Commission Charbonneau - Les libéraux devraient s’excuser, affirme Marois
La collusion et la corruption font rage dans la Vieille capitale, a révélé sous le couvert de l’anonymat un ingénieur à la station de radio FM93. «À ma connaissance, la pratique est probablement moins grosse qu’à Montréal, vu que le marché n’est pas aussi gros. Mais [...] on a un peu le même phénomène à Québec», a-t-il déclaré au journaliste Mathieu Boivin. «Aussitôt qu’il y a un projet qui sort, ben là, entre guillemets, toute la machine se met en branle.» L’ingénieur a précisé que «la mafia» ne fait toutefois pas partie de la «machine».
« C’est très dommage qu’ils ne s’excusent pas », a affirmé Pauline Marois en marge du caucus présessionel des députés du Parti québécois. « Ils auraient pu prendre la décision de créer une commission, de mandater un commissaire il y a trois ans déjà. Ils ne l’ont pas fait. Ils sont responsables en partie de ce qui se passe. »
Certains de ses ministres se sont montrés plus incisifs que leur chef. « Ils devraient être gênés et ils devraient avoir honte, les libéraux, de nous avoir mis dans le pétrin comme ils l’ont fait, d’avoir laissé les bandits et les entrepreneurs véreux faire le sale boulot », s’est indigné le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville.
Le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, estime que, si les libéraux veulent « reconstruire la crédibilité de ce grand parti qu’est le Parti libéral, ils doivent faire une très grande introspection et se mettre à dire aux Québécois : oui, ils n’ont pas été à la hauteur de la situation ».
Si les libéraux avaient créé il y a deux ans la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, ce sont des centaines de millions, liés à des contrats dont les coûts ont été gonflés, que les contribuables auraient économisés, ont soutenu les péquistes. « C’est une certitude que le crime organisé serait moins riche qu’il ne l’est », a dit Jean-François Lisée. Rappelons que, devant la commission Charbonneau, l’ex-entrepreneur Lino Zambito a affirmé que c’est en 2009, dans la foulée de la création de l’opération Marteau, que la collusion entre les entrepreneurs a cessé.
L’abandon temporaire de ses fonctions par Gilles Vaillancourt, un libéral notoire, que le maire de Laval a annoncé mercredi à la suite de perquisitions effectuées par l’Unité permanente anticollusion (UPAC), a servi de bougie d’allumage aux salves péquistes.
Chez les libéraux, on refuse de présenter quelque excuse que ce soit. On rappelle par voie de communiqué que les événements des derniers mois résultent du travail de l’UPAC, une unité mise en place par le gouvernement libéral.







