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    Le train est en gare

    23 novembre 2012 |Lise Payette | Québec

    C’est un nouveau départ auquel nous avons assisté mardi après-midi en direct du Salon bleu. Un départ un peu sur les chapeaux de roues, mais avec plein de bonnes idées qui nous permettront peut-être de nous en sortir. C’est dur d’accepter le fait que les libéraux avaient vraiment perdu tout contact avec la réalité et avaient plongé le Québec dans un véritable précipice d’endettement dont nous n’aurions plus jamais vu la fin. Vivre selon ses moyens a toujours meilleur goût.


    Sauf que la plus grande découverte de cette semaine n’est peut-être pas le contenu du budget présenté, mais le calme et l’assurance du nouveau ministre des Finances, qui, les pieds bien solides dans ses nouvelles chaussures, a présenté le résultat de ses travaux des deux derniers mois avec un sens des responsabilités digne des ministres aguerris et remplis d’expérience. Nicolas Marceau, le député assez effacé qu’on avait à peine appris à connaître sur les banquettes de l’opposition, se révélait un homme sûr de lui et confiant en ses capacités de trouver des solutions à tous les problèmes dont il a hérité. Il n’a jamais cédé à l’enflure verbale et il a parlé clairement et simplement pour être bien compris. Pas d’effet de toge. Juste la réalité dans ce qu’elle a de plus réel.


    Pas de spectacle avec lui. Des chiffres, des faits et une ouverture qui permet de penser qu’il est accessible et disposé à écouter. Une vraie découverte.


    Tout ça pour vous dire qu’après seulement quelques minutes je me suis mise à aimer cet homme d’amour. Pas comme une gamine, n’exagérons rien, mais comme une contribuable convaincue que le Québec, s’il était toujours bien administré, ne serait pas une province pauvre, mais un pays qu’on citerait en exemple.


    La commission Charbonneau continue son cours universitaire en corruption, élevée à un niveau jamais soupçonné. Elle nous permet d’évaluer jusqu’à quel point on nous a dépouillés non seulement de sommes fabuleuses qui nous appartenaient, mais également de notre sens de la droiture et de nos valeurs de base comme société. Il nous restera une connaissance des moyens employés et un sens de la vigilance que nous n’avions jamais eus. Tant mieux. Nous serons toujours les meilleurs gardiens de nos biens communs. Il n’est pas temps de détourner les yeux. Il faut au contraire tout retenir pour rester les gardiens de l’avenir collectif.


    Et c’est là où la volonté exprimée par Nicolas Marceau me rassure. Pas question pour lui de faire comme si tout allait bien et qu’on pouvait déjà passer à autre chose. Il est déterminé à voir le bout du bout de toutes ces magouilles et à retrouver le sens d’une administration qui garde le sens de l’honneur et de la justice.


    Nicolas Marceau a rejoint cette semaine mon palmarès personnel des membres du nouveau gouvernement. J’avais déjà placé en numéro un le ministre des Affaires municipales, monsieur Gaudreault, qui a été lancé dans l’eau glacée dès sa nomination avec les ÉNORMES problèmes de Montréal et de Laval. Surtout que j’avais souri lors de sa nomination en pensant que madame Marois faisait une grave erreur de distribution de rôles. Je m’en excuse aujourd’hui, car cet homme a fait preuve d’une compréhension des dossiers pourris qu’il recevait en cadeau de noces et s’est acquitté de ses tâches avec une maturité étonnante et une patience juste assez modérée pour faire le ménage sans tout casser. Il est une bénédiction dans les circonstances.


    Mon numéro trois est le ministre de l’Environnement, qui en est un vrai malade, de l’environnement, pour une fois. Il parle fort, peut frapper fort et il ne se laissera jamais tasser dans un coin. Je les aime comme ça dans ces dossiers si importants où se joue notre avenir.


    D’ici Noël, j’aurai sans doute fait le tour de tous les autres et je ferai ma liste pour le père Noël. Les cadeaux seront minces cette année, car monsieur Marceau a pris bien soin de passer avant le père Noël. Il a eu raison.


    Surtout que le père Noël était au pouvoir au Québec depuis 2003 et qu’il avait pris la mauvaise habitude de donner ses cadeaux non pas aux plus sages ou aux plus méritants, mais plutôt à ceux qui laissaient du lait et des biscuits pour que le père Noël s’en mette plein la bedaine même s’il n’en laissait jamais pour ceux qui avaient vraiment faim.


    Ce temps-là est fini. Il était temps. À quelques semaines de Noël, c’est bon de penser que le gros bonhomme Noël a pris sa retraite et que le jeune Marceau a bien l’intention de se refaire une route qui lui permettra sans aucun doute une meilleure distribution de ses cadeaux. ALL ABOARD ! Le train est en gare. Si nous montons tous, nous retrouverons des amis et des cadeaux que nous n’attendions plus.

     
     
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