Sommet de l'éducation: la CAQ pense que la gratuité doit être abordée, même si elle n'y croit pas

La formation de François Legault s'oppose à la gratuité, mais croit néanmoins que «tout doit être sur la table» lors de la rencontre qui se tiendra à Montréal les 25 et 26 février.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La formation de François Legault s'oppose à la gratuité, mais croit néanmoins que «tout doit être sur la table» lors de la rencontre qui se tiendra à Montréal les 25 et 26 février.

Québec — Même s'il s'agit d'un cul-de-sac, la gratuité scolaire devrait figurer au menu des discussions au Sommet de l'enseignement supérieur, a estimé mardi la Coalition avenir Québec (CAQ).

La formation de François Legault s'oppose à la gratuité, mais croit néanmoins que «tout doit être sur la table» lors de la rencontre qui se tiendra à Montréal les 25 et 26 février.

Lundi, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) a prévenu le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, qu'elle claquera la porte du Sommet si la gratuité scolaire est écartée des débats. Elle a aussi brandi la menace d'une «escalade des moyens de pression» si les participants optent pour l'indexation des droits de scolarité.

Le ministre doit répondre mercredi à l'ultimatum lancé par le regroupement étudiant le plus radical. Il y a un peu plus d'une semaine, il avait toutefois signifié que la gratuité est un «idéal à long terme» et non une option envisageable «dans le contexte actuel».

La CAQ ne voit rien de mal à ce que l'enjeu de la gratuité figure à l'ordre du jour, mais demeure convaincue que la proposition sera vite rejetée tant elle ne tient pas la route.
Selon le porte-parole caquiste en matière d'enseignement supérieur, Stéphane Le Bouyonnec, ni la gratuité ni le gel des droits de scolarité ne sont des scénarios «plausibles» compte tenu des moyens limités dont dispose le Québec.

Qui plus est, il est acquis aux yeux du député de La Prairie que l'ASSÉ va quitter le Sommet avec fracas à un moment ou à un autre.

«Nous, on pense que tout doit être sur la table, mais ça ne change pas le fond du problème. Lorsqu'on va arriver au Sommet, il va falloir que des solutions émergent et que certaines propositions soient tassées. Alors si l'ASSÉ ne claque pas la porte maintenant, je vous garantis qu'elle va la claquer au début du Sommet», a prédit M. Le Bouyonnec, joint par La Presse canadienne.

Pendant que l'ASSÉ milite en faveur de la gratuité, la CAQ tente d'imposer son idée de créer deux catégories d'universités.

La Coalition veut permettre aux plus grandes universités — Montréal, McGill, Sherbrooke, Laval — de fixer elles-mêmes leurs tarifs afin de recruter et de retenir les meilleurs professeurs et chercheurs.

Pour les autres établissements du réseau, la CAQ propose que les droits soient modulés en fonction du coût de la formation.

En vertu de ce scénario, les étudiants en sciences humaines verraient leur facture diminuer alors que ceux inscrits dans des disciplines comme la médecine ou le génie devraient acquitter des droits plus élevés.
16 commentaires
  • Alexandre Baril - Inscrit 5 février 2013 17 h 39

    Le vent de l'opportunisme...

    ...virevolte encore et toujours au sein du parti de la CAQ.

    • Solange Bolduc - Abonnée 5 février 2013 21 h 01

      Vous avez absolument raison, "Le vent de l'opportuniste": On n'y croit pas nmais on peut toujours en discuter ! Intelligent le bonhomme! Imaginez s'il était premier minstre du Québec ?

      Médiocre intelligence politicienne !

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 6 février 2013 09 h 19

      En quoi est-ce de l'opportunisme de vouloir permettre à tous de se faire entendre? Voue me faites rire alors que vous dénigré les bases mêmes de la démocratie!

