Union Montréal en mode réforme
Le parti de Gérald Tremblay veut rétablir son intégrité en réformant les règles de financement des partis et d’attribution de contrats
Malmené devant la commission Charbonneau, Union Montréal passe à l’offensive à compter de lundi avec le dépôt d’une série de motions visant à rétablir son intégrité.
Le parti de Gérald Tremblay proposera, lors de la réunion mensuelle du conseil municipal, trois motions pour réformer le financement des partis, resserrer les règles d’attribution des contrats et réitérer sa pleine confiance à l’égard du maire.
Le vice-président du comité exécutif, Richard Deschamps, assure que la présentation de ces motions n’a rien à voir avec les allégations de corruption et de collusion à la Ville de Montréal formulées à la commission Charbonneau. L’entrepreneur en construction Lino Zambito a déclaré, dans son témoignage, qu’il devait verser l’équivalent de 3 % de la valeur de ses contrats au parti du maire pour faire des affaires à Montréal, tandis que l’ingénieur à la retraite Gilles Surprenant (surnommé M. TPS pour taxe pour Surprenant) a reconnu avoir touché la somme de 600 000 $ en pots-de-vin, de 1991 à 2009, pour truquer les appels d’offres dans le secteur des égouts.
L’administration Tremblay est d’accord pour réformer le financement des partis politiques municipaux. Le leader de la majorité, Marvin Rotrand, proposera donc de réduire de 1000 $ à 200 $ le maximum de contributions personnelles permises et d’instaurer un système de financement public similaire à celui qui prévaut pour les partis provinciaux. « Nous sommes exaspérés de voir des gens penser que le système actuel de financement ouvre la porte à des activités illégales », explique M. Rotrand.
Québec interpellé
L’administration Tremblay reviendra aussi à la charge pour exiger que Québec colmate dans les plus brefs délais les brèches dans la loi 35, afin de priver de tout contrat public les entreprises et les administrateurs reconnus coupables de fraude au pénal ou au criminel.
Pour narguer les partis d’opposition, qui ont présenté des motions de défiance à l’égard du maire lors de la dernière réunion du conseil, Union Montréal, proposera aussi de tenir un vote d’appui à l’administration Tremblay « pour tous les gestes qu’elle a posés dans la lutte à la corruption et à la collusion ».
Union Montréal souhaite enfin que le mandat de la commission Charbonneau soit élargi, afin de traiter de l’élection de Pierre Bourque, sous la bannière de Vision Montréal, en 1994. Le parti a été reconnu coupable d’avoir utilisé des prête-noms à plus de 200 reprises, sans que la provenance des fonds ait été établie.
Selon Vision Montréal, le parti du maire cherche à faire diversion pour ne pas avoir à répondre des allégations sur son propre financement illégal.








