Pour un directeur parlementaire du budget
La CAQ relance l’idée du Parti québécois qui, lui, n’est plus convaincu
Le directeur parlementaire du budget fournirait aux élus le portrait exact des finances publiques avant une campagne électorale, a fait valoir François Legault. Un parti qui en remplace un autre au pouvoir cesserait d’user de « la vieille technique » qui est de dire : « On a découvert une situation qui est pire que prévu et, par conséquent, on ne pourra pas tenir nos promesses », croit le chef caquiste. « Je pense que les Québécois sont tannés de ce petit jeu. »
Il a cité l’exemple de Raymond Bachand qui, avant de quitter ses fonctions de ministre des Finances, avait déclaré que le dépassement des dépenses auquel faisait face le gouvernement était de 800 millions ; quelques semaines plus tard, le nouveau ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, l’établissait plutôt à 1,6 milliard.
Le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, trouve aujourd’hui que la création de ce nouveau poste n’est plus une bonne idée. Or c’est une proposition que faisait le PQ en février dernier. Elle ne fut toutefois pas reprise dans sa plateforme électorale. « Pourquoi créer une nouvelle structure ? », s’est-il demandé, en se disant préoccupé par ses coûts. Le PQ s’est toutefois engagé à étendre le mandat du Vérificateur général du Québec à toutes les sociétés d’État. M. Drainville a vaguement évoqué la possibilité que le VG assume les fonctions dévolues à un directeur parlementaire du budget.
Après avoir lundi promis de présenter un projet de loi pour imposer un plafond de 4 millions de dollars aux dépenses engagées dans les campagnes électorales de chacun des partis, François Legault a donc continué, avec la création de ce nouveau poste, d’effeuiller des éléments du projet de loi 1 sur l’intégrité de la vie publique que la CAQ promettait en campagne électorale de déposer si elle formait le gouvernement. Le chef caquiste n’a pas écarté la possibilité que son parti présente à la pièce d’autres éléments de ce projet de loi 1 au cours de la session.
Le directeur parlementaire du budget pourrait aussi, à la demande des députés, évaluer le coût de mesures annoncées par le gouvernement, comme le gel des droits de scolarité et le manque à gagner qu’il représente pour les universités, ou encore les conséquences de la fermeture de Gentilly-2 sur les finances publiques.
Après avoir fièrement précisé qu’il était comptable, tout comme Christian Dubé, le porte-parole de la CAQ en matière de finances et d’économie qui l’accompagnait, François Legault s’est emmêlé dans ses chiffres quand il fut question du coût lié à la création du poste de directeur parlementaire du budget. « À Ottawa, ça coûte 2 milliards », a-t-il dit, pour ensuite dire 2 millions en constatant la surprise des journalistes. Et de 500 à 600 millions à Québec, a-t-il poursuivi, pour ensuite ramener cette somme à 500 000 $. « J’ai trois zéros de trop aujourd’hui », a reconnu François Legault.








