Facal souhaite un virage à droite du PQ
Le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, a proposé un véritable virage à droite au Parti québécois, l'exhortant à cesser de verser dans le «misérabilisme» et de promouvoir le «corporatisme», autant de failles d'un modèle québécois qu'il faut remettre en question.
«La solidarité sociale, je veux bien, mais ça ne doit pas être synonyme de misérabilisme», a livré hier M. Facal, à l'entrée de la réunion du conseil des ministres, une semaine jour pour jour après que le gouvernement Landry eut dévoilé sa stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, une politique dans laquelle il entend engager 1,5 milliard de plus en cinq ans.
Mais M. Facal a tôt fait de se faire rabrouer vertement par le premier ministre Bernard Landry, qui est sorti quelques heures plus tard du conseil des ministres pour ramener dans le droit chemin la brebis égarée. «Je pense que M. Facal a étiré dans des directions où il y avait rupture avec nos principes de base», a-t-il laissé tomber.
La sortie de M. Facal n'était pas improvisée puisqu'il a fait ses déclarations en lisant des notes manuscrites. «Le Parti québécois accorde trop d'importance aux porte-parole de certains lobbies organisés et il devrait d'urgence se rebrancher sur la classe moyenne qui est, en fait, la majorité silencieuse et la colonne vertébrale de la société», a-t-il fait valoir. Cette insistance sur cette classe moyenne indéfinie n'est pas sans trahir des relents adéquistes.
Mais M. Landry a mentionné que son gouvernement avait mis en avant nombre de politiques qui avantageaient au premier chef la classe moyenne: les garderies à 5 $, l'assurance-médicaments, l'équité salariale, etc. Au conseil des ministres, les discussions ont été vives. Tout s'est terminé par une nouvelle affirmation de solidarité envers le chef, avec effusions et tapes dans le dos.
Il n'en reste pas moins que, pour l'empêcheur de tourner en rond qu'a incarné quelques fugaces instants hier Joseph Facal, le problème du PQ en ce moment, «c'est qu'il a peut-être érigé en dogme le sacro-saint modèle québécois en refusant de voir ses failles» que sont «son corporatisme», «sa rigidité», «la dépendance qu'il engendre vis-à-vis de l'État» et «la dette astronomique» qu'il a créée.
Mais ces failles, le premier ministre n'est pas prêt à les reconnaître ni à remettre en cause le «dogme». M. Landry a fait remarquer que ce modèle — «la meilleure synthèse au monde entre l'économie de marché et l'interventionnisme» — donne d'excellents résultats dont témoignent les dernières statistiques économiques. «J'ai été l'artisan du modèle québécois et l'artisan de son renouvellement», a rappelé M. Landry.
Le PQ est un parti de centre-gauche, «comme Tony Blair», bien que la population québécoise n'a cure des distinctions entre la droite, le centre et la gauche, a soutenu M. Landry. Dans le vocabulaire québécois, centre, gauche et droite, ça ne veut pas dire grand-chose. «On n'était pas là à la Commune de Paris», a-t-il dit. M. Landry préfère décrire le PQ comme un parti progressiste, interventionniste, attaché tant à la création qu'au partage de la richesse.
Ce positionnement centre-gauche constitue d'ailleurs un clair avantage pour le PQ, selon le premier ministre. Son gouvernement est «interventionniste», le Parti libéral est «libéral», justement, et l'ADQ est «un parti très conventionnel, à droite, pour employer de vieux mots».
«C'est aussi une chance pour les prochaines élections générales: les positions sont claires. Le Parti québécois est radicalement différent des deux autres partis», a conclu M. Landry.
«La solidarité sociale, je veux bien, mais ça ne doit pas être synonyme de misérabilisme», a livré hier M. Facal, à l'entrée de la réunion du conseil des ministres, une semaine jour pour jour après que le gouvernement Landry eut dévoilé sa stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, une politique dans laquelle il entend engager 1,5 milliard de plus en cinq ans.
Mais M. Facal a tôt fait de se faire rabrouer vertement par le premier ministre Bernard Landry, qui est sorti quelques heures plus tard du conseil des ministres pour ramener dans le droit chemin la brebis égarée. «Je pense que M. Facal a étiré dans des directions où il y avait rupture avec nos principes de base», a-t-il laissé tomber.
La sortie de M. Facal n'était pas improvisée puisqu'il a fait ses déclarations en lisant des notes manuscrites. «Le Parti québécois accorde trop d'importance aux porte-parole de certains lobbies organisés et il devrait d'urgence se rebrancher sur la classe moyenne qui est, en fait, la majorité silencieuse et la colonne vertébrale de la société», a-t-il fait valoir. Cette insistance sur cette classe moyenne indéfinie n'est pas sans trahir des relents adéquistes.
Mais M. Landry a mentionné que son gouvernement avait mis en avant nombre de politiques qui avantageaient au premier chef la classe moyenne: les garderies à 5 $, l'assurance-médicaments, l'équité salariale, etc. Au conseil des ministres, les discussions ont été vives. Tout s'est terminé par une nouvelle affirmation de solidarité envers le chef, avec effusions et tapes dans le dos.
Il n'en reste pas moins que, pour l'empêcheur de tourner en rond qu'a incarné quelques fugaces instants hier Joseph Facal, le problème du PQ en ce moment, «c'est qu'il a peut-être érigé en dogme le sacro-saint modèle québécois en refusant de voir ses failles» que sont «son corporatisme», «sa rigidité», «la dépendance qu'il engendre vis-à-vis de l'État» et «la dette astronomique» qu'il a créée.
Mais ces failles, le premier ministre n'est pas prêt à les reconnaître ni à remettre en cause le «dogme». M. Landry a fait remarquer que ce modèle — «la meilleure synthèse au monde entre l'économie de marché et l'interventionnisme» — donne d'excellents résultats dont témoignent les dernières statistiques économiques. «J'ai été l'artisan du modèle québécois et l'artisan de son renouvellement», a rappelé M. Landry.
Le PQ est un parti de centre-gauche, «comme Tony Blair», bien que la population québécoise n'a cure des distinctions entre la droite, le centre et la gauche, a soutenu M. Landry. Dans le vocabulaire québécois, centre, gauche et droite, ça ne veut pas dire grand-chose. «On n'était pas là à la Commune de Paris», a-t-il dit. M. Landry préfère décrire le PQ comme un parti progressiste, interventionniste, attaché tant à la création qu'au partage de la richesse.
Ce positionnement centre-gauche constitue d'ailleurs un clair avantage pour le PQ, selon le premier ministre. Son gouvernement est «interventionniste», le Parti libéral est «libéral», justement, et l'ADQ est «un parti très conventionnel, à droite, pour employer de vieux mots».
«C'est aussi une chance pour les prochaines élections générales: les positions sont claires. Le Parti québécois est radicalement différent des deux autres partis», a conclu M. Landry.
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