Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Assemblée nationale - Une saison des idées

    24 décembre 2012 | Bernard Descôteaux | Québec
    L’année 2012 aura été d’une rare intensité. Entre le printemps, qui fut celui des carrés rouges, l’été, qui fut électoral, et l’automne, marqué par des révélations sur la collusion et la corruption, l’actualité ne fit jamais relâche. Cette année, porteuse de tant d’attentes, se termine pourtant sur une note morose et incertaine.

    L'année 2012 aurait pu être l’année de tous les possibles. Nombreux étaient les Québécois qui l’ont espéré en voyant la génération des carrés rouges descendre dans la rue, avec leurs aînés, casseroles à la main, pour réclamer dans un grand tintamarre, qui la gratuité scolaire, qui le départ du gouvernement Charest, qui une révolution verte, qui la souveraineté du Québec.

    On a donné à ce mouvement le nom de « printemps érable », une image médiatiquement forte pour décrire un vigoureux courant de démocratie citoyenne. Une image trop forte, toutefois, eu égard à la réalité. Ce n’est pas tout le Québec qui s’y est associé. Canalisée vers les urnes, la vague s’est brisée le soir du 4 septembre. Le Parti québécois, qui croyait pouvoir prendre le relais de ce printemps nouveau, n’obtenait qu’une maigre victoire, fruit au surplus du hasard électoral.


    L’arrivée du gouvernement Marois, tout minoritaire qu’il était, marquait tout de même une rupture avec le régime libéral. La nouvelle première ministre voulut avec la passation des pouvoirs marquer le début d’un temps nouveau, mais le souffle lui manqua presque aussitôt. Son gouvernement, qui se révéla inconsistant, réalisa vite les limites que lui imposaient son statut minoritaire et l’absence de marge de manoeuvre financière. Ce fut un départ raté.


    En cette fin de décembre, le « printemps érable » apparaît bien loin. Le tintamarre s’est tu. Le Québec se retrouve face à lui-même, face à ses incertitudes et à son impuissance à choisir sa voie. Le moment est d’autant plus difficile que les Québécois ont découvert à travers les travaux de la commission Charbonneau une image d’eux-mêmes qu’ils n’avaient jamais crue possible, alors qu’on leur montrait des membres de l’élite politique et économique tolérant d’inadmissibles abus de biens sociaux, voire y prenant part. Jamais on n’avait pensé que la corruption puisse avoir des racines aussi profondes. Notre société se croyait vertueuse et s’indignait lorsque certains en doutaient. Le doute n’est plus possible, maintenant que l’on a vu. L’empereur est nu.

     

    ***


    L’incapacité qu’a eue la société québécoise de faire des choix clairs au cours de cette année sur la direction à se donner sur les plans tant politique que social a inévitablement un effet de paralysie. Il n’est toutefois pas sans mérites. Si nous sommes forcés dans une certaine mesure à l’inaction tant qu’il y aura un gouvernement minoritaire, toutes les avenues sont ouvertes par ailleurs du côté de la réflexion. Pour reprendre une expression que le Parti québécois a déjà employée, on pourrait faire de ce temps d’arrêt obligé une saison des idées.


    Réfléchir aux changements dont la société québécoise a besoin ne saurait être l’affaire des seuls partis politiques. Le « printemps érable » a été le résultat entre autres choses de la rupture du lien de confiance avec les citoyens, laquelle s’est sans doute aggravée depuis, résultat de l’indignation suscitée par les révélations à la commission Charbonneau. Ils n’ont pas tous saisi le sens véritable de la démocratie citoyenne capable de porter et de faire naître de nouvelles idées qui vont bien au-delà de la simple revendication.


    Hommes et femmes politiques doivent se mettre à l’écoute. Plus, ils doivent montrer qu’ils ont le sens du bien commun. Cet automne, ils y sont parvenus à quelques reprises en adoptant à l’Assemblée nationale des projets de loi à l’unanimité. C’est encourageant. Il y a tant à faire pour faire progresser le Québec. Il faut saisir toutes les occasions pour poser les gestes qui nous redonneront confiance.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel