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Jean Charest administre une douche froide à Gérald Tremblay - Oubliez 2004!

Jeanne Corriveau , Tommy Chouinard   18 septembre 2003  Québec
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, donnait une conférence de presse en début d’après-midi hier pour dire que la seule façon de sauver le Grand Prix de Montréal en 2004 était que les gouvernements acceptent une modification législative. Que
Photo : Jacques Nadeau
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, donnait une conférence de presse en début d’après-midi hier pour dire que la seule façon de sauver le Grand Prix de Montréal en 2004 était que les gouvernements acceptent une modification législative. Que
L'édition 2004 du Grand Prix de Formule 1 de Montréal n'a que peu de chances d'avoir lieu. Le premier ministre Jean Charest n'y croit plus et refuse de modifier la loi québécoise antitabac pour permettre sa tenue, au grand dam du maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Le premier ministre Jean Charest jette l'éponge quant à la tenue du Grand Prix du Canada à Montréal en 2004. Il refuse catégoriquement de modifier la loi québécoise antitabac qui empêche les manufacturiers de cigarettes de commanditer un événement sportif.

«Les probabilités que [l'édition 2004] se réalise sont très minces. [...] On a fait tous les efforts nécessaires pour que ce Grand Prix puisse se réaliser», a admis le premier ministre, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue hier à l'Université Laval de Québec.

Une levée des dispositions de la loi antitabac, même pour une courte période de temps, est totalement exclue par Québec. «Il n'est pas question pour nous d'ouvrir nos lois», a-t-il assuré.

À Ottawa pourtant, on travaille sur un tel scénario. Ainsi, une source proche du ministre responsable du Québec, Martin Cauchon, a confirmé que des hauts fonctionnaires fédéraux examinaient actuellement la faisabilité de suspendre, pendant trois jours, l'application de la loi antitabac sur le circuit Gilles-Villeneuve. Mais ce n'est qu'une option parmi d'autres, a-t-on nuancé

Pour sa part, Jean Charest garde espoir d'assister à un retour du Grand Prix à Montréal pour l'édition 2005 et les suivantes. «On a fait des démarches qui visaient non seulement 2004 mais l'avenir, a-t-il souligné. On veut aussi faire en sorte que le Grand Prix puisse se tenir à Montréal après 2004. [Bernie Ecclestone, patron de Formula One Management] a une entente avec les constructeurs qui va se terminer dans quelques années. Après, on veut récupérer Montréal. Pour l'avenir, on a de réels espoirs», a-t-il souligné.

Le premier ministre estime que les efforts consentis pour conserver le Grand Prix en 2004 ont été vains. «Tous ceux qui ont suivi cette affaire-là savent à quel point tous les paliers de gouvernement se sont concertés. On a mis beaucoup d'énergie là-dedans. Mais on est dans un scénario où ce sont des décisions prises à l'extérieur, pour des raisons qui ne sont toujours pas claires. C'est un élément qui m'a agacé beaucoup dans ce dossier-là», a-t-il dit. Jean Charest regrette également la perte des retombées économiques de 75 millions de dollars pour Montréal.

De son côté, le maire Gérald Tremblay est convaincu que, si Montréal perd le Grand Prix de 2004, il lui sera très difficile de récupérer l'épreuve pour les années suivantes. Permettre un accroc aux lois antitabac constitue, selon lui, la seule issue envisageable pour sauver le Grand Prix.

Il a d'ailleurs adressé hier une lettre aux premiers ministres provincial et fédéral afin qu'ils apportent des modifications législatives qui permettraient la publicité de cigarettiers sur les voitures, les combinaisons des pilotes et celles du personnel des écuries pour les trois jours du Grand Prix. «Je n'ai jamais fumé de ma vie et je suis sûrement une des personnes les plus intolérantes à la fumée autour de moi et des plus conscientes de l'impact de la cigarette sur la santé. J'en suis arrivé, après tous les efforts que nous avons faits, à la conclusion que, sans une modification législative, nous allons perdre notre Grand Prix», a expliqué le maire hier, lors d'une conférence de presse.

Sans Grand Prix, les téléspectateurs québécois et canadiens continueront de voir les logos des compagnies de tabac lors de la diffusion des courses à la télévision, a-t-il ajouté. «Pourquoi se ferait-on hara-kiri à Montréal, au Québec et au Canada alors que d'autres pays ont décidé d'harmoniser leurs législations pour permettre la tenue de Grands Prix, notamment en Belgique et à Melbourne?», s'est demandé le maire.

Selon lui, il est justifié de faire une exception pour la Formule 1, non seulement à cause de son caractère unique, mais également parce que c'est un «événement qui dépend, à l'international, encore trop de la publicité sur le tabac, alors que les autres événements qui se tiennent à Montréal, notamment les festivals, ont trouvé des façons de diversifier leurs sources de revenus et ne sont plus dépendants, d'aucune façon, de la cigarette», a-t-il précisé.

Les déclarations à Québec du premier ministre Charest, survenues peu après la conférence de presse de Gérald Tremblay, ont été accueillies avec déception au cabinet du maire. L'attachée de presse de M. Tremblay, Christiane Miville-Deschênes, a toutefois précisé qu'il faudrait attendre la réponse d'Ottawa avant d'émettre d'autres commentaires.

Avec la Presse canadienne






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