros ! Des jobs inutiles, des constructions inutiles par un parti, inutile n'est pas le bon mot, «nuisible», voilà ! Pis ils vont avoir le front de crier encore aujourd'hui à la période de question au lieu d'aller se cacher de honte. Et exiger des réponses directes à leurs questions tordues en se défendant que le parti au pouvoir n'a pas à leur demander de comptes parce que eux ne sont plus au pouvoir; tout est effacé.

    Pis l'autre Bonnardel qui veux jouer à la police; il serait temps qu'il se rende compte qu'il n'est pas là pour faire des enquêtes ! Les papiers de l'Hydro n'appartiennent pas au gouvernement. Y a l'Upac pour faire ça. Vous connaissez l'écran de fumée que les libéraux ont monté en paravent pour nous faire croire qu'ils s'occuppaient de nos affaires ? Ben les gars prennent leur job au sérieux et ils la font !

    Merci au Devoir de rétablir les vrais faits et je souhaite que cette façon de faire va rester et s'étendre à tous les médias. Les journalistes payent des impôts aussi. Le combat devient alors : personnel !

    • François Ricard - Inscrit 13 février 2013 07 h 15

      L'Hydro appartient à la population.
      La population a pleinement droit de savoir ce qui s'y passe.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 13 février 2013 12 h 07

      Techniquement , depuis 1982, Hydro-Québec appartient au MINISTRE des Finances du Qc, qui doit gérer efficacement et avec sagesse ce bien public!

  • François Ricard - Inscrit 13 février 2013 06 h 07

    Et Val-Jalbert?

    Pourquoi construire une nouvelle centrale dont nous n'avons pas besoin?
    Une centrale qui gonflera le montant de la perte encourue déjà estimé à 1,5 milliards.
    Ce n'est quand même pas le PLQ qui est au pouvoir. C'est le PQ.
    Autant d'argent que nous pourrions consacrer à l'éducation.
    Plus ça change, plus c'est pareil.
    PQ=PLQ=CAQ

    • Normand Carrier - Abonné 13 février 2013 08 h 56

      Sans trouver d'excuses monsieur Ricard , Martine Ouellet affirmait que toutes les études d'impact et tout était en place lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir et c'était innaproprié de refuser de la faire pour les communautés ...
      Donnons leurs le mérite d'avoir pris la décision décriée par les maires d'interdire toutes celles dont le processus d'acceptation n'étaient pas aussi avancé .....
      Comparer comme vous le faites le PQ au PLQ relève d'une démagogie douteuse et partisanne ....

    • J-Paul Thivierge - Abonné 13 février 2013 12 h 13

      Le seul moyen de s'en sortir serait de donner 5 M$ par année pendant 25 ans ou + de subventions touristiques à cette MRC pour tenter de compenser les pertes d'annulation de respect de ce contrat .
      Le PLQ a signé plein de contrats bonbons en 2012
      même J-J Charest a prolongé le contrat de T Vandal pour 5 ans de plus...
      ça nous coutera 5 M$ pour le pousser à la porte.

  • Jacques Morissette - Abonné 13 février 2013 06 h 13

    M. Vandal, PDG d'entreprise ou simple pantin qui se cherche des accointances avec le pouvoir?

    Oui, M. Paradis, on comprend «...la façon libérale de considérer l'économie», sur le dos de la population, une simple vache à lait de votre façon libérale de considérer l'économie.

    Quant à M. Vandal, est-il un PDG ou une marionnette qui, au fond, se satisfait de l'obligation, à ce qu'il dit, de devoir refiler la facture des surplus à la population du Québec, en mettant ça sur le dos des Libéraux? Ça manque de classe!

    De par le poste qu'il occupe, sa responsabilité ne consiste pas uniquement à porter l'habit de bouffon qu'un parti politique élu décide de lui faire porter, dépendant de la façon de ce parti politique (Libéral ou d'autres) de considérer l'économie.

    À moins que ça fasse l'affaire de M. Vandal qu'un parti politique lui impose, selon ses dires, sa façon de considérer l'économie qui consiste à déplumer la population, pour engraisser Hydro Québec. Ça manque de classe!

    Dans ma boule de cristal, c'est encore flou, le PQ va-t-il tirer son épingle du jee ou continuer de vider le portefeuille de la population, en faisant de l'économie à la façon des Libéraux? Vont-ils avoir plus de classe que M. Vandal et les Libéraux?

    • Serge Marchand - Inscrit 13 février 2013 07 h 27

      Peut-être que Vandal sent la soupe chaude avec l'UPAC dans le coin...

    • Benoît Landry - Abonné 13 février 2013 10 h 27

      Sans nécessairement trouver des excuses à M. Vandal, les décisions sont prises par le Conseil d'administration d'hydro Québec.... et à l'époque qui siégeait sur ce conseil ? Principalement des gens provenant de grandes entreprises québécoises dont Power Corporation et aussi, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt .

      Peut-on croire que les intérêts des québécois sont protégés quand ce sont des gens en conflit d'intérêts qui siègent sur ces conseils d'administration

    • Eric Allard - Inscrit 13 février 2013 12 h 16

      En fait, les décisions ont été prises par décret par le gouvernement Charest. Hydro Québec, en tant que société d'état, ne peut légalement refuser d'appliquer un ordre du gouvernement.