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    Québec va étendre l'application de la loi 101 aux garderies

    17 octobre 2012 18h16 |La Presse canadienne | Québec
    À l'heure actuelle, le réseau des garderies, en croissance exponentielle, n'est régi par aucune norme linguistique.
    Photo: Annik MH De Carufel -Le Devoir À l'heure actuelle, le réseau des garderies, en croissance exponentielle, n'est régi par aucune norme linguistique.
    La loi 101 va bientôt faire son apparition dans les garderies, selon ce qu'a appris La Presse canadienne. Le gouvernement Marois va abolir le libre choix laissé actuellement aux immigrants, en élargissant l'application de la loi 101 aux services de garde.

    Leurs enfants âgés de 0 à 5 ans et fréquentant un service de garde devront donc s'initier très tôt au français, accélérant ainsi le processus d'intégration de la famille à la majorité francophone.

    Cette nouvelle disposition apparaîtra dans le projet de loi visant à renforcer la Charte de la langue française (loi 101), et qui doit être déposé dès la rentrée parlementaire de l'automne.

    L'information a été confirmée par la ministre de la Famille, Nicole Léger, lors d'un entretien téléphonique visant à faire le point sur ses priorités.

    Depuis son adoption en 1977, la loi 101 visait uniquement l'intégration des enfants d'immigrants en âge de fréquenter l'école primaire et secondaire. On savait déjà que le gouvernement Marois voulait en étendre l'application aux adolescents et jeunes adultes du cégep, et voilà qu'il vise aussi les bambins placés en garderie.

    «On va rajuster la loi 101. Il va y avoir des travaux qui vont se faire. Je vais avoir tout le soutien de chez moi comme ministre de la Famille pour s'assurer que ça touche aussi le secteur des Centres de la petite enfance et les services de garde», a commenté la ministre.

    La Charte de la langue française relève de sa collègue de l'Immigration, Diane De Courcy, et selon Mme Léger le projet de renforcement de la loi 101 va bon train.

    «Les choses s'en viennent dans les prochaines semaines, les prochains mois, par rapport à la révision de la loi 101», assure-t-elle.

    Bon an, mal an, le Québec accueille quelque 50 000 immigrants, dont 38 pour cent ne savent pas un mot de français à leur arrivée à Montréal.

    À l'heure actuelle, le réseau des garderies, en croissance exponentielle, n'est régi par aucune norme linguistique.

    Le Québec compte environ un millier de Centres de la petite enfance (CPE) au Québec, et 600 garderies privées subventionnées, sans compter les autres formules (garderies en milieu familial, garderies privées non subventionnées, haltes-garderies, garderies en milieu de travail, etc.).

    La plateforme électorale du Parti québécois n'abordait pas la question de la langue des services de garde, mais le projet d'intervenir en cette matière apparaît en toutes lettres dans le programme du parti, qui prévoit imposer à ces établissements d'accueillir les petits enfants en français et d'interagir en français avec eux.

    En conséquence, le personnel des garderies devra aussi s'adapter à la nouvelle donne linguistique élaborée à Québec.

    Pas moins de 32 000 places à créer

    Comme ministre de la Famille, la priorité de Mme Léger sera cependant d'un autre ordre, et consistera à transformer en réalité, d'ici quatre ans, le slogan cher à la première ministre Pauline Marois: "Un enfant, une place".

    Pour atteindre cet objectif ambitieux, la ministre devra prendre les bouchées doubles et créer pas moins de 32 000 places à 7 $ par jour, pour atteindre un total de 250 000 places disponibles d'ici 2016.

    Si on se fie au rythme d'expansion du réseau, créé par Pauline Marois en 1997, la tâche paraît titanesque.

    En 2008, le gouvernement libéral avait annoncé la création de 18 000 nouvelles places, mais quatre ans plus tard, 2000 de ces places n'existent que sur papier.
    Consciente des besoins «criants» et des attentes des parents, Mme Léger va lancer «incessamment» un premier appel d'offres.

    «On a du rattrapage à faire. Comme gouvernement du Parti québécois, je dois rattraper des années de scandales et des années de ne pas avoir livré les places quand il le fallait», note Mme Léger, en pointant du doigt la gestion laxiste du dossier par les libéraux, dénoncée l'an dernier dans un rapport du vérificateur général.

    La ministre prévoit conserver le mode d'attribution des places mis au point par le gouvernement précédent, à la suite d'allégations de favoritisme, et fondé sur la création de comités consultatifs régionaux chargés d'évaluer les projets soumis, un gage de «transparence», selon elle.

    Par souci de transparence, toujours, il faut s'attendre aussi à voir la ministre Léger rendre publics les fameux rapports d'évaluation de l'appel d'offres de 2008, que l'opposition péquiste a réclamé à grands cris pendant des années.

    «Le gouvernement du Parti québécois veut être transparent», a dit la ministre à la tête d'un réseau grugeant plus de 2 milliards $ de fonds publics par année.
     
     
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