      Et personelement je préfère de loin un premier ministre qui propose de faire entendre tous le monde, même ceux qui ont des idées opposées aux siennes, qu'un premier ministre qui recule sur la presque totalités des ses promesses et qui fait tellement la girouette qu'elle donne mal à la tête!

  • Gabriel Cotnoir - Inscrit 5 février 2013 17 h 56

    Capital politque

    Monsieur Legault,

    Dire que la gratuité scolaire devrait être sur la table car de toute façon elle va être rejetée tout de suite est bien la preuve de votre mauvaise foi et que vous recherchez seulement du capital politique. Comme d'habitude vous lancez des paroles et des propositions qui ne tiennent pas le cap ; telle une girouette politique!

  • Michele Johnston - Inscrit 5 février 2013 18 h 31

    Je suis en accord

    C'est une position sage, qui table sur le mérite et les intérêts respectifs et légitimes des opposants, lesquels doivent pouvoir être exprimés et considérés à leur juste mérite. Faire autrement consiste à mettre de l'huile sur le feu avant de donenr l'occasion aux parties de faire valoir leur point. Bon François Legault n'est pas au pouvoir, mais peut-être qu'il agirait sensiblement de la même manière. Il me semble une persone réfléchie. À suivre.

    • Solange Bolduc - Abonnée 5 février 2013 21 h 03

      Ah, oui! réfléchi Legault ?

    • Guillaume Houle - Inscrit 5 février 2013 22 h 44

      @Mme Johnston,

      Avez-vous oublié que M. Legault et la Coalition Avenir Québec ont appuyé l'adoption du projet de loi 78 pour réprimer le droit de grève étudiant?

      Prétendez-vous sérieusement que M. Legault est une personne réfléchie, alors qu'il cherche à tout prix à faire payer les jeunes qui s'appauvrissent plutôt que les riches et les étrangers qui s'enrichissent sur nos dos?

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 6 février 2013 09 h 24

      @Guillaume Houle, vous oublié de mentionner que la CAQ avait accepté d'appuyer la loi 78 en échange d'amandements majeurs à celle-ci, François Legault avait choisit d'être pro actif, plutôt que de se camper dans un rôle passif comme le parti québécois, et il a obtenu mon vote pour cela!

      @Solange Bolduc, absolument, François Legault est réfléchit, il propose des solutions basées sur le compromis, et il propose de faire entendre tout un chacun, même ceux qui ont des positions différentes de la sienne, n'est-ce pas cela la véritable démocratie?

  • Jérémie Poupart Montpetit - Abonné 5 février 2013 18 h 36

    Mais que se passe-t-il ???

    Mais que se passe-t-il ? depuis quand la CAQ est plus ouverte aux discussions que le PQ sur les dossiers d'éducation ? on se rappellera de ce très Cher Mr. Legault qui, il y a un an à peine, vantait les mérites d'un système d'éducation quasi-coersif tel qu'au Japon ?

    Signe de communication ou mouvement populaire, n'empêche que Mme. Marois et le PQ pourraient faire un petit d'effort en acceptant ce conseil de la part leur ancien membre et faire signe d'ouverture sur les différentes idées et idéaux qui gravitent autour de la question éducative. Après tout, nous discutons d'un titanesque choix de société !!!

    Jérémie Poupart Montpetit

  • François Ricard - Inscrit 5 février 2013 18 h 51

    Tous les aspects devraient être abordés

    Un vérirable sommet doit englober tous les aspects de la question de l'éducation supérieure.
    Et pourquoi ne pas aborder le tout avec un esprit ouvert plutôt que de s'y présenter avec une idée arrêtée se définissant comme la seule solution.
    Pourquoi ne pas aborder la question en homme ou femme d"état plutôt que politicien carriériste?

    • Solange Bolduc - Abonnée 5 février 2013 21 h 05

      Est-ce que Legault se présentera au Sommet pour des discussions alors que son esprit est si arrêté sur des sujets comme l'éducation ?