Grève étudiante: des groupes demandent une enquête sur le travail des policiers

Manifestation étudiante lors du mois de mai dernier.<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Manifestation étudiante lors du mois de mai dernier.

Plus d'une cinquantaine d'organisations avec, à leur tête, la Ligue des droits et libertés et les trois grandes associations étudiantes, réclament à nouveau une commission publique d'enquête indépendante sur les opérations policières durant la grève étudiante.

Le regroupement estime que la grève a donné lieu, selon son expression, à l'une «des plus grandes vagues de répression policière de l'histoire du Québec» pour laquelle les policiers n'ont, jusqu'ici, pas eu de comptes à rendre.

Les organisations espèrent que le gouvernement péquiste, dont des membres ont réclamé une telle enquête lorsqu'ils étaient dans l'opposition, donnera suite à cette demande maintenant qu'ils sont au pouvoir.

Le regroupement — en grande majorité des syndicats dont plusieurs représentent des enseignants et des groupes communautaires — affirme qu'il est inadmissible que des citoyens ne puissent manifester en toute liberté sans craindre d'être victimes d'une répression qu'ils estiment brutale et injustifiée.

Il fait valoir que les manifestations étudiantes se sont soldées par plusieurs blessures graves, des arrestations arbitraires, des conditions de détention et de libération inacceptables, autant d'atteintes à des droits pourtant reconnus dans les chartes.

Les objectifs d'une telle enquête publique sont, notamment, de mettre un terme à l'impunité policière, de faire la lumière sur le rôle joué par les politiciens en lien avec les violations des droits de la personne et de permettre aux victimes de ces violations de droit d'obtenir réparation.

Ultimement, les organisations souhaitent la création d'une instance civile indépendante de surveillance des opérations policières.

12 commentaires
  • Loïc Sacilotto - Inscrit 13 novembre 2012 16 h 04

    La lutte continue - l'État de droit se gagne par une vigilance constante

    Tout d'abord bravo aux organisations qui ont la pertinence de continuer un combat qui ne s'arrête pas aux revendications sociales essentielles du printemps érable ! La lutte pour un véritable État de droit au Québec ou ailleurs, est une condition de la démocratie, si nous souhaitons encore donner du sens à cette notion... Et cette lutte doit être constante et sans relâche. Oui nous avons gagné le combat contre la hausse malgré un pouvoir exécutif sourd et incapable de se se hisser au niveau de ses millions de concitoyens détracteurs... Oui les casseroles ont eu raison de la survie de ce gouvernement autoritaire et régressif... On attend maintenant avec impatience la lumière sur la gestion politique et institutionnelle désastreuse d'une des crises sociales les plus profondes des 50 dernières années. Les responsables doivent impérativement rendre des comptes pour le coût social, légal, financier, matériel et moral exorbitant de la gestion de cette crise. On attend donc l'actuel gouvernement au tournant, celui que nous avons élu, dans un contexte plus que jamais propice au jugement collectif des mauvaises pratiques !!! À quand une commission Charbonneau sur la gestion politique du Printemps érable ??

    • Michel Richard - Inscrit 13 novembre 2012 16 h 57

      Dans un état de droit, les étudiants se plient aux lois du gouvernement et aux injonctions des tribunaux.
      Ils peuvent voter et faire de changer de gouvernement, et faire changer les lois. Mais pendant que les lois sont en vigueur, il faut les respecter.

      Ceci étant dit, il est bien sûr qu'il y a eu des dérapages du côté des forces policières - le fait que leur travail n'était sans doute pas facile n'est pas une excuse. Faudrait trouver une façon efficace de mettre les erreurs en évidence de s'organiser pour pas que ça se reproduise.

    • Loïc Sacilotto - Inscrit 13 novembre 2012 18 h 18

      Dans un État de droit, le pouvoir respecte le droit de grève des étudiants, ce qu'on leur a habilement dénié tout au long du conflit car ils ne sont pas des travailleurs... Dans un État de droit, la loi ne doit pas être instrumentalisée à volonté par les législateurs pour servir les intérêts politiques à court terme d'un exécutif acculé. Et dans un État de droit, le passage en force d'une loi liberticide et illégitime (loi 78) est une raison éminemment suffisante pour engager une désobéissance civile. Lorsque la légalité et la légitimité ne vont pas de pair, la citoyennté collective éclairée prend le relais pour faire valoir le bon sens. C'est le bel exemple que nous a donné la population tambourinant sur ses casseroles pour démontrer la stupidité d'une loi inaplicable et très rarement appliquée et pour faire revenir le bon sens. Non Monsieur, la loi ne se suffit pas à elle même et le droit n'est pas un bloc monolithique, ni du côté de ceux et celles qui en détiennent les rênes, ni du côté du peuple. On en veut pour preuve la poursuite légale et surtout politique de GND à qui l'on veut faire payer son rôle historique dans l'issu du mouvement. Totalement d'accord avec la deuxième partie de vos propos.

  • Lydia Anfossi - Inscrite 13 novembre 2012 19 h 02

    Ça demande une enquête en effet!

