La médecine à deux vitesses inquiète Québec

« Il faut que ce soit la carte d’assurance maladie et la priorité clinique qui déterminent l’accès au système de santé et non pas ce qu’on a dans ses poches ou dans son compte en banque », affirme le ministre de la Santé, Réjean Hébert.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir « Il faut que ce soit la carte d’assurance maladie et la priorité clinique qui déterminent l’accès au système de santé et non pas ce qu’on a dans ses poches ou dans son compte en banque », affirme le ministre de la Santé, Réjean Hébert.

Québec — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, reconnaît que la médecine à deux vitesses est un problème qui a pris de l’ampleur au Québec en raison des insuffisances du système public de santé.

« Il y a un problème, je pense, de médecine à deux vitesses au Québec. Effectivement, il y a des gens qui, avec leur carte de crédit, peuvent avoir accès plus rapidement au système de santé », a affirmé mardi le Dr Réjean Hébert avant de participer au caucus des députés péquistes. « C’est inacceptable. On s’est donné un système de santé universel. Il faut que ce soit la carte d’assurance maladie et la priorité clinique qui déterminent l’accès au système de santé et non pas ce qu’on a dans ses poches ou dans son compte en banque. »


L’essor de la médecine à deux vitesses au Québec est causé par « les déficiences du système public », a-t-il souligné. Pour améliorer l’accès aux soins de première ligne, à la radiologie ou à certains examens comme la coloscopie, « on va faire en sorte que le système public soit plus performant. On n’aura pas besoin de faire appel au secteur privé », a soutenu le ministre.


Réjean Hébert réagissait au dernier rapport de la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, qui constatait que la médecine à deux vitesses était un phénomène en croissance au Québec. Elle a observé que de plus en plus de Québécois qui détiennent une assurance privée ou qui ont des moyens suffisants « peuvent s’offrir des services plus rapides en clinique privée ». Les autres doivent subir les délais du système public de santé, « ce qui peut être au détriment de leur état de santé ». C’est une source d’iniquité, a-t-elle déploré.


Dimanche, Réjean Hébert a annoncé que le gouvernement Marois injectait 70 millions dans les groupes de médecine familiale dont 60 millions seront versés aux médecins pour qu’ils informatisent leurs dossiers patients. Amir Khadir, de Québec solidaire, estime que ces dépenses sont déjà comprises dans les honoraires des médecins qui pratiquent en clinique. Il juge qu’il vaudrait mieux investir dans le réseau des CLSC plutôt que dans les GMF pour améliorer l’accès aux soins de première ligne.

41 commentaires
  • Lydia Anfossi - Inscrite 7 novembre 2012 07 h 11

    Après le massacre des Libéraux!

    Ça prendra du temps pour refaire ce que les Libéraux ont laissé se détériorer pour faire en sorte qu'on réclame le privé!! Une stratégie qui a porté fruit car même ceux qui travaillent pour l'État vous offrent d'aller au privé ¨si vous ne voulez pas attendre¨ . C'était comme ça avec Charest, pas de débat , juste détruire .

    • Solange Bolduc - Abonnée 7 novembre 2012 10 h 08

      Attendez, Couillard n'est pas arrivé encore! Vous n'avez encore rien vu!

      On l'attend de pied ferme, cet autre politicien à tête carré!

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 7 novembre 2012 11 h 57

      Il est plus que temps que le PQ sabre dans les gestionnaires qui n'ont d'autres buts que de miner le système public au profit des amis au privé. C'est un scandale inouï. Comment expliquer qu'on a rénové les départements de l'Hôtel-Dieu au gand complet et à grands frais pour ensuite fermer un à un ces départements, alors que cet hôpital sera abandonné avec l'ouverture du CHUM ?

      Il y a collusion c'est certain.

    • Daniel Bérubé - Abonné 7 novembre 2012 17 h 31

      J'ai connu une personne travaillant dans un hopital régionnal, qui me disait qu'un jour, une peinture d'artiste fut faite sur un pan de mur complet d'une salle de l'hopital... quelques semaines plus tard, le dit mur était détruit pour des rénovations...

      Il m'était dit que la façon d'administrer dans les hopitaux était que les comptes des départements doivent être vide en fin d'année, sinon, il seront "coupé" l'année suivante ! Alors, si un certain montant risque d'être encore présent en fin d'année financière, il doit disparaître, c'est à dire qu'il doit être dépensé coûte que coûte: l'important est d'avoir des factures de dépenses couvrant le budget en entier, à ce moment il pourront avoir un montant équivalent, plus indexation éventuellement. C'est donc dire qu'un département ne peut se permettre aucune forme d'économie, sinon, il sera pénaliser...

      Logique gouvernementale du temps des années de vaches grasses, mais nous sommes sorti de cette période...

    • Marc-André Loyer - Inscrit 7 novembre 2012 19 h 41

      "Comment expliquer qu'on a rénové les départements de l'Hôtel-Dieu au gand complet et à grands frais pour ensuite fermer un à un ces départements, alors que cet hôpital sera abandonné avec l'ouverture du CHUM ?

      Il y a collusion c'est certain."

      C'est surtout qu'ils gèrent en cabochon et pour le très court terme, sans penser plus loin que la prochaine élection...

  • Eric Gagne - Inscrit 7 novembre 2012 07 h 17

    Et que fait-on de ceux qui n'ont pas médecin ?

    Facile de dire que c'est inacceptable mais ce n'est pas seulement une question d'accès à deux vitesses, c'est aussi une question d'accès tout court.

