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Loi 101 dans les garderies : Québec recule

19 octobre 2012 | La Presse canadienne | Québec
Le gouvernement Marois fait marche arrière, passant de l’affirmation à la valse-hésitation quant à savoir s’il est pertinent d’étendre la loi 101 aux services de garde.

Devant le tollé soulevé par la déclaration de la ministre Nicole Léger, qui soutenait mercredi que Québec se préparait à appliquer la loi 101 aux garderies, le gouvernement fait un repli stratégique.


Il indique maintenant qu’il cherche un moyen d’imposer le français dans les garderies sans pour autant copier l’obligation faite aux immigrants dans la loi 101 de fréquenter l’école en français au primaire et au secondaire.


Lors d’un bref point de presse jeudi, à l’issue de la rencontre hebdomadaire du Conseil des ministres, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a dit qu’elle voulait que les enfants des garderies soient en contact avec la langue française, mais sans nécessairement les couper de leur langue maternelle.


« Il n’est pas question d’appliquer la loi 101 dans les CPE telle qu’elle est appliquée dans les écoles primaires et dans les écoles secondaires », a commencé par dire la ministre.


Puis elle a précisé qu’il était « légitime qu’on soit en contact dans le réseau public des garderies avec la langue française, mais il est tout aussi légitime que la langue maternelle des enfants soit en continuité aussi ».


Elle s’est montrée soucieuse de tenir compte de cette « dualité » dans son approche, au moment de préparer une mouture plus musclée de la Charte de la langue française.


Mais au bout du compte, ont demandé les journalistes, la loi 101 sera-t-elle oui ou non appliquée dans les garderies ? « C’est ni oui ni non. Actuellement, je suis à constater un certain nombre de faits et à consulter un grand nombre de personnes », a-t-elle répondu.


Ce faisant, la ministre De Courcy a rabroué sa collègue de la Famille, Nicole Léger, qui avait dit la veille, lors d’un entretien à La Presse canadienne, que le gouvernement allait étendre l’application de la loi 101 aux services de garde et que cette question figurerait dans la refonte de la Charte de la langue française, qui sera annoncée sous peu.


La ministre De Courcy a ajouté que la première ministre Pauline Marois allait en dire davantage lors de la présentation de son discours inaugural, le 31 octobre.


Ce discours est attendu par les libéraux, qui forment l’opposition officielle. Ils estiment que ce sera le moment, après une série de « cafouillages », de « rappeler tout le monde à l’ordre », selon le chef par intérim, Jean-Marc Fournier.


Selon lui, depuis un mois, les erreurs de parcours se multiplient et le gouvernement semble avoir troqué la table du Conseil des ministres pour « la patinoire de la Ligue nationale d’improvisation ».

 
 
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