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    Commission Charbonneau: les ex-ministres Beauchamp et Tomassi au club 357C

    28 novembre 2012 16h00 |Kathleen Lévesque | Québec
    L'enquêteur de la commission Charbonneau Érick Roy
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'enquêteur de la commission Charbonneau Érick Roy








    Consultez notre dossier sur
    la commission Charbonneau


    Pour consulter la liste des membres et de leurs invités de ce club privé.

    Si la population en doutait encore, le lien entre entrepreneurs, firmes de génie-conseil et le financement des partis politiques est clair selon le policier Érick Roy, qui témoigne depuis mardi devant la commission Charbonneau.

    M. Roy a présenté les personnes qui ont défilé au club privé 357C, situé dans le Vieux-Montréal, entre 2005 et 2007. Ce n’est qu’une partie de la liste des membres et de leurs invités de ce club privé qui a été épluchée jusqu’à maintenant.
     
    Derrière l’assurance d’une discrétion à toute épreuve, l’agent officiel, Marc Deschamps, et l’ex-trésorier, Bernard Trépanier, du parti de l’ancien maire Gérald Tremblay, Union Montréal, ont eu des rencontres avec des entrepreneurs et des représentants de firmes de génie-conseil entre 2005 et 2007. Il en va de même pour Pierre Bibeau, ex-organisateur et collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec ainsi que de l’ancien directeur général du PLQ, Joël Gauthier.
     
    Période charnière

    Le 357C a également été le lieu de réunions à répétition durant la période charnière autour de deux projets majeurs qui allaient devenir des scandales marquants, soit le développement immobilier du Faubourg Contrecœur ainsi que les compteurs d’eau. Entre janvier et juin 2007, la commission Charbonneau a souligné que la fréquence des rencontres s’est accélérée.
     
    À toutes les deux semaines, Paolo Catania de Construction F. Catania invitait à tour de rôle ou même souvent, tous ensemble, les joueurs principaux du projet Contrecœur : Frank Zampino (ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal), Martial Fillion (ex-directeur général de la Société d’habitation et de développement de Montréal-SHDM) et Daniel Gauthier de la firme Plania, filiale de Dessau.
     
    Il y a également plusieurs élus provinciaux qui se sont attablés au fil des ans au 357C, dont l’ex-ministre Line Beauchamp qui a été vice-première ministre. Mme Beauchamp y a rencontré Paolo Catania à deux reprises, en présence de son ex-conjoint Pierre Bibeau. C’était en février et mai 2007. Mme Beauchamp était invitée par Rosaire Sauriol de la firme Dessau. La première fois, elle est responsable de la Culture alors que la deuxième fois, le ministère de l’Environnement était entre ses mains.

    L'enquêteur de la commission Charbonneau, Érick Roy, a aussi confirmé mercredi la présence de l'ex-ministre Tony Tomassi au chic club 357C de Montréal. Il a été invité en février 2008 par le membre du club privé Paolo Catania. À l'époque, M. Tomassi était député libéral de Lafontaine et adjoint parlementaire du premier ministre.

    D’autres personnes connues apparaissent sur la liste présentée à la commission Charbonneau, dont le sénateur Léo Housakos, fort actif dans les coulisses de différents partis politiques, mais principalement au Parti conservateur. Il a également été proche de l’Action démocratique du Québec ainsi que d’Union Montréal. M. Housakos est allé au 357C sur l’invitation de Bernard Poulin, de la firme de génie Groupe SM. À l’époque de ses visites, M. Housakos n’était pas encore sénateur ; il travaillait pour la firme de génie BPR qui orchestrait le controversé contrat des compteurs d’eau depuis 2005.
     
    Les travaux de la commission Charbonneau ont eu des répercussions sur la colline parlementaire à Québec. Plusieurs députés et ministres ont pris les devants et ont déclaré avoir fréquenté le 357C, chacune se justifiant.
     
    Le chef par intérim du PLQ, Jean-Marc Fournier a réagi : « Si on ne peut pas rencontrer des gens pour être au diapason de la population, la démocratie fout le camp ».

    Aucun problème pour les péquistes et libéraux
     
    À Québec, de nombreux élus péquistes et libéraux, qui ont fréquenté le chic club privé 357C à Montréal pour y faire des rencontres, n'y voient, en général, aucun problème.
     
    Les libéraux ont donc refusé de blâmer l'une des leurs, l'ex-ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, citée mercredi à la Commission Charbonneau pour s'être rendue à deux reprises au club privé afin d'y rencontrer des hauts placés à la Ville de Montréal, des entrepreneurs et des dirigeants de firmes de génie-conseil.
     
    À l'une de ces rencontres, était présent l'entrepreneur en construction Paolo Catania.
     
    Dans un communiqué, l'ex-ministre affirme que même si les apparences peuvent paraître trompeuses, elle a toujours agi avec un souci d'intégrité. Elle dit se mettre à la disposition de la Commission Charbonneau, si cette dernière veut entendre sa version des faits.
     
    Le chef par intérim du Parti libéral du Québec, Jean-Marc Fournier, a dit que cela faisait partie des tâches de ministre de se rendre dans ce genre d'endroits pour y rencontrer des gens de divers horizons.

    Avec La Presse canadienne












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