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    Nomination des «vice-rois» - Vices monarchiques

    12 novembre 2012 |Antoine Robitaille | Québec
    Les « vice-mensonges », voilà comment on pourrait qualifier deux affirmations du ministre Alexandre Cloutier, faites la semaine dernière, au sujet du processus de nomination du lieutenant-gouverneur (LG). Le gouvernement Harper a bel et bien créé un Comité permanent « sur les nominations vice-royales », mais, contrairement à ce qu’a soutenu M. Cloutier, celui-ci demeure « consultatif ».

    Pas de changement constitutionnel ici dans la manière de nommer les chefs d’État provinciaux. Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes a aussi prétendu que la dénomination allait être changée : il faudrait désormais parler du « vice-roi » et non plus du « lieutenant-gouverneur ». Faux encore. Il suffit de lire le communiqué fédéral pour le constater, on fait mention « des gouverneurs généraux, des lieutenants-gouverneurs et des commissaires territoriaux ». Tous effectivement des « vice-rois », un synonyme utilisé depuis des lunes pour parler de ces représentants du souverain britannique. Ce qui nous rappelle un fait que nous voudrions oblitérer : nous vivons en monarchie. Il n’était pas nécessaire que le ministre péquiste torde ainsi les faits pour mettre en relief une autre innovation du gouvernement Harper visant à revaloriser cet aspect royal de l’ADN du régime politique canadien.


    Le Parti québécois, on le sait, y voit un vice monarchique et réclame depuis des décennies l’abolition du poste du lieutenant-gouverneur, auquel les Québécois ne sont pas attachés, surtout depuis les frasques de l’inénarrable Lise Thibault. Dire qu’avant le verrou constitutionnel imposé en 1982, le Québec aurait pu - feu le juriste André Patry l’avait suggéré - se donner un président honoraire (Marc Chevrier le rappelle dans son essai La République québécoise, Boréal). L’occasion fut ratée. Difficile désormais de faire évoluer le régime. C’est un thème dont les libéraux ne veulent plus parler et à propos duquel la CAQ préfère « se mettre la tête dans l’autruche ».


    Le PQ propose que ce soit l’Assemblée nationale qui désigne le LG. L’idée a quelque chose de quasi subversif. Elle contrecarrerait un des traits monarchiques de notre régime : cette capacité des premiers ministres - héritée du souverain - de nommer toutes les personnes-clés de l’État. Pour désigner le chef d’État du Québec, l’Assemblée nationale constitue assurément un « comité consultatif » plus légitime que celui forgé par le gouvernement Harper et présidé par le « secrétaire canadien de Sa Majesté la Reine ». Québec ne devrait toutefois pas s’arrêter là et accepter de renoncer à certains des vices monarchiques qu’il aime bien. C’est l’Assemblée nationale qui devrait désigner des personnages autrement moins symboliques et plus déterminants que le LG : le Directeur des poursuites criminelles et pénales et le Directeur général de la Sûreté du Québec. Entre autres.

     
     
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