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    Sommet sur l’enseignement supérieur - Ping-pong ministériel

    7 février 2013 |Bernard Descôteaux | Québec
    Une farce, une comédie ! C’est ce que la principale de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, pense du Sommet sur l’enseignement supérieur. Dans l’entrevue accordée au Devoir mardi, elle disait avoir le sentiment que les universités ont été tenues à un rôle de témoin impuissant dans les rencontres pré-Sommet. Cela n’est pas tout à fait juste. Elles ont eu la parole. Le problème est qu’elles ne sont pas écoutées.

    En employant le mot comédie, madame Munroe-Blum exprimait une frustration largement partagée par les recteurs. L’enjeu principal de ce sommet est moins l’avenir des universités que le règlement de la crise étudiante sur les droits de scolarité. Le gouvernement Marois cherche avant tout à faire la paix avec les étudiants pour qu’ils ne descendent pas dans la rue à nouveau et pour ne pas s’aliéner leur vote lors des prochaines élections qui, on le sait, seront hâtives.


    Aux associations étudiantes, on a promis un débat constructif, ouvert à toutes les possibilités : gratuité, gel des droits de scolarité et indexation. Toutefois, l’intention véritable ne devrait échapper à personne. La solution de l’indexation est la seule acceptable aux yeux d’un gouvernement dont l’obsession est l’atteinte du déficit zéro en 2014.


    La tactique employée par le ministre Duchesne n’est pas sans s’apparenter à celle de la cage à homard dans laquelle il voudrait pousser les associations étudiantes, les universités y servant pour leur part d’appât. Pour discréditer la nécessité de fortes augmentations de droits de scolarité réclamées par les recteurs, il a ainsi contesté avec elles la thèse du sous-financement des établissements d’enseignement supérieur, pour ensuite les laisser attaquer la mauvaise gestion des universités. En leur imposant enfin des compressions inattendues de 124 millions, il confortait l’idée qu’elles sont capables de vivre avec ce qu’elles ont.


    Se voir ainsi attribuer le rôle du vilain dans cette pièce de théâtre est incompréhensible pour des établissements dont la réalité financière est tout autre. Les universités méritent mieux que de servir de balle de ping-pong.


    Les universités n’ont pas le choix de ravaler leur frustration et de participer à ce prochain sommet. Le ministre Duchesne est leur patron. Les associations étudiantes disposent pour leur part d’une entière liberté de parole. Elles y seront parce qu’elles croient pouvoir arracher le gel des droits. Pourtant, tous les sous-entendus employés par le ministre Duchesne, une forme de discours qu’il semble affectionner, conduisent à l’indexation. Cela devrait laisser des doutes. Dès le départ de cette opération, il est apparu que le gouvernement Marois ne jouerait pas franc-jeu. Cela se confirme. L’unanimité qu’il espère pourrait bien se retourner contre lui.

     
     
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