    J'utilise les services d'une clinique privée mais ce n'est pas par choix, c'est par obligation. Comme un million de Québécois, je n'ai pas de médecin de famille, pour moi c'est le privé ou rien.

  • Serge Grenier - Inscrit 7 novembre 2012 07 h 20

    Le sens du devoir

    Les gens qui sont plus riches méritent plus de responsabilités, pas plus de privilèges.

    • Solange Bolduc - Abonnée 7 novembre 2012 10 h 12

      De nos jours l'argent c'est le pouvoir ! Parlez-en aux corrompus de la Commission Charbonneau qui ne savent quoi faire de l'argent qu'ils reçoivent en cadeaux, mais ils ont la sensation d'avoir du pouvoir (dixit Leclerc)!

  • Lise Berniquez - Inscrite 7 novembre 2012 07 h 23

    À quand plus d'urgentologue/ urgentiste

    Un peu, pas mal, beaucoup?

    Beaucoup, je suis même extrêmement tannée (en bon québécois) d'entendre toujours la même histoire qui circule dans les nouvelles. Coudonc, la médecine au privée vous fait-elle des pressions? Faut-il copier le système américain fait pour les riches? Entrevoyez-vous déjà la fin de la classe moyenne qu'il faut implanter ce système pour baisser les services? C'est à croire que tout tourne autour de la solution du privée. Pourquoi ne pas se concentrer aux vrais solutions pour que le sytème de santé actuelle fonctionne?

    Les solutions - En autres, former des urgentologues ou urgentistes. Cela coûte moins cher à former et le résultat est formidable. Au moisn 40% des effectifs manquent. Trop de généraliste hyper formé qui ne serve pas les patients dans les cliniques.

    Un système de communication qui enverrait les patients là où le besoin de soigner est au lieu d'entasser tout le monde dans les urgences à attendre comme des ...malades.

    Cher journaliste, faites des entrevus avec le personnel des hopitaux et des cliniques, ils vont vous en donner des solutions. À quand la vrai enquête? Celui qui fera ceci aura la palme d'or, c'est certains, car tous attendent les solutions.

    Il n'y a aucune raison que l'on ne puisse faire fonctionner le système de santé avec une réorganisation des effectifs là où ils doivent être.

    • Marc-Étienne Beaudet - Inscrit 7 novembre 2012 22 h 45

      Un omnipraticien (généraliste) prend 7 ans à former (2-3 années sur les bancs d'école au pré-externat, 2 année comme externe et deux ans en tant que résident) et peux travailler à l'urgence. Vous pouvez ajouter à cela une année de spécialisation optionnelle pour certains de ces omnipraticiens (programme MU3) afin de perfectionner certaines compétences spécifiques à la médecine d'urgence. Les urgentistes ou urgentolgues ont quant à eux 5 ans de résidence (programme MU5) à faire en plus du tronc comme qu'est le pré-externat et l'externat. J'arrive mal à saisir votre solution à ce problème complexe et multidimensionnel.

    • Lise Berniquez - Inscrite 8 novembre 2012 07 h 13

      @ ME Beaudet . Aller voir le modèle de la France. Et de un, dans les hopitaux, la moyenne d'attente est de 1 1/2 hre. La population ne va que très rarement attendre dans les salles d'attente des hopitaux parce qu'ils sont prits en charge par le centre d'appel géré par des médecins et une équipe volante qui envoient les patients là où ils doivent aller; et si le besoin est de rencontrer un médecin, un médecin répond d'après sa disponibilité. L'équipe se déplace aux lieux où le besoin est, diagnostique et envoie le patient dans les unités soignantes, cardio etc.

      De deux, au niveau des études, c'est justement le problème ce que vous avez mentionné, pourquoi ce niveau si élevé d'étude? Ce sont les universités qui ne s'adaptent pas au besoin. Nous sommes prits dans une boucle. Repenser le système à chaque niveau pour la formation et former selon le besoin. C'est une chasse gardée le collège de médecine. C'est super nos généralistes et urgentistes sont hyper bien formé avec une reconnaissance mondiale mais à quoi ça sert? Le niveau est trop élevé nos médecins généralistes sont des spécialistes maintenant et il en va de même avec les urgentologues. Il faut bâtir plusieurs niveaux. Enfin, je ne suis pas spécialiste dans la formation, loin de là, mais il est clair pour moi qu'il y a des modèles ailleurs qui répondent hyper bien au besoin et c'est là où il faut aller.

  • Pierre Germain - Inscrit 7 novembre 2012 07 h 46

    Autres problèmes à reconnaître

    M. Hébert peut-il aussi reconnaître ce qui suit comme problèmes:

    (i) la surfacturation que pratiquent indûment - illégalement, même - certains médecins (ophtamologues, gastro-entérologues, dermatologues, etc.), e.g. gouttes achetées 5$ et facturées 200$ aux clients (car ce ne sont plus des patients);

    (ii) la collusion que pratiquent les associations de médecins afin de maintenir leur nombre artificiellement trop bas pour ainsi entretenir une fausse rareté à la faveur des revenus des médecins et au détriment des Québécois (je rappelle que le ratio médecins par 1000 habitants est entre 3 et 4 dans tous les pays de l'Europe de l'Ouest alors qu'il n'est que de 2,2 au Québec; on doit revenir à une rémunération plus raisonnable pour les médecins de façon à pouvoir en former plus au même coût).