Sous-traitance - Charest trouvera les syndicats sur son chemin
Le gouvernement vient de déclarer la guerre aux travailleurs, selon la CSN et la FTQ
Photo : Jacques Nadeau
Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, juge que Mike Harris constitue toujours un exemple pour Jean Charest.
La détermination du premier ministre Jean Charest à modifier l'article 45 du Code du travail a suscité hier autant l'enthousiasme du patronat que l'ire des syndicats qui y voient un «glissement manifeste vers le modèle Harris».
Pour les centrales syndicales, l'annonce de M. Charest, faite dimanche dernier lors du conseil général du Parti libéral, a toutes les apparences d'une déclaration de guerre aux travailleurs, puisque le gouvernement Charest «n'a pas de sensibilité face à la paix sociale».
La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, estime que l'ouverture facilitée à la sous-traitance favorisera les promoteurs privés liés au Parti libéral. «Le seul objectif visé par le gouvernement libéral est de contribuer à l'appauvrissement des travailleurs et peut-être aussi nourrir certains amis du pouvoir», a affirmé Mme Carbonneau.
Cette dernière considère qu'il y a des relents de la «révolution du bon sens» de l'ancien premier ministre ontarien, Mike Harris, dans le projet de Jean Charest. Et Mme Carbonneau de rappelé qu'aux élections de 1998, M. Charest avait tenté de prendre ses distances des acquis de la Révolution tranquille et qu'«il avait témoigné de son admiration pour Mike Harris».
L'article 45 du Code de travail balise les conditions dans lesquelles peut s'exercer la sous-traitance. Ainsi, les conditions de travail des syndiqués continuent de s'appliquer lorsqu'une entreprise ou un corps public fait appel à un sous-traitant.
Pour le président de la FTQ, Henri Massé, l'idée d'accorder plus de «souplesse» dans les relations de travail est un prétexte pour faire de la réingénierie de l'État une opération budgétaire. Le gouvernement Charest cherche par tous les moyens à faire des économies, quitte à ce que ce soit sur le dos des travailleurs, estime-t-il.
Mais attention, préviennent Mme Carbonneau et M. Massé, les syndicats ne toléreront pas un recul. Il pourrait y avoir des alliances entre centrales syndicales mais également avec le monde communautaire pour monter aux barricades. «C'est les gens qui vont nous mobiliser. S'il fallait qu'on ne fasse rien, on en mangerait une bonne chez nous», a lancé M. Massé.
«Je ne m'en vais pas avec l'objectif d'un affrontement, a déclaré hier le ministre du Travail, Michel Després. Le gouvernement Charest ne cherche pas à "désyndicaliser" certains travailleurs québécois.» Le ministre Després n'a toutefois pas précisé comment il parviendrait à la quadrature du cercle, c'est-à-dire à la fois respecter les conventions collectives existantes et encourager la sous-traitance dans le secteur public, par exemple, afin d'obtenir «des meilleurs services au meilleur coût».
La nouvelle que le Parti libéral respectera son engagement a été très bien accueillie par le patronat. Le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, affirme qu'une modification de l'article 45 est une «proposition progressiste» qui ne vise en rien à «saboter les syndicats».
«Est-ce que la conscience sociale, c'est de maintenir le protectionnisme rigide ou créer de l'emploi et réduire le chômage?», a expliqué M. Taillon.
À l'Assocation des hôpitaux du Québec (AHQ), on se réjouit également des intentions gouvernementales. Un plus large accès à la sous-traitance ne toucherait pas «les soins mais plutôt les services accessoires», a précisé la porte-parole de l'AHQ, Lisa Massicotte.
Dans le secteur de la santé, le gouvernement Charest déposera trois projets de loi cet automne tel que promis: l'abolition des régies régionales de santé, la création d'un poste de commissaire à la santé et le regroupement des unités d'accréditations syndicales.
Pour la présidente de la Fédération des infirmières du Québec, Jennie Skeene, il est clair que l'objectif du gouvernement, «c'est de sauver de l'argent». Point. Mme Skeene ne voit aucun avantage à une fusion des unités d'accréditations. «Le fonctionnement du réseau, malgré les fusions du CHUM et du CHUQ, fait en sorte que les syndicats ne travaillent pas ensemble. Les établissements sont constamment remis en question. Demain, ça va être quoi? On propose encore une nouvelle formule d'établissement», a-t-elle laissé tombé.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, y voit surtout l'occasion d'améliorer les services dans les hôpitaux. «Il y a 50 à 60 accréditations par hôpitaux. Tout le monde s'entend pour dire que ce n'est plus gérable. Mais cela n'est pas la responsabilité du mouvement syndical», a soutenu hier le ministre Couillard à l'occasion de l'inauguration des locaux du Laboratoire de santé publique du Québec.
