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Commission Charbonneau - Surprenant revoit à la hausse ses pots-de-vin

C’est dorénavant 700 000 $ que l’ex-ingénieur admet avoir touchés dans ce système «connu de tous»

25 octobre 2012 | Kathleen Lévesque | Québec
En échange de tout cet argent — et c’est sans compter les nombreux cadeaux reçus comme du vin, des voyages et des billets de hockey —, l’ex-fonctionnaire surestimait le coût projeté de la construction et de la réfection des égouts.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir En échange de tout cet argent — et c’est sans compter les nombreux cadeaux reçus comme du vin, des voyages et des billets de hockey —, l’ex-fonctionnaire surestimait le coût projeté de la construction et de la réfection des égouts.
Zambito aurait rencontré Bibeau à Loto-Québec

Un agent de sécurité de Loto-Québec a raconté mercredi à LCN qu’il avait escorté l’ex-entrepreneur Lino Zambito au bureau du vice-président Pierre Bibeau, en 2009. Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, M. Zambito a affirmé avoir remis 30 000 $ comptant à M. Bibeau pour le financement du Parti libéral du Québec. Une bande vidéo attesterait du passage de M. Zambito à la société d’État.
Même après avoir admis qu’il avait empoché plus de 700 000 $ en pots-de-vin, Gilles Surprenant continue de se donner un rôle secondaire dans la corruption qui régnait à la Ville de Montréal. Devant la commission Charbonneau, l’ingénieur retraité a insisté pour impliquer des collègues et ses supérieurs dans ce système qu’il n’a jamais cru bon de dénoncer.

Pourquoi n’avoir rien fait ? a insisté le procureur de la commission, Denis Gallant. « J’en parlais ouvertement à mes supérieurs », a dit le témoin, sur la défensive, soulignant que tout le monde savait ce qui se passait au sein du département des égouts, et ce, jusqu’au commis. La juge France Charbonneau est revenue à la charge : alors pourquoi ne pas avoir téléphoné à la police ou alerté les journalistes ? « Je pense que c’était pas mon rôle à moi, simple fonctionnaire, d’appeler la police pour ça », a affirmé Gilles Surprenant.


Ce dernier reconnaît n’avoir rien fait pour corriger la situation, car selon lui, ce sont ses patrons, et ce, jusqu’aux plus hautes instances de la Ville, comité exécutif compris, qui étaient les gardiens de l’intégrité du processus d’octroi de contrats. Résultat : personne n’était en mode solution, a reconnu M. Surprenant.


Pour sa quatrième journée de témoignage, M. Surprenant a laissé tomber son air contrit des derniers jours. Il a tenté de se présenter comme la victime d’un système bien implanté qui forçait les choses jusqu’à l’intimidation. « Je ne suis pas méchant. Je suis un fonctionnaire qui a été corrompu », a dit l’ex-employé de la Ville de Montréal. Ce dernier a laissé entendre qu’il avait même été « ébranlé » d’apprendre qu’un pourcentage des contrats était destiné au comité exécutif. Ébranlé ? De quoi et quand ? s’est exclamée la juge France Charbonneau, qui lui a rappelé qu’il avait déjà mis le doigt dans l’engrenage de la corruption depuis 1991.


De fait, M. Surprenant a empoché pot-de-vin sur pot-de-vin, comme le démontre l’analyse de 91 contrats pour lesquels il a confectionné les plans et devis. Entre 1991 et 2008, il s’en est mis plein les poches à coups de 5000 $, 10 000 $, voire 22 000 $. Au total, il a reçu plus de 700 000 $, soit 100 000 $ de plus que ce qu’il avait d’abord admis devant la commission Charbonneau.


En échange de tout cet argent — et c’est sans compter les nombreux cadeaux reçus comme du vin, des voyages et des billets de hockey —, l’ex-fonctionnaire surestimait le coût projeté de la construction et de la réfection des égouts. M. Surprenant a pris bien soin de marteler, ce qui constitue en soi un changement de ton de sa part, que ce sont les entrepreneurs qui étaient à l’origine de la collusion et de la corruption. Les contrats étaient « truqués » par eux, a-t-il répété, allant jusqu’à susciter l’impatience de la juge Charbonneau. Cette dernière lui a rappelé qu’il était un rouage important du système mis en place.


D’ailleurs, même quand aucun entrepreneur ne lui demandait de gonfler le prix du contrat d’égout, il prenait les devants en espérant recevoir une enveloppe bien garnie, comme l’a démontré un cas présenté par la commission.


Malgré cela, il a affirmé qu’il n’était « pas malheureux » que le système s’arrête au tournant de 2006. M. Surprenant a raconté que les entrepreneurs s’étaient alors rendu compte qu’ils n’avaient plus besoin de lui ; le système informatique qu’il avait nourri de prix « boostés de 30 à 35% », au cours des années précédentes, augmentait maintenant le coût de façon automatique. Plus tard, il a quelque peu modifié son témoignage en soulignant que dans les faits, ce n’était que deux entrepreneurs (Joe Borsellino et Joey Piazza) qui avaient mis fin au stratagème.


En fin d’après-midi, Gilles Surprenant a décortiqué les faux extras (plus de 400 000 $) qui avaient marqué un contrat remontant à 2006. L’excavation de roc a notamment été facturée, mais dans les faits, il n’y avait rien à enlever, ce qui a fait dire à Me Gallant : « On a excavé de l’air et facturé de l’argent. »

 
 
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