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    Le premier budget Marceau - La rigueur pour plaire aux marchés

    21 novembre 2012 |Robert Dutrisac | Québec
    Le budget présenté mardi par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, fera en sorte que le gouvernement Marois fera diminuer le poids de la dette du Québec par rapport à son PIB plus rapidement que ne l’avaient planifié les libéraux.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le budget présenté mardi par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, fera en sorte que le gouvernement Marois fera diminuer le poids de la dette du Québec par rapport à son PIB plus rapidement que ne l’avaient planifié les libéraux.











    Le Budget Marceau
    en un coup d'œil
    Le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a présenté un budget ascétique, carburant aux compressions et destiné à amadouer les marchés financiers.

    «Ce budget vise d’abord et avant tout à redresser nos finances publiques en équilibrant le budget et en réduisant le poids de notre dette », a déclaré Nicolas Marceau dans son discours du budget prononcé mardi à l’Assemblée nationale. Le ministre n’a pas manqué d’égratigner les libéraux. « En ce qui a trait aux finances, notre principal défi consiste à reprendre le contrôle des dépenses, l’ancien gouvernement ayant abandonné tout sens des responsabilités à cet égard».

    Dans son message, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, donne le ton, s’accordant la responsabilité de l’atteinte du déficit zéro en 2013-2014. « Le premier budget de dépenses de notre gouvernement constitue la pierre angulaire de sa stratégie de retour à l’équilibre budgétaire », affirme-t-il, ajoutant que la « situation actuelle exige un coup de barre important ».


    Se soldant par l’équilibre budgétaire, le budget 2013-2014 affiche des revenus et des dépenses de 72,8 milliards. La croissance des dépenses de programmes est limitée à un maigre 1,8 %, ce qui se traduit par une augmentation de 4,8 % pour la santé, 2,7 % pour l’enseignement supérieur, 2,2 % pour l’éducation, 3,2 % pour la famille, alors que les autres ministères font face à des compressions de 0,9 % en moyenne. La culture fait exception : elle a droit à une hausse de 2,1 % de ses dépenses, une augmentation qui ne servira toutefois qu’à éponger des frais accrus à la Maison symphonique de Montréal.


    Pour l’année en cours, le déficit courant s’élèvera comme prévu à 1,5 milliard, mais il sera alourdi d’une charge de 1,8 milliard liée à la fermeture de la centrale Gentilly-2. Afin de se permettre cet écart, le gouvernement devra donc modifier la Loi sur l’équilibre budgétaire pour 2012-2013. « Ce n’est pas parce qu’une bonne décision économique a un impact comptable qu’elle ne doit pas être prise », a plaidé Nicolas Marceau.


    Le régime minceur frappera non seulement les ministères, mais les sociétés d’État aussi. Hydro-Québec, qui compte 22 500 employés, abolira 2000 postes par attrition, pour une économie annuelle de 225 millions. Mais pour que cette économie reste dans les coffres d’Hydro-Québec et ne soit pas refilée aux consommateurs sous forme d’une baisse des tarifs d’électricité, la Loi sur la Régie de l’énergie sera modifiée.


    Réduire la dette plus rapidement


    Lançant un message aux marchés financiers, le gouvernement Marois entend diminuer le poids de la dette du Québec par rapport à son Produit intérieur brut (PIB) plus rapidement que ne l’avait planifié le gouvernement libéral. Au lieu de liquider le Fonds des générations, comme Pauline Marois s’y était engagée lors de la campagne électorale, le budget lui assure de nouveaux apports. Le gouvernement Marois annule bel et bien la hausse de 1 cent le kilowattheure du tarif patrimonial d’électricité, qui devait générer 1,9 milliard en cinq ans. Mais, en revanche, il indexe ce tarif, récupérant ainsi 575 millions pendant la même période. Certes, pour la forme, Nicolas Marceau applique directement à la dette un milliard des 4,3 milliards contenus dans le Fonds des générations, mais on l’alimente de nouvelles sommes : l’indexation du tarif patrimonial, les économies de 215 millions que réalisera Hydro-Québec en n’exploitant pas Gentilly-2, la totalité des redevances minières de 325 millions et l’augmentation de la taxe sur l’alcool de 100 millions décrétée dans le présent budget.


