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    Qui sont les nouveaux élus? - Sylvain Roy: un «agent de développement» à Québec

    4 janvier 2013 |Jessica Nadeau | Québec
    « Je vous le dis, député, c’est la plus belle job! », affirme Sylvain Roy.
    Photo: Clément Allard - Le Devoir « Je vous le dis, député, c’est la plus belle job! », affirme Sylvain Roy.
    Sylvain Roy en bref

    Âge : 48 ans
    Parti : Parti québécois
    Circonscription : Bonaventure
    Fonctions : député, membre du Bureau de l’Assemblée nationale
    Profession antérieure : sociologue
    Québec — Il y a six mois à peine, ils ont choisi de se lancer dans le vide et de mettre leur destin entre les mains des électeurs. Tous, quel que soit le parti, ont choisi de s’engager en politique pour faire bouger les choses, mais certains découvrent la dure réalité des jeux politiques. Le Devoir est allé à la rencontre de nouveaux élus.

    Il a beau avoir été élu dans un château fort libéral, le péquiste Sylvain Roy ne se voit toujours pas comme un politicien, mais plutôt comme un agent de développement avec des idées plein la tête pour sortir sa communauté de la dévitalisation économique. Député de l’ombre, le sociologue découvre à l’Assemblée nationale un univers loin de ce qu’il avait imaginé.


    « J’étais un peu prisonnier de l’image du politicien que l’on décrit souvent comme quelqu’un qui veille surtout à son intérêt personnel, confie le nouveau député de Bonaventure dans un café de la rue Saint-Jean, à Québec. Le travail de politicien est extrêmement exigeant, il faut être disponible 24 heures sur 24 […] et je m’aperçois que ça prend beaucoup d’humilité. L’image que je me faisais du politicien a donc beaucoup changé et j’ai un plus grand respect pour la classe politique parce que maintenant, je sais ce que ça implique. »


    Sylvain Roy n’était pas prédestiné à devenir politicien et avoue avoir eu « une carrière un peu bizarre ». Fort de ses études en sociologie, Sylvain Roy s’apprêtait à devenir professeur à l’Université du Québec à Montréal lorsqu’il a décidé de retourner dans son coin de pays avec sa femme et leur premier enfant, où, faute de travail dans son domaine, il a été travailleur forestier pendant 4 ans. « J’aimais mieux être bûcheron chez nous que d’être pogné à Montréal à ne pas voir ma vie passer », lance-t-il entre deux gorgées de café et un morceau de croissant.


    Rapidement, le milieu de l’éducation et de la recherche l’a rattrapé. En plus d’enseigner au cégep, il a créé l’un des premiers Centres de recherche en sciences sociales en milieu collégial, ou CIRADD. « J’étais fatigué de voir comment on venait nous étudier. L’Université Laval, je n’ai rien contre eux, mais quand ils débarquaient chez nous et que ça coûtait 50 000 $ pour nous faire dire qu’on n’était pas entrepreneurs ou qu’on vieillissait, moi, je venais sur les nerfs en ti-Jésus ! J’ai donc pris les devants, avec un collègue, pour court-circuiter cette folie-là. C’est une prise en charge sociale de la connaissance scientifique de la population. »


    Deux élections en six mois


    Sylvain Roy a été chercheur, a contribué à l’implantation du transport collectif en Gaspésie et a été conseiller municipal. Mais un jour, il a réalisé qu’il n’avait plus de prise sur les décisions. Il a donc décidé de sauter dans l’arène politique pour « opérationnaliser les affaires ». Il avait d’abord songé au NPD, mais son fils lui a gentiment rappelé qu’il n’était pas fédéraliste. Sylvain Roy a donc annulé son rendez-vous avec Jack Layton et Thomas Mulcair, qui devaient annoncer son investiture.


    C’est une rencontre avec l’ancien député Marcel Landry - seul péquiste avant Sylvain Roy à avoir réussi à déloger les libéraux dans la circonscription de Bonaventure de 1994 à 1998 - qui l’a convaincu de se présenter aux partielles de décembre 2011. Il a perdu, mais avec élégance, ce qui a été apprécié des citoyens, qui l’ont élu six mois plus tard lors des élections générales.


    Depuis, il fait la navette entre sa résidence secondaire dans la capitale, où il vit avec son plus vieux qui étudie à l’Université Laval, et sa maison sur le bord de la mer en Gaspésie, où l’attendent son autre fils et sa femme. Il a mis pas moins de 20 000 km au compteur sur sa voiture depuis le 4 septembre et ne compte pas s’installer à Québec de façon permanente. « Vivre à Québec, pour moi, c’est une job. C’est une belle ville, c’est intéressant, mais il y a tellement de restaurants que je ne sais jamais lequel choisir. »


    Sylvain Roy n’est pas malheureux de ne pas avoir été nommé ministre, bien au contraire. Il veut faire ses classes et est heureux de la faire à l’abri de la frénésie médiatique. « Quand je passe [devant les journalistes], mes collègues ministres se font accrocher, je sais qu’il y en a qui ont la tête basse. Et moi, je passe là-dedans et je m’en vais au caucus… Je vous le dis, député, c’est la plus belle job ! »

     
     
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