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    Pour Québec solidaire, une entente électorale a un prix: des centaines de milliers de dollars!

    31 janvier 2013 11h06 | Pierre Dubuc | Québec
    Ce texte a d'abord été publié sur le site web de L'Aut'journal.
    On en a beaucoup parlé au lendemain de la dernière campagne électorale. On en reparle toujours. La division du vote fait mal aux forces progressistes et souverainistes. Dans 22 circonscriptions, l’addition des votes du Parti Québécois, de Québec solidaire et d’Option nationale aurait permis de vaincre les candidats libéraux ou caquistes.

    Bien entendu, ce ne sont pas tous les électeurs de QS ou d’ON qui auraient voté PQ, si ces partis n’avaient pas présenté de candidats dans ces 22 circonscriptions. Mais, chose certaine, le PQ en aurait remporté un nombre suffisant pour être majoritaire à l’Assemblée nationale.

    

Des militants relancent donc l’idée d’ententes électorales pour le prochain scrutin. Le Nouveau Mouvement pour le Québec a même lancé l’idée d’une grande Convergence nationale au mois de mai. 



    Cependant, plein d’embûches se dressent sur le chemin d’une telle entente. 



    Bien sûr, il y a la dynamique propre à chaque parti et les egos des dirigeants. 



    Mais, même en mettant ces facteurs de côté, surgissent d’autres obstacles quasi insurmontables.

    

Désistements au profit de qui? 



    Premièrement, il faudrait que le désistement des candidats de deux partis profite au troisième et non aux libéraux ou aux caquistes.

    

Dans le camp péquiste, l’analyse du vote et les sondages internes laissent croire que le PQ pourrait se désister avec succès en faveur de QS dans à peine 2 ou 3 circonscriptions dans le centre de Montréal. 



    Partout ailleurs, un désistement du candidat péquiste entraînerait un report des votes péquistes vers les candidats caquistes.

    

D’autre part, les péquistes, qui croient que QS se désisterait dans un grand nombre de circonscriptions en échange de deux ou trois circonscriptions à Montréal, seraient mieux de jeter un œil sur la réforme du financement des partis politiques.

    La nouvelle loi sur le financement des partis politiques

    

Les montants alloués en fonction des résultats obtenus par les partis politiques lors du dernier scrutin ont été augmentés de façon substantielle. Voyons ce qu’en dit le Directeur général des élections sur son site Internet.

    

Étape 1
    



    On multiplie le nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale à la dernière élection générale par un montant déterminé dans la Loi électorale. Le total obtenu est le montant à distribuer entre les partis.

    

Il y avait 5 919 808 électeurs inscrits après révision. 



    À noter qu’en procédant ainsi, on met le financement des partis politiques à l’abri des fluctuations du taux de participation. 



    Étape 2

    

Chaque parti reçoit une portion de ce total qui correspond au pourcentage de votes obtenu lors de la dernière élection générale. 



    Québec solidaire a récolté 6,03 % du vote. Donc, sa portion du nombre d’électeurs inscrits est 356 963.

    

À noter que cela est beaucoup plus que le nombre de votes reçus, soit 263 111. La différence s’explique par le fait qu’à peine 4 416 437 (74,60%) des électeurs inscrits ont voté.

    

Ce qui est majoré, en vertu de la nouvelle loi, est le « montant déterminé par la Loi électorale » utilisé à l’étape 1.

    

Ce montant passe de 0,85 $ (en 2012) à 1,50 $, à compter de janvier 2013 (et sera indexé à chaque année en fonction de l’indice des prix à la consommation). 



    Donc, si on prend le chiffre de 356 963 et qu’on le multiplie par 1,50 $, cela donne un montant annuel de 535 444,50 $. 



    Lors d’une année électorale, le montant par électeur servant à calculer l’assiette à distribuer entre les partis est majoré de 1,00 $, et passe ainsi de 1,50 $ à 2,50 $. 



    Donc, le chiffre de 356 963, multiplié par 2,50 $ donne pour cette année électorale un montant de 892 407,50 $. 



    Étant donné que le mandat d’un gouvernement est de 5 ans, il faut donc multiplier le montant de 535 444,50 $ par quatre années et lui additionner le montant de 892 407,50$. 



    Cela donne un grand total de 3 034 185 $. 



    Évidemment, lors du prochain scrutin, le nombre d’électeurs inscrits sera supérieur à celui du dernier scrutin et Québec solidaire compte bien améliorer sa performance. Ses revenus pour les cinq années subséquentes seraient donc supérieurs à 3 millions de dollars. 



    Le coût des désistements
    



    Dans le cadre d’une entente de désistements entre le Parti Québécois et Québec solidaire, on peut facilement imaginer que ce ne serait pas du un pour un, et que le PQ ne laisserait quelques circonscriptions à QS qu’en échange d’un désistement de QS dans plusieurs circonscriptions. 



    Ce faisant, QS se priverait de revenus de centaines de milliers de dollars. 



    Comment croire dans ce contexte que QS accepterait de se désister, c’est-à-dire de perdre des votes et des dollars, au profit du Parti Québécois?

    

Dans les coulisses de QS, on dit que d’éventuels désistements auront un coût! 



    Il faudrait que le PQ mette de l’argent sur la table! 



    Une hypothèse difficilement concevable dans le contexte actuel de surenchère pour tout ce qui concerne l’intégrité et la transparence! 



    Alors, la convergence nationale…. 


    Par Pierre Dubuc.

     
     
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