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Privatisation de la SCHL: des impacts à ne pas sous-estimer

25 octobre 2012 | Isabelle Porter | Québec
François Saillant
Photo : La Presse canadienne (photo) Peter McCabe François Saillant
Une éventuelle privatisation de la SCHL risque de nuire au parc de logements sociaux, mais les petits acheteurs de propriétés ne seraient pas nécessairement pénalisés, selon un expert.

Le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a suscité toutes sortes d’inquiétudes en évoquant cette semaine une possible privatisation de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).


Qu’adviendrait-il, par exemple, des petits acheteurs de propriétés qui s’appuient sur les prêts de la SCHL parce que leur mise de fonds est inférieure à 20 % ?


Ils ne seraient pas laissés pour compte, selon le professeur de gestion immobilière de l’Université Laval François Desrosiers. « Il y a des assureurs privés qui font déjà la même chose », explique-t-il.


Or la SCHL assure à 100 %, ce qui n’est pas le cas des autres compagnies, d’où sa grande popularité, dit-il.


Il ajoute que la privatisation de la SCHL et de nouveaux types de prêts pourraient même amener les vendeurs à s’ajuster et faire baisser leurs prix en conséquence.

 

Inquiétudes dans les HLM et les coops


Quant au volet social de la SCHL, il est clairement à risque. Malgré le retrait du fédéral du financement du logement social en 1993, la SCHL subventionne toujours les coopératives et les HLM grâce à des ententes signées auparavant.


Ces ententes tombent progressivement à échéance d’ici à 2030 et des groupes comme le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) espèrent encore convaincre le gouvernement de prolonger le financement après 2030. Toutefois, les signaux venus d’Ottawa suggèrent plutôt le contraire.


« Jamais le privé ne va prendre la relève. Ça veut dire des augmentations de loyer importantes, déplore le porte-parole du FRAPRU, François Saillant. Dans les coops, par exemple, tout l’argent du fédéral est utilisé pour les familles à faible revenu, pour que leur loyer suive leur capacité de payer. […] Il y a des gens qui reçoivent des subventions de 200 $, 300 $ par mois. »


Et qu’en est-il des statistiques produites par la SCHL sur le marché locatif notamment ? Le professeur François Desrosiers se demande si ça ne pourrait pas être transféré à un autre ministère. François Saillant, lui, est très préoccupé. « Ç’aurait pour conséquence de priver les groupes sociaux de moyens pour livrer leurs batailles », dit-il.

 
 
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