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    Commission Charbonneau - La liste

    29 novembre 2012 |Josée Boileau | Québec








    Consultez notre dossier sur
    la commission Charbonneau
    Le court mais efficace contre-interrogatoire mené mercredi par l’avocat du Parti libéral du Québec a démontré par l’absurde la confusion dans laquelle se concluent les travaux d’automne de la commission Charbonneau. Mais où donc s’en va-t-on ?

    S'il avait fallu que les journalistes travaillent comme la commission Charbonneau l’a fait ces derniers jours, il n’y aurait pas eu de dite commission. On cherche encore à comprendre la pertinence d’un des derniers témoins entendus, l’entrepreneur Piero Di Iorio, à la crédibilité pas très nette et qui répétait ce que l’on savait déjà.


    Et puis est arrivée la liste ! Sa simple existence faisait saliver, et elle fut longue à lire. Mais quel sens lui donner ? Aucun. Il faudra attendre en janvier. D’ici là, on ne peut ni en tirer que les gens qui ont été invités au club privé 357 C étaient bel et bien présents, ni savoir pour quelle raison ou pendant combien de temps, comme l’a habilement fait ressortir Me Michel Décary, avocat du PLQ.


    On se retrouve donc avec une centaine de coupables par association alors que la commission ajourne pour deux mois ses audiences. Mais l’actualité ne se suspend pas ainsi ! Il revient donc par la force des choses, encore et toujours, aux médias de tenter de comprendre ce qui a cours. Ce qui signifie de se taper le boulot des recoupements, avec tous les risques que cela comporte.


    On ne contestera pas que la commission, instance judiciaire, peut mener ses travaux à sa guise. Il vaut toutefois la peine de relire la déclaration d’ouverture de sa présidente, France Charbonneau, le 22 mai dernier : « Nous sommes conscients de l’attention médiatique dont les audiences feront l’objet et de l’impact immédiat que pourraient avoir certains témoignages sur l’opinion publique avant même que tous les éléments de preuve soient connus. De ce fait, nous serons particulièrement attentifs à protéger les réputations et éviterons, dans la mesure du possible, que la réputation et l’image des témoins soient inutilement atteintes. »


    Comment dès lors expliquer qu’après avoir allumé une mèche, la commission rentre dans ses quartiers ? Pourquoi avoir rendu publique une liste obtenue depuis peu et que l’enquêteur qui l’a présentée était incapable d’analyser ? Pourquoi l’avoir dévoilée à ce moment-ci, « avant même que tous les éléments de preuve soient connus », en laissant un délai de deux mois qui, dans l’opinion publique, nourrira tous les soupçons, surtout à la faveur des rencontres des Fêtes ?


    Il y a là une grande incompréhension de la scène publique. Le judiciaire a son rythme propre, mais quand on touche à d’anciens élus, donc des gens qui sont redevables à la société, il est impensable de les laisser dans un vacuum de deux mois après avoir semé le doute à leur endroit sans pour autant les accuser de quoi que ce soit. Un média qui agit ainsi est taxé d’irresponsabilité. Que dire d’une commission d’enquête qui en fait autant ?


    À moins qu’il s’agisse d’une maladresse ? Ce ne serait pas la première, si l’on en croit les plaintes des procureurs qui représentent les participants à la commission. Ils sont exaspérés des délais dans la production de documents et des revirements dans l’organisation des journées. La commission a suspendu ses travaux parce qu’elle se disait à court de témoins ? Pourtant, elle devait entendre cette semaine des personnes qui auraient expliqué les règles d’octroi des contrats à la Ville de Montréal. Ce fut reporté, au grand dam de l’avocat de la Ville.


    À moins aussi qu’on nage dans l’improvisation, celle qui a tant retardé le départ du procureur en chef Sylvain Lussier, qui frôlait le conflit d’intérêts, celle qui fait qu’on attend depuis mai l’arrivée du troisième commissaire. La présidente France Charbonneau a bien des choses à nous expliquer.

     
     
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