«Le printemps dernier, il nous a manqué»
Sa grandeur est là. Même s’il est né dans les années 20, il a été rattrapé par la jeune génération, il a senti l’effervescence et la montée des attentes dans la nouvelle classe moyenne alors en formation et a amené cette force vers quelque chose d’ambitieux, en arrivant même à convaincre alors des gens attirés vers des solutions révolutionnaires plus radicales qu’il était possible de faire beaucoup dans le cadre actuel, mais que cela allait long et qu’il fallait être patient.
Des personnages comme lui sont nécessaires dans une société quand on sent une certaine surchauffe, quand il y a de l’indignation, et ce, pour conduire tout ça vers quelque chose de démocratique et de sain. Le printemps dernier, au Québec, il nous a particulièrement manqué.
Que la commémoration de sa mort ne défraie pas les manchettes n’est pas étonnant, puisque sa mémoire est évoquée chaque semaine, autant par les souverainistes que les autres. Il y a toujours une raison pour le faire. René Lévesque est encore très présent. L’homme fait partie de notre quotidien et, forcément, on ne se souvient plus très bien du moment où il est mort. Cela peut donner sans doute une fausse impression de distance.
Éric Bédard, historien
Propos recueillis par Fabien Deglise








