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    Non-ingérence et non-indifférence - Hollande revient à la position traditionnelle de la France

    16 octobre 2012 | Christian Rioux | Québec
    Le président français, François Hollande, accueillant la première ministre du Québec, Pauline Marois, dans la cour de l’Élysée, lundi, avant leur entretien sur l’avenir de la coopération entre la France et le Québec.
    Photo : Agence France-Presse (photo) Bertrand Langlois Le président français, François Hollande, accueillant la première ministre du Québec, Pauline Marois, dans la cour de l’Élysée, lundi, avant leur entretien sur l’avenir de la coopération entre la France et le Québec.

    À l’occasion de la première visite en France de Pauline Marois comme première ministre, le président socialiste François Hollande a annoncé, au sortir de l’Élysée, que son pays revenait à la formule qui réglait depuis trois décennies les relations entre Québec et Paris : celle de la « non-ingérence et non-indifférence ». Fait exceptionnel, pour marquer le coup, le président est venu l’expliquer lui-même devant la presse québécoise dans la cour de l’Élysée aux côtés de Pauline Marois.


    « Ça fait 30 ans que cette formule existe, elle a été portée par tous les gouvernements successivement, donc cette formule prévaut encore aujourd’hui », a déclaré François Hollande. « Moi, je suis pour la continuité », précise-t-il.


    C’est son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui avait pris l’initiative, en 2008, de rompre avec cette politique formulée par l’ancien ministre gaulliste Alain Peyrefitte et mise en place dès 1977 par le gouvernement de Valéry Giscard-d’Estaing. La formule avait survécu à l’élection de François Mitterrand puis à celle de Jacques Chirac, malgré leurs familles politiques différentes. Le 8 mai 2008, Nicolas Sarkozy avait abandonné la formule en affirmant : « On aime le Québec. Mais on aime le Canada. On aime les deux», avait-il déclaré, sans plus.


    Cette décision avait alors embarrassé nombre de personnalités françaises, de droite comme de gauche, dont le futur ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, son premier ministre d’alors, François Fillon, et son proche conseiller Henri Guaino. En 2010, le Parti socialiste avait adopté une résolution réclamant le retour à la politique traditionnelle. Une politique qui avait, à l’origine, permis de rétablir des relations avec le Canada tout en exprimant un préjugé favorable au Québec.


    Dans la cour de l’Élysée, Pauline Marois semblait visiblement réjouie, d’autant plus que les signaux envoyés depuis quelques jours par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, semblaient moins clairs. Selon une source bien au fait du dossier, l’influent ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, aurait joué un rôle important dans cette décision.


    « J’avais dit que le président choisirait ses mots, et le président a choisi ses mots en disant qu’il serait toujours à nos côtés et que cette relation de solidarité allait se perpétuer, a déclaré Pauline Marois. Nicolas Sarkozy avait utilisé d’autres propos sur lesquels je ne reviendrai pas. » En 2008, le président avait en effet accusé les souverainistes à mots à peine couverts de pratiquer le « sectarisme » et la «détestation».


    Selon un membre de la délégation québécoise, la rencontre a été cordiale. François Hollande et Pauline Marois s’étaient déjà rencontrés au Québec en 2008 alors qu’ils étaient respectivement à la tête du Parti socialiste et du Parti québécois, qui sont depuis longtemps des partis frères. François Hollande avait alors rencontré aussi le futur ministre des Relations extérieures, Jean-François Lisée.

     

    Exception culturelle


    Dans un entretien d’une cinquantaine de minutes, François Hollande et Pauline Marois ont discuté de l’avenir de la coopération entre la France et le Québec. Ils se sont mis d’accord pour que l’exception culturelle soit clairement reconnue dans le traité de libre-échange actuellement en négociation entre le Canada et l’Union européenne. Un plan d’action plus précis devrait être annoncé aujourd’hui ou demain. Il est notamment question de coopération renforcée en matière de jeunesse, d’éducation et de formation professionnelle. « C’est dire l’étroitesse, la fraternité du lien que nous avons avec le Québec », a conclu François Hollande, avant de regagner l’Élysée.


    Peu après, la première ministre a eu un déjeuner officiel avec le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. Celui-ci lui a présenté la plaque apposée en 1995 à côté de l’entrée principale de l’Assemblée nationale pour commémorant la visite de René Lévesque en 1977. Un événement digne d’attention puisque cette porte n’est utilisée que pour les très grands événements.


    Claude Bartolone a estimé que le retour du Parti québécois au pouvoir représentait « un lien politique renforcé », mais aussi « amical et familial ». Il a souligné les points communs entre les socialistes français et le Parti québécois. « Nous avons eu un repas officiel il y a quelques instants, dit-il, j’ai l’impression que c’est un repas familial. »


    Aujourd’hui, Pauline Marois rencontrera le premier ministre Jean-Marc Ayrault et prononcera une allocution à l’Institut français des relations internationales.


    ***

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    Ottawa – Les partis fédéralistes à Ottawa se sont contentés de peu de commentaires à la suite de la déclaration du président François Hollande, se gardant de se mêler du débat.


    Un porte-parole du premier ministre Stephen Harper a souligné, par courriel, que « le Canada et la France sont des alliés, mais aussi des partenaires et des amis », réitérant en outre une nouvelle fois le discours des dernières semaines voulant que « les Québécois ne souhaitent pas rouvrir les vieilles chicanes constitutionnelles ». La réaction a été semblable dans l’entourage du chef néodémocrate, Thomas Mulcair, son porte-parole ayant lui aussi noté que « la France est un allié important du Canada et, à ce titre, nous continuons d’apprécier l’intérêt des Français envers le Canada et le respect qu’ils savent démontrer concernant les affaires intérieures du pays ».


    Dans le camp bloquiste, sans surprise, on s’est réjoui de cette « continuité ». « Pour nous, c’est le fait que le gouvernement de la France va accompagner le Québec au fur et à mesure de son développement », a noté le chef Daniel Paillé. Le libéral Marc Garneau s’est abstenu de faire des commentaires.

     
     
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