Avec la collaboration de Robert Dutrisac et d'Isabelle Paré
Pour les centrales syndicales, l'annonce de M. Charest, faite dimanche dernier lors du conseil général du Parti libéral, a toutes les apparences d'une déclaration de guerre aux travailleurs, puisque le gouvernement Charest «n'a pas de sensibilité face à la paix sociale».
La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, estime que l'ouverture facilitée à la sous-traitance favorisera les promoteurs privés liés au Parti libéral. «Le seul objectif visé par le gouvernement libéral est de contribuer à l'appauvrissement des travailleurs et peut-être aussi nourrir certains amis du pouvoir», a affirmé Mme Carbonneau.
Cette dernière considère qu'il y a des relents de la «révolution du bon sens» de l'ancien premier ministre ontarien, Mike Harris, dans le projet de Jean Charest. Et Mme Carbonneau de rappelé qu'aux élections de 1998, M. Charest avait tenté de prendre ses distances des acquis de la Révolution tranquille et qu'«il avait témoigné de son admiration pour Mike Harris».
L'article 45 du Code de travail balise les conditions dans lesquelles peut s'exercer la sous-traitance. Ainsi, les conditions de travail des syndiqués continuent de s'appliquer lorsqu'une entreprise ou un corps public fait appel à un sous-traitant.
Pour le président de la FTQ, Henri Massé, l'idée d'accorder plus de «souplesse» dans les relations de travail est un prétexte pour faire de la réingénierie de l'État une opération budgétaire. Le gouvernement Charest cherche par tous les moyens à faire des économies, quitte à ce que ce soit sur le dos des travailleurs, estime-t-il.
Mais attention, préviennent Mme Carbonneau et M. Massé, les syndicats ne toléreront pas un recul. Il pourrait y avoir des alliances entre centrales syndicales mais également avec le monde communautaire pour monter aux barricades. «C'est les gens qui vont nous mobiliser. S'il fallait qu'on ne fasse rien, on en mangerait une bonne chez nous», a lancé M. Massé.
«Je ne m'en vais pas avec l'objectif d'un affrontement, a déclaré hier le ministre du Travail, Michel Després. Le gouvernement Charest ne cherche pas à "désyndicaliser" certains travailleurs québécois.» Le ministre Després n'a toutefois pas précisé comment il parviendrait à la quadrature du cercle, c'est-à-dire à la fois respecter les conventions collectives existantes et encourager la sous-traitance dans le secteur public, par exemple, afin d'obtenir «des meilleurs services au meilleur coût».
La nouvelle que le Parti libéral respectera son engagement a été très bien accueillie par le patronat. Le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, affirme qu'une modification de l'article 45 est une «proposition progressiste» qui ne vise en rien à «saboter les syndicats».
«Est-ce que la conscience sociale, c'est de maintenir le protectionnisme rigide ou créer de l'emploi et réduire le chômage?», a expliqué M. Taillon.
À l'Assocation des hôpitaux du Québec (AHQ), on se réjouit également des intentions gouvernementales. Un plus large accès à la sous-traitance ne toucherait pas «les soins mais plutôt les services accessoires», a précisé la porte-parole de l'AHQ, Lisa Massicotte.
Dans le secteur de la santé, le gouvernement Charest déposera trois projets de loi cet automne tel que promis: l'abolition des régies régionales de santé, la création d'un poste de commissaire à la santé et le regroupement des unités d'accréditations syndicales.
Pour la présidente de la Fédération des infirmières du Québec, Jennie Skeene, il est clair que l'objectif du gouvernement, «c'est de sauver de l'argent». Point. Mme Skeene ne voit aucun avantage à une fusion des unités d'accréditations. «Le fonctionnement du réseau, malgré les fusions du CHUM et du CHUQ, fait en sorte que les syndicats ne travaillent pas ensemble. Les établissements sont constamment remis en question. Demain, ça va être quoi? On propose encore une nouvelle formule d'établissement», a-t-elle laissé tombé.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, y voit surtout l'occasion d'améliorer les services dans les hôpitaux. «Il y a 50 à 60 accréditations par hôpitaux. Tout le monde s'entend pour dire que ce n'est plus gérable. Mais cela n'est pas la responsabilité du mouvement syndical», a soutenu hier le ministre Couillard à l'occasion de l'inauguration des locaux du Laboratoire de santé publique du Québec.
Avec la collaboration de Robert Dutrisac et d'Isabelle Paré
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