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    Breton conserve la confiance de Marois

    Malgré toutes les taches apparues à son dossier, le ministre de l’Environnement ne démissionnera pas

    Pour l’équipe de Mme Marois, il n’y a pas de problème avec le comportement passé de M. Breton. «Il n’a pas fait ça pendant qu’il était ministre», affirme Shirley Bishops, directrice des communications au gouvernement Marois.
    Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Pour l’équipe de Mme Marois, il n’y a pas de problème avec le comportement passé de M. Breton. «Il n’a pas fait ça pendant qu’il était ministre», affirme Shirley Bishops, directrice des communications au gouvernement Marois.
    Malgré les nombreuses condamnations mises en lumière par les médias mercredi, le ministre de l’Environnement Daniel Breton ne démissionnera pas, assure le bureau de Pauline Marois, qui minimise la portée de ces révélations.

    «Non, il n’est pas question qu’il démissionne, répond Shirley Bishops, directrice des communications au gouvernement Marois. Il n’a rien fait de criminel et il s’est engagé à rembourser tout ce qu’il doit. […] Il conserve toute la confiance de la première ministre.»


    Le passé de Daniel Breton est venu le hanter mercredi. À quelques minutes d’intervalles, le réseau TVA et La Presse ont dévoilé plusieurs taches apparues à son dossier au cours des 25 dernières années : deux expulsions de logement pour cause de loyers non payés, des cas de fraudes à l’assurance-emploi, plusieurs contraventions pour excès de vitesse et la suspension de son permis de conduire.


    De nombreuses informations compromettantes au sujet du député de Sainte-Marie -Saint-Jacques ont été trouvées dans le plumitif - un registre qui répertorie les procédures judiciaires et les décisions rendues par les tribunaux - et dans des « documents administratifs ». Selon La Presse, Daniel Breton a été trouvé coupable en septembre 1988 sous trois chefs d’accusation pour des infractions à la Loi sur l’assurance-emploi, ce qui lui a valu 300 $ d’amende. Il a également été condamné à payer 400 $ en 2007 lorsque poursuivi par le sous-ministre du Revenu pour ne pas avoir envoyé sa déclaration de revenus à temps.


    De son côté, le réseau TVA a dévoilé que M. Breton a été expulsé à deux reprises d’immeubles à logements pour ne pas avoir payé son loyer, en juin 2005 et en décembre 2009. Dans le second cas, il a omis de payer 13 mois de loyer et a été condamné par la Régie du logement à payer 6320 $ à son propriétaire, Berthier Dubé. Le ministre Breton lui devrait désormais près de 7000 $.


    Les reportages ont par ailleurs permis d’apprendre que l’environnementaliste a écopé de plusieurs amendes pour excès de vitesse et qu’il aurait mis du temps à acquitter certaines d’entre elles. Il a été condamné en 1997 pour avoir conduit alors que son permis avait été révoqué.


    Selon Shirley Bishop, le cabinet de Pauline Marois était au courant « des tickets de vitesse » et des loyers impayés, qu’il s’était engagé à rembourser.


    « Ce n’est pas un gars qui a fait de l’argent dans sa vie, il a eu une période très difficile et oui, il a eu des loyers impayés, convient Shirley Bishop. Ça fait deux mois qu’il a une bonne job et un bon salaire et il s’est engagé à rembourser ce qu’il devait sans aucun problème, il va remettre tout ce qu’il doit. »


    Mme Marois n’était toutefois pas au courant des amendes concernant l’assurance-emploi. Daniel Breton lui-même ne se rappelle plus des détails, affirme Shirley Bishop.


    « Il ne se rappelait plus du tout c’était quoi, c’était en 88, ça fait 25 ans. Il a eu 300 $ d’amende. »


    Pour l’équipe de Mme Marois, il n’y a pas de problème avec le message que de tels comportements de la part d’un ministre envoient à la population. « Il n’a pas fait ça pendant qu’il était ministre. Il a fait cela avant. En même temps, je pense que c’est quand même quelqu’un d’une grande compétence, d’une grande qualité. »


    Au cabinet de Daniel Breton, on minimise également la portée de ces accusations. « S’il a pu devenir candidat du parti puis ministre, c’est que ce qui apparaît à son plumitif, c’est mineur », a soutenu son attachée de presse, Danielle Rioux.


    Cette dernière alimente par ailleurs la théorie du complot contre Daniel Breton, théorie largement répandue sur les réseaux sociaux. « Je ne peux pas présumer, mais vous savez, avec la commission Charbonneau, les libéraux tentent de faire diversion et ils veulent cibler M. Breton. Il faudrait peut-être demander aux libéraux si c’est eux qui alimentent les médias… »


    Impossible de parler au ministre visé par les reportages, mercredi soir. Mais au gouvernement, on soutient que cette nouvelle crise l’a mis « un peu à l’envers ».


    Au Parti libéral, l’attaché de presse de l’aile parlementaire, Charles Robert, exige des explications de la première ministre. « Si c’est vrai […] ces éléments-là étaient connus de la première ministre. Alors, qu’on applique une politique de tolérance zéro, comment est-ce qu’elle a fait pour le nommer ministre ? »


    Cette histoire le conforte dans l’idée qu’il faut rapidement faire la lumière sur ces événements, de même que sur les allégations d’ingérence au BAPE, pour lesquelles l’opposition réclame déjà la démission du ministre qui sera entendu en commission parlementaire le 7 décembre prochain. « On constate qu’on a, au gouvernement, comme ministre de l’Environnement, un multirécidiviste en ce qui a trait à la contravention des lois et règlements du Québec. Alors oui, on veut faire la lumière sur tout ce qui touche le ministre. »


    Du côté de la CAQ, François Bonnardel estime que la première ministre a « fermé les yeux sur le passé douteux de M. Breton », ce qui représente, selon lui, un « manque de jugement important ». Selon lui, Daniel Breton « n’a plus l’autorité morale » pour se présenter devant les citoyens. « Il ne lui reste plus qu’une chose à faire : démissionner. »

     
     
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