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    Budget - Un plan crédible

    12 novembre 2012 | Jean-Robert Sansfaçon | Québec
    La première ministre Pauline Marois a lancé, samedi, un appel aux partis d’opposition pour qu’ils appuient le budget qui sera présenté dans huit jours en pensant d’abord « à la prochaine génération ». Encore faudra-t-il que ce budget nous projette plus loin devant que ne le faisait le cadre financier rose bonbon de la dernière campagne électorale.

    Ce n’est pas de gaieté de coeur que le ministre des Finances, M. Nicolas Marceau, présentera un budget à peine deux mois après avoir été nommé à ce poste. Il y est forcé par la conjoncture financière difficile et par la faible probabilité d’être renversé cet automne.


    Coincé entre l’engagement de revenir au déficit zéro dès la fin du prochain exercice et celui de geler ou même de réduire les tarifs et les impôts de la classe moyenne, le gouvernement devra faire des miracles. D’abord cette année, puis chaque année par la suite : gel des frais de garde, mais ajout de 15 000 nouvelles places en CPE ; annulation de la taxe santé, mais augmentation des services à domicile ; gel des droits de scolarité, mais embauche de 600 professionnels dans les écoles ; mise à niveau des seuils d’admissibilité à l’aide juridique, construction de 3000 logements sociaux par année… Tout cela en maintenant la croissance des dépenses à 2,4 % en moyenne, mais à seulement 2 % cette année malgré le trou de 1,6 milliard creusé par les libéraux en fin de mandat.


    Déjà, avant même la préparation du budget, M. Marceau a dû ajuster le tir au sujet de la taxe santé qui ne disparaîtra pas. De même pour les deux nouveaux seuils d’impôt envisagés de 130 000 $ et de 150 000 $ qui seront fondus en un seul de 100 000 $ touchant plus de contribuables, mais moins pénalisant pour les mieux nantis. Moins à gauche le PQ, une fois élu, ou plus pragmatique ?


    En présentant son budget dès cet automne, M. Marceau devance de quelques mois l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures dans l’espoir de ne pas dépasser le 1,5 milliard de déficit maximum prévu pour l’année en cours par le précédent gouvernement.


    Or, même en abandonnant deux promesses électorales majeures avant même de présenter un premier budget, le gouvernement est conscient qu’il lui faut d’ores et déjà mettre les bouchées doubles pour comprimer ses dépenses, puis garder le couvercle hermétiquement fermé par la suite.


    La plus grande faiblesse du cadre financier présenté par le Parti québécois lors de la dernière campagne électorale tenait à son absence de réalisme à plus long terme, sur un horizon de trois à sept ans.


    À titre d’exemple, au chapitre des revenus rien n’assure que l’augmentation des redevances minières rapportera les millions annoncés sur une base constante, compte tenu des cycles sévères auxquels le secteur est confronté.


    De même, en annulant la hausse des droits de scolarité et celle des tarifs d’électricité prévue pour 2014, le gouvernement se prive de centaines de millions par année. De bonnes décisions compte tenu du climat social dans le premier cas et des excédents d’électricité produite par Hydro-Québec dans le second, mais de quelle façon ce gouvernement entend-il combler le gouffre que la hausse des coûts de la santé et la chute des transferts fédéraux ne manqueront pas de creuser ?


    Le ministre Nicolas Marceau doit apporter des réponses beaucoup plus crédibles à ces questions qu’il ne le faisait dans son cadre financier électoral.

     
     
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