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    Course au leadership au PLQ - Le financement, un nouveau casse-tête

    20 octobre 2012 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
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	Les candidats au leadership Moreau, Couillard et Bachand en compagnie du chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier.</div>
    Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson
    Les candidats au leadership Moreau, Couillard et Bachand en compagnie du chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier.
    La tâche de trouver du financement s’annonce corsée pour les candidats à la succession de Jean Charest. D’une part, ils seront les premiers à mener une course au leadership encadrée par la Loi électorale. Mais surtout, ils devront convaincre des donateurs dans un contexte d’extrême méfiance envers le financement politique. Joli casse-tête en vue.

    Si la commission Charbonneau commence déjà à révéler des failles importantes dans le financement politique au Québec, elle n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent en matière de financement des courses au leadership passées. Pour la simple raison que, jusqu’en décembre 2011, il n’y avait aucune règle à suivre - outre celles décidées par le parti en question…


    Une compagnie voulait donner 50 000 $ comptant à un candidat ? Pas de problème. « C’était de la régie interne qui ne regardait pas le Directeur général des élections », dit Denis Dion, porte-parole du DGE. Selon lui, « il se brassait énormément d’argent [dans ces courses] sans qu’on ait le moindre contrôle ».


    La seule fois que le DGE a pu s’immiscer dans une campagne, ce fut celle du Parti québécois en 2005, rappelle M. Dion : la formation avait alors volontairement décidé de s’assujettir à la Loi électorale, ce qui limitait les contributions à 3000 $ par donateur.


    Les modifications apportées à la loi l’hiver dernier limitent maintenant à 1000 $ le montant maximal qu’un individu pourra donner à la campagne au leadership du Parti libéral du Québec. Le parti a fixé le plafond de dépenses à 600 000 $. Les candidats sont sinon soumis aux mêmes règles de financement et de contrôle de leurs dépenses que les partis politiques lors d’une campagne électorale. Le DGE affichera sur son site Internet les noms des donateurs de chaque candidat et les dépenses des candidats seront consignées dans des rapports publics.


    Objectif : rendre plus transparent un système qui ne l’était pas du tout. Et selon Guy Lachapelle, politologue à l’Université Concordia qui s’intéresse au financement des partis politiques, il était grand temps. « On laissait les partis faire ce qu’ils voulaient ; ça n’avait pas beaucoup de sens », dit-il. Les règles en place devraient permettre à son avis une lutte un peu plus égale entre les candidats, « même si le favori aura toujours plus de facilité à recueillir de l’argent ».

     

    Plus d’argent qu’au NPD


    Pour le directeur du financement de la campagne de Philippe Couillard, le député Marc Tanguay (ancien président du PLQ), « l’encadrement va faire en sorte qu’on revienne à la base de ce qu’est un don : le geste d’un électeur qui décide d’appuyer un candidat parce qu’il aime ses idées. Et selon nous, ce don doit demeurer modéré pour qu’on parle de financement populaire ».


    M. Couillard a ainsi annoncé en fin de semaine qu’il limitera à 500 $ les contributions qu’il acceptera. C’est plus que les 100 $ que le gouvernement Marois souhaite établir comme plafond annuel des contributions individuelles aux partis, mais le geste a été salué comme un pas dans la bonne direction. La décision obligera chacun à trouver plus de donateurs, mais on estime dans l’équipe Couillard que cela enverra un message de probité - message renforcé par le départ, jeudi, de l’organisateur Alexandre Bibeau.


    Le responsable du financement de la campagne de Pierre Moreau, l’ancien ministre Pierre Arcand, rappelle toutefois que le « plafond de 1000 $ vient d’être adopté. Ça nous paraît correct comme contribution ».


    C’est plutôt le plafond de 600 000 $ qui dérange l’équipe Moreau : vendredi, l’ancien ministre des Transports a précisé qu’il se fixait un plafond personnel de 450 000 $ (plus 50 000 $ de dépôt pour l’inscription), question de mener une « campagne sobre » et de « réduire la pression sur le financement ».


    Si l’on compare cela à la campagne du Nouveau Parti démocratique conclue en mars 2012, on peut avancer que les libéraux ne manqueront toutefois pas d’argent : le NPD avait imposé un plafond moins élevé (500 000 $) pour une campagne plus longue - et étalée d’un océan à l’autre. Le financement au fédéral est limité à 1100 $ par personne par course : signe de la difficulté à recueillir des fonds, seuls deux candidats (Thomas Mulcair et Brian Topp) ont amassé une somme avoisinant le maximum.


    En comparaison, la course libérale fédérale menée en 2006 avait permis à Bob Rae d’amasser près de 3 millions en dons, soit un million de plus que Michael Ignatieff. Mais à l’époque, les contributions personnelles pouvaient s’élever jusqu’à 5400 $. Le resserrement de la loi après la course a fait en sorte que plusieurs candidats ont traîné des dettes pendant des années - Martha Hall Findlay a annoncé mercredi qu’elle venait de payer son dernier dollar dû, six ans plus tard.


    Image sulfureuse


    L’autre facteur qui risque de compliquer la tâche de Philippe Couillard, de Pierre Moreau et de Raymond Bachand (qui n’a pas rappelé Le Devoir cette semaine), c’est évidemment l’image actuelle sulfureuse du concept de financement politique. « C’est clair que ça va nuire aux candidats, pense Guy Lachapelle. Les individus vont être moins enclins à donner avec tout ce qu’on entend. »


    Déjà, en mai 2010, plusieurs libéraux rassemblés pour un souper de financement du Parti libéral du Canada avaient confié au Devoir à quel point il était devenu ardu de solliciter des dons, alors que les allégations de corruption fusaient. Le président de la soirée, Vincent Guzzo, avait lancé aux convives qu’ils n’avaient « pas froid aux yeux » de s’afficher ainsi comme donateurs. Les statistiques démontrent d’ailleurs que le nombre de contributeurs aux partis politiques diminue sans cesse depuis quelques années.


    « On sait que la population nous regarde », dit Marc Tanguay. Pour Pierre Arcand, « il est clair que les gens posent plus de questions avec ce qui se passe ». Mais les deux disent toutefois avoir bon espoir de ne pas subir trop de ressac. « Les premières décisions du Parti québécois vont nous faciliter le travail », croit Pierre Arcand.


    Quant à Raymond Bachand, il indiquait cette semaine dans un hebdo des Laurentides qu’il fait tout pour laver plus blanc que blanc. « J’essaie de faire attention avec les organisateurs que je choisis, j’ai pris un peu de retard à cause de ça. Je fais une double vérification pour m’assurer que personne n’est rattaché à ça [le financement illégal] », dit-il.


    Les candidats pourront commencer à amasser des fonds dès dimanche, alors que le Parti libéral adoptera officiellement les règles de la course.

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	Les candidats au leadership Moreau, Couillard et Bachand en compagnie du chef intérimaire du PLQ, Jean-Marc Fournier.</div>
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	La course libérale fédérale menée en 2006 avait permis à Bob Rae d’amasser près de 3 millions en dons, soit 1 million de plus que Michael Ignatieff. Mais à l’époque, les contributions personnelles pouvaient s’élever jusqu’à 5400 $.</div>












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