    Afin de réduire la dette plus avant, Nicolas Marceau a annoncé qu’il diminuait de 1,5 milliard les investissements annuels en infrastructures pour les fixer à 9,5 milliards par an en moyenne pour les cinq prochaines années. En cinq ans, la dette sera moindre de 3,4 milliards par rapport au plan du gouvernement Charest.


    Nicolas Marceau a également tenu à rassurer les milieux financiers sur l’indépendance de la Caisse de dépôt et placement du Québec. « Il n’est pas question que le gouvernement s’immisce dans la gestion quotidienne de cette grande institution ou dans ses choix d’investissements », a-t-il affirmé. Le ministre s’est dit satisfait des nouvelles orientations de la Caisse, qui accordent plus d’importance à son portefeuille québécois.


    Autre manifestation de l’austérité du budget : le coût des rares initiatives nouvelles est famélique. Ainsi, les nouvelles mesures annoncées au budget ne coûteront que 68 millions en 2013-2014 et 54 millions l’année suivante. C’est quatre fois moins que le dernier budget Bachand.


    Quant au relèvement des redevances sur les ressources naturelles promis en campagne électorale, le gouvernement met la pédale douce et consultera l’industrie. « Nous voulons faire ces changements de façon ordonnée et responsable pour assurer la stabilité du secteur minier », a dit le ministre.


    Évidemment, le budget Marceau comprend la nouvelle contribution santé, dont le poids est réduit pour trois millions de contribuables québécois. C’est une mesure à coût nul puisque les 400 millions qui y sont consacrés sont financés par une hausse équivalente du fardeau fiscal des contribuables qui gagnent 100 000 $ par an et plus.


    En matière économique, Nicolas Marceau a confirmé la mise sur pied de la Banque de développement économique du Québec, qui gérera, notamment, un fonds de 500 millions par an réservé au développement régional. En outre, le ministre ressort une vieille mesure qui a fait les beaux jours de Bernard Landry : un congé fiscal de dix ans pour les grands projets d’investissement d’au moins 300 millions. De plus, il prolonge le crédit d’impôt pour l’achat de machinerie.


    Unanimement contre


    Tous les partis d’opposition se sont prononcés contre le budget. Le chef libéral intérimaire Jean-Marc Fournier a affirmé que le gouvernement était « en sursis » le temps que le gouvernement produise le livre des crédits. Mardi, le président du Conseil du trésor n’a présenté qu’une vue d’ensemble sans détailler les compressions à venir. Pour la suite des choses, « un vote de confiance pourrait être pris à tout moment », a prévenu Jean-Marc Fournier. Mais il n’est pas question de défaire le gouvernement dans les 100 jours suivant les élections, laissant entendre que bien des libéraux se transformeront en courant d’air le jour du vote sur le budget au début de décembre.


    Le porte-parole en matière de finances, Raymond Bachand, avait plus tôt évoqué l’idée d’une coalition des libéraux et des caquistes. « Est-ce qu’on renverse le gouvernement ? C’est une question qui se pose », avait-il dit.


    Mais la réponse du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a fait l’effet d’une douche froide. « Avec ce qu’on a vu dans le rapport de SECOR [sur l’explosion des coûts des projets d’infrastructures] vendredi dernier, les libéraux devraient se promener avec des sacs bruns sur la tête. On ne veut pas danser avec des gens qui ont les mains sales », a-t-il lancé.


    Pour Québec solidaire, il s’agit d’un « budget des espoirs déçus ». Le Parti québécois est le « parti du déficit zéro à tout prix », a déploré Françoise David. « Le budget répond de toute évidence aux commandes des agences de cotation comme Moody’s et aux incantations des chambres de commerce. »

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