«Il n’était pas considéré comme une personne menaçante»
La loi 101 a eu un impact dévastateur sur la communauté anglophone. Elle a provoqué le départ de milliers d’anglophones du Québec, elle a marginalisé notre communauté. Ça, c’est clair. Mais la différence entre René Lévesque et plusieurs autres, c’est qu’il était perçu comme quelqu’un qui ne croyait pas que la protection et la promotion de la langue française étaient des vases communicants avec l’idée d’effacer la présence de l’anglais ou d’affaiblir la communauté anglophone.
Pour cette raison, il était respecté et considéré dans la communauté non pas comme une personne menaçante, mais comme quelqu’un d’un peu sensible - malgré ses politiques et leurs impacts. C’est une nuance importante avec Camille Laurin, ou la Société Saint-Jean-Baptiste, ou le Mouvement Québec français, qui ont souvent essayé de semer la panique sur la place du français au Québec.
Lévesque, c’était différent : il a voulu assurer la vitalité de la langue française, mais pas nécessairement en diminuant la présence de l’anglais. Je serais d’ailleurs curieux de savoir ce qu’il penserait de la loi 101, 35 ans plus tard…
Propos recueillis par Guillaume Bourgault-Côté








