Commission Charbonneau - Catania au centre de rencontres secrètes
Une liste de 118 noms, dont deux libéraux, déposée en preuve

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la commission Charbonneau
Pendant que des entrepreneurs en construction et ingénieurs rencontraient régulièrement, dans le luxe et la confidentialité totale du club privé Le 357C, le président du comité exécutif et de hauts fonctionnaires de la Ville de Montréal ainsi que le responsable du financement du parti Union Montréal, le projet immobilier du Faubourg Contrecœur prenait forme.
Ces proximités ont été étalées mardi devant la commission Charbonneau grâce à la présentation de la première page d’une liste des rencontres tenues au 357C, un club sélect du Vieux-Montréal, en 2005 et 2006. C’est au cours de cette période que la Ville de Montréal et la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) mettaient en place les balises pour confier à Construction F. Catania la création du Faubourg Contrecœur. Les firmes Dessau et Groupe SM y seront notamment associées.
Or, ce sont les dirigeants de ces entreprises, Paola Catania, Pasquale Fedele, André Fortin, Martin Daoust (Construction F. Catania), Rosaire Sauriol (Dessau), Daniel Gauthier (Plania, une filiale de Dessau) et Bernard Poulin (Groupe SM), qui ont été pointés mardi par un enquêteur de la commission Charbonneau, Érick Roy. S’ajoutent Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif, Bernard Trépanier, ex-responsable du financement au parti de l’ancien maire Gérald Tremblay, surnommé Monsieur 3 % pour la cote qu’il aurait réclamée sur les contrats municipaux, et Martial Fillion, l’ex-directeur général de la SHDM.
Or, ce sont les dirigeants de ces entreprises, Paola Catania, Pasquale Fedele, André Fortin, Martin Daoust (Construction F. Catania), Rosaire Sauriol (Dessau), Daniel Gauthier (Plania, une filiale de Dessau) et Bernard Poulin (Groupe SM), qui ont été pointés mardi par un enquêteur de la commission Charbonneau, Érick Roy. S’ajoutent Frank Zampino, l’ex-président du comité exécutif, Bernard Trépanier, ex-responsable du financement au parti de l’ancien maire Gérald Tremblay, surnommé Monsieur 3 % pour la cote qu’il aurait réclamée sur les contrats municipaux, et Martial Fillion, l’ex-directeur général de la SHDM.
MM. Catania, Fedele, Fortin, Daoust, Gauthier, Zampino, Trépanier et Fillion ont été arrêtés et accusés en mai dernier dans l’affaire du Faubourg Contrecœur.
Érick Roy, un ancien policier de l’escouade Marteau, a décrit les allées et venues de ces hommes au 357C. M. Roy et quatre autres enquêteurs de la commission se sont rendus au club privé le 26 octobre dernier. Cela faisait suite aux déclarations d’Elio Pagliarulo, un ancien ami intime de l’entrepreneur Paolo Catania. M. Pagliarulo a décrit le club 357C comme un lieu où se faisaient des livraisons d’argent comptant (notamment 100 000 $ à Frank Zampino).
M. Roy a précisé que ce n’est pas tout le monde qui avait accès au 357C ; seuls les membres et leurs invités peuvent s’y rendre.
Le policier a également présenté des rencontres impliquant les ingénieurs Michel Lalonde et René Séguin, du Groupe Séguin (aujourd’hui Génius), et Yves Théberge, de CIMA+. Les fonctionnaires Robert Marcil, ex-directeur de la voirie à Montréal (repêché par la suite par le Groupe SM), et l’ex-ingénieur municipal Luc Leclerc ont également profité d’une invitation d’un membre du 357C. Sur cette liste, il y a aussi l’ancien maire de l’arrondissement d’Outremont, Stéphane Harbour, et l’entrepreneur de Garnier Construction Joe Borsellino.
Au total, la liste comporte 118 noms de personnes toutes liées aux travaux de la commission Charbonneau. Parmi ces personnes se trouvent deux libéraux, dont un élu.
Ce fait a forcé la suspension du témoignage de M. Roy, car le Parti libéral du Québec a tenté d’obtenir une ordonnance de non-publication pour lui donner le temps de contacter les deux personnes concernées. La juge France Charbonneau a alors haussé le ton, sermonnant Me Michel Décary pour ne pas avoir été attentif lorsque la liste a été déposée le matin même, d’autant qu’une avocate représentant le PLQ est assise en permanence dans la salle d’audience. Me Décary, qui a justifié son absence, a qualifié d’« injustes » les propos de la présidente de la commission d’enquête.
Une solution mitoyenne a été trouvée, ce qui a permis la présentation de la première page de la liste mardi, alors que le reste suivra à compter de mercredi matin.
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Le 357C, un simple lieu de rendez-vous
Le club privé Le 357C, situé rue de la Commune dans le Vieux-Montréal, a offert sa pleine collaboration à la commission Charbonneau. Il a donné accès à l’ensemble de sa banque de données, constituée du nom de chacun de ses membres et de leurs invités, soit 6000 personnes, depuis 2004. La commission Charbonneau s’est intéressée à seulement 118 d’entre elles, soit celles qui ont un lien avec le mandat de la commission. Le procureur en chef adjoint, Me Denis Gallant, a beaucoup insisté sur le fait que le 357C n’était absolument pas visé par les enquêtes de la commission et n’était qu’un lieu de rendez-vous. Le 357C a publié un communiqué de presse. « Il serait malheureux et inacceptable que les actions d’une très petite minorité des clients du 357C aient un impact négatif sur l’image du club et de ses membres », indique-t-on. Le club privé souligne que ses règlements précisent qu’il « collaborera entièrement avec tout corps judiciaire légitime s’il y a enquête sur un des membres ».
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Le 357C, un simple lieu de rendez-vous
Le club privé Le 357C, situé rue de la Commune dans le Vieux-Montréal, a offert sa pleine collaboration à la commission Charbonneau. Il a donné accès à l’ensemble de sa banque de données, constituée du nom de chacun de ses membres et de leurs invités, soit 6000 personnes, depuis 2004. La commission Charbonneau s’est intéressée à seulement 118 d’entre elles, soit celles qui ont un lien avec le mandat de la commission. Le procureur en chef adjoint, Me Denis Gallant, a beaucoup insisté sur le fait que le 357C n’était absolument pas visé par les enquêtes de la commission et n’était qu’un lieu de rendez-vous. Le 357C a publié un communiqué de presse. « Il serait malheureux et inacceptable que les actions d’une très petite minorité des clients du 357C aient un impact négatif sur l’image du club et de ses membres », indique-t-on. Le club privé souligne que ses règlements précisent qu’il « collaborera entièrement avec tout corps judiciaire légitime s’il y a enquête sur un des membres ».










