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    Pierre Duchesne devra maintenant trancher

    Gérer, c’est faire des choix et arbitrer entre des options possibles

    8 février 2013 |Michel Nadeau - Directeur général de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées (IGOPP) | Québec

    Soyons clairs : ni les étudiants de la FEUQ ni les recteurs de la CREPUQ ne représentent l’ensemble des intérêts du Québec. Aussi, le ministre de l’Enseignement supérieur, M. Pierre Duchesne, devrait passer outre à ce diktat que lui ont envoyé les différents groupes d’intérêts lors des quatre rencontres préparatoires au Sommet des 25 et 26 février prochains : il faut absolument trouver un consensus entre les parties présentes, surtout celles qui menacent de se retirer ou qui veulent mettre tout sur la table.


    Par ailleurs, la commande passée à M. Duchesne par Mme Marois est sans équivoque: on veut des résultats. Mais des résultats pour qui et dans quels intérêts ?


    Le ministre ne doit pas tomber dans le vieux piège des dénouements des premiers sommets qui ont marqué l’histoire du Parti québécois à partir de 1976. Au Manoir Richelieu, il fallait que l’État écoute MM. Paul Desmarais et Louis Laberge, qui vendaient chèrement leur appui au communiqué final et leur présence enjouée à la conférence de presse de clôture. Les contribuables beurraient ainsi sans le savoir la tartine de chacun qui repartait avec le sourire aux lèvres…


    La situation budgétaire du Québec ne permet pas de donner la gratuité aux étudiants et 850 millions additionnels aux recteurs. Gérer, c’est faire des choix et arbitrer entre des options possibles tout en tenant compte de son discours préélectoral… La stratégie de M. Duchesne sera évidemment d’essayer d’en donner un peu à chaque groupe pour qu’il ne crie pas trop fort. Mais il ne doit pas oublier l’ouverture de son parti au discours des carrés rouges du printemps dernier. La CREPUQ devra repartir avec quelque chose même si elle n’arrive pas à bien vendre à la population l’enjeu du sous-financement universitaire ; les recteurs devront-ils réunir leurs partisans au centre Bell et leur offrir des hot-dogs, des croustilles et des boissons gazeuses ?


    Le grand problème de M. Duchesne est qu’il n’a pas invité en assez grand nombre au Sommet des représentants de ceux qui apportent les 4 milliards au financement universitaire. Les débats se font entre les recteurs, les profs, les étudiants et des gens d’affaires. Point. Les sujets abordés traduisent les préoccupations des trois premiers groupes ; les gens d’affaires ne veulent pas justifier leur présence à la table en se faisant refiler l’addition… et surtout pas par une hausse de la taxe sur la masse salariale.


    A-t-on soulevé les pierres de tous les vrais enjeux ? Par exemple, qui a amené la question de la croissance future de la population universitaire jusqu’en 2023 ? Comment a-t-on abordé la stagnation, voire le déclin de la population future des collèges et son impact sur la population universitaire future ? Y aura-t-il poursuite de la hausse de la demande des cours pour adultes en soirée et des étudiants de 2e et 3e cycles ? Quels seront les effets, sur l’embauche, de l’enseignement par Internet qui se répand partout ailleurs ? Quelle place réserve-t-on à l’apport des étudiants étrangers ? Ces questions auront pourtant un impact déterminant sur la nature de l’offre de la pédagogie universitaire des années à venir.


    En clôture de sommet, M. Pierre Duchesne devra annoncer des choix clairs combinant l’équité et l’accès à l’université - pour lesquels son parti s’est montré sensible - et la responsabilité budgétaire. Le ministre ne doit pas chercher à tout prix la bénédiction de Guy Breton ou de Martine Desjardins, qui vont alors l’applaudir un peu, beaucoup, pas du tout, mais probablement pas passionnément ; les orientations de Pierre Duchesne devront aller dans le sens du discours de son parti tout en privilégiant le bien de l’ensemble des Québécois qui financent à 80 % les universités et qui retourneront aux urnes dans un an.

     
     
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