«Pas de distance entre lui et le présent»
J’ai 35 ans. Je n’ai pas connu l’homme et je n’ai pas été témoin de son parcours politique, mais le mythe qu’il a fait naître et que portent tous les Québécois aujourd’hui, je le connais.
Son image est souvent réduite à un projet de souveraineté, mais René Lévesque, c’est surtout l’incarnation de la pensée progressiste. Avec Hydro-Québec, la loi 101, celle sur l’assurance automobile, le programme d’aide aux familles, il nous a fait progresser comme peuple, il a offert à une génération une autre société que celle qui était en place auparavant, et ce, en s’assurant, de manière constante, de toujours servir les meilleurs intérêts du Québec.
Ce qui est indéniable chez lui, c’est aussi son engagement envers la démocratie. Sa prémisse de base, ce n’était pas le nationalisme, c’était le service de la démocratie. Il croyait à l’intelligence collective, il disait que la tâche d’un « vrai démocrate est de voir à ce que le peuple soit de plus en plus au courant, instruit et renseigné sur ses propres intérêts ».
Progressiste et démocrate : ces valeurs qui ont été beaucoup malmenées dans les dernières années, même si René Lévesque nous a démontré qu’elles pouvaient avoir des externalités positives. Les jeunes se revendiquent d’ailleurs du lévesquisme pour ces deux raisons. Je crois.
Nous portons tous l’héritage de René Lévesque en nous. Le temps n’a pas installé de distance entre lui et le présent, mais il y a peut-être en ce moment, face à cet héritage, une période de latence. C’est comme une trilogie. Nous avons vu la première partie du film avec la Révolution tranquille, puis le deuxième chapitre avec René Lévesque. Il en reste désormais un dernier à écrire, en lien avec cette époque, et c’est sans doute ce que nous nous préparons à faire, en essayant de ramener ces notions de progressisme et de service de la démocratie que la scène politique actuelle n’offre plus.
Propos recueillis par Fabien Deglise
Paul Saint-Pierre Plamondon, président de Génération d’idées







