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    Pétrole - Le temps qu’il faut

    5 février 2013 |Jean-Robert Sansfaçon | Québec
    Il n’y a pas de réponse simple à la question « Faut-il exploiter le pétrole que pourrait contenir le sous-sol du Québec ? » La seule chose qui soit certaine, c’est que le principal enjeu de ce débat est l’atteinte d’un équilibre nécessairement fragile entre les considérations d’ordre économique, social et environnemental.

    À l’échelle de la planète, de plus en plus nombreux sont ceux qui revendiquent la fin de l’exploitation et de la consommation des énergies fossiles comme seul moyen d’inverser le processus de réchauffement climatique. Pour des raisons bien différentes, ce sont souvent les mêmes qui appellent aussi à la fin du nucléaire sans lequel le réchauffement serait pourtant, aujourd’hui, beaucoup plus prononcé.


    Leur point de vue est logique, leur bataille légitime, mais la complexité du débat démocratique autant que les rapports de force sociaux et les habitudes de consommation forgées au fil des ans ralentissent considérablement le processus de transition vers un modèle de développement plus vert.


    Ce grand débat mondial trouve écho jusque chez nous en ce qui a trait tant à notre consommation qu’à notre production d’énergie. Le Québec a fermé Gentilly 2 pour des raisons économiques, mais aussi pour des motifs de sécurité, et tout indique qu’il n’y aura pas non plus d’exploitation de gaz de schiste dans la vallée habitée du Saint- Laurent pendant très longtemps.


    En revanche, la vaste majorité des ménages roulent tous les jours dans des voitures mues par des moteurs à essence sans que le Québec en produise lui-même. Or, compte tenu de la position économique désavantageuse qu’occupe le Québec au sein du Canada, de ses difficultés considérables à offrir les services essentiels à sa population sans accroître indûment son niveau d’endettement, il ne fait aucun doute que l’exploitation réfléchie de pétrole, si on en trouve, doit être envisagée.


    En contrepartie, à l’instar d’un grand pays producteur comme la Norvège, il faut multiplier les mesures pour réduire notre consommation.


    Cela étant admis, chaque projet d’exploitation pétrolière doit être étudié au mérite, à la lumière de ses particularités. Anticosti, Bourque, Gaspé et Old Harry ne présentent ni les mêmes avantages ni les mêmes contraintes et inconvénients. Contrairement aux libéraux de Jean Charest qui se sont comportés comme des marionnettes au service du capital dans la totalité des dossiers d’exploitation de ressources, les péquistes doivent se tenir debout dans l’intérêt de tous.


    Faut-il ou non devenir propriétaires des sociétés d’exploitation de nos richesses naturelles ? Là encore, la réponse n’est pas facile. En effet, il n’est pas certain qu’une participation majoritaire ou égalitaire au capital des sociétés d’exploration minière ou pétrolière soit un gage de rentabilité pour les contribuables, étant donné le risque lié à la taille des investissements et à la fluctuation des prix. De plus, une telle participation lierait les mains du gouvernement à titre d’arbitre au dossier, comme cela s’est vu pour d’autres sociétés d’État.


    Rien ne presse. Tout change rapidement dans le merveilleux monde de l’énergie. Hier encore, il était question de construire deux ports pour superméthaniers sur le Saint-Laurent, deux projets que la chute du prix du gaz a tués dans l’oeuf. Prenons le temps de bien faire les choses, nous ne le regretterons pas.

     
     
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