    Une enquête et pas que sur des policiers mais sur le gouvernement aussi! Il a agit de façon complètement irresponsable, violent et anti-démocratique.
    La loi 78 doit aussi être déclarée illégale.

  • Jean Naimard - Inscrit 13 novembre 2012 19 h 43

    Dans un état de droit…

    Dans un état de droit, les injonctions ne sont pas accordées pour des motifs politiques, et les juges qui les appliquent le font sans motivation politique.

    • Loïc Sacilotto - Inscrit 13 novembre 2012 21 h 14

      Vous êtes en droit de le penser !

    • Loïc Sacilotto - Inscrit 13 novembre 2012 21 h 41

      ... j'aurais plutôt tendance à penser que la fonction de juge ne se limite pas à appliquer à la lettre le code pénal. Si c'était le cas, on aurait pas besoin de s'encombrer d'un ministère de la justice; la police suffirait amplement. On demande au juge plutôt un travail d'interprétation de la loi afin que le jugement rendu soit au plus proche des intérêts de la société qu'il défend toujours ultimement, et soit aussi suffisament juste au plan de la dimension pédagogique de la sanction. Le/la juge n'est pas un robot dénué de valeurs, convictions et d'idéaux, autant d'éléments qu'on retrouve dans le sens donnés à ses jugements. Au delà des cas singuliers sur lesquels il statue, le jugement est aussi un message envoyé à la société. C'est pourquoi certains juges sont considérés particulièrement conservateurs, d'autres plus progressistes, certains autres laxistes, d'autres encore acquis à la cause des puissants, etc. Les motivations qu'elles soient politiques, idéologiques, morales ou éthiques, ressortent toujours des jugements rendus. L'interprétation qui est à la base d'une décision juridique n'est pas une science exacte, mais reste une construction très humaine... Sans parler des collusions tout à fait concevables entre les cercles politiques et juridiques... mais cela est du domaine de l'imagination ;)

  • Leclerc Éric - Inscrit 13 novembre 2012 21 h 31

    Pauline Marois va vouloir tourner la page au plus vite!

    La CLASSE s'est dissoute, les étudiants ont obtenus ce qu'ils voulaient (gel des droits de scolarité, pour la gratuité ce sera autre chose) et le ministre de l'enseignement supérieur, de la science et de la technologie qui a fait parvenir une lettre au conseil supérieur de l'éducatio pour confirmer que son gouvernment allait geler les droits de scolarité pour une autre année. Je ne crois pas que Pauline Marois voudra déclencher une enquête publique pour revenir sur le passé. Car après avoir ordonné à son nouveau ministre de l'enseignement supérieur d'annuler la hausse des droits de scolarité et de convoquer un sommet sur l'éducation supérieur pour dialoguer d'une éventuelle hausse des coûts de l'enseignement, elle attendra d'avoir une copie officielle du résultat des décisions approuvées pour agir. Si les policiers ont trop "forcé" avec les étudiants autant à Montréal, Victoriaville ou devant le parlement tout le blâme revient à l'ancien gouvernement et l'ex-ministre de l'éducation avec la bénédiction de Jean Charest.... ouf! il est parti!

  • Marc André Lapalice - Inscrit 13 novembre 2012 22 h 31

    J'ai de la difficulté avec ce modèle d'une « démocratie » où on consulte la population q'une fois tous les cinq ans. Sans compter que le droit de vote est ramené à un exercice individuel. On « médite » seul dans l'isoloir et, surtout, pas question de parler politique avec les gens autour de nous (on peut pas discuter sans se chicaner...).

    Le juridique n'aurait pas dû intervenir dans ce conflit qui est politique. Ça empêche qu'un débat collectif ait lieu. À la base, il aurait fallu que le gouvernement au pouvoir, sachant le statut problématique de la question de l'éducation postsecondaire au Québec, mette en place un espace de discussion (des États généraux, par exemple). C'est ce qu'un gouvernement réellement préoccupé par le bien commun, par la diversité d'opinions et ultimement par la démocratie, aurait fait. Émettre une thèse, entendre l'anti (ou les l'antithèses) et favoriser une synthèse (dans une logique dialectique, si vous voulez). Mais le fonctionnement du système politique québécois est calqué (pour ne pas dire contaminé) par celui du marché (tel que conçu dans nos sociétés capitalistes). Les partis politiques, qui fonctionnent comme des entreprises, se conçoivent les uns, les autres comme des concurrents. Ils sont esclaves des intérêts de leurs donateurs, qui sont en fait de véritables actionnaires. Mais cette logique n'a pas lieu d'être. Le gouvernement devrait concevoir l'opposition (ou les oppositions) comme une bénédiction, celle de la possibilité d'un regard critique sur ses politiques, et donc la possibilité d'améliorer celles-ci dans la perspective du bien commun. L'Université elle-même, devrait être conçue et entretenue comme un lieu de questionnement inconditionnel (voir Derrida), à l'abri du politique, car essentiel à l'exercice « démocratique » de celui-ci.