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Commission Charbonneau - Laval songe maintenant à participer aux travaux

16 octobre 2012 | Brian Myles | Québec
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a de nouveau fait l’objet de nouvelles révélations de la part de l’ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito à la commission Charbonneau.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a de nouveau fait l’objet de nouvelles révélations de la part de l’ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito à la commission Charbonneau.

Gilles Vaillancourt serait-il le « Monsieur 2,5% » de Laval ? Le maire est resté coi lundi à la suite des révélations de Lino Zambito, qui l’a dépeint comme le principal opérateur d’un système de collusion et de corruption dans l’octroi des contrats.


L’attachée de presse du maire, Johanne Bournival, a fait savoir que M. Vaillancourt niait « catégoriquement » les allégations de Lino Zambito et qu’il était « hors de lui ». À la lumière de ces nouvelles révélations, Laval envisage maintenant de demander un statut pour participer aux travaux de la Commission. « Il est très choqué par les propos de M. Zambito. Ce sont des propos mensongers. M. Vaillancourt n’a jamais reçu de montants d’argent de qui que ce soit pour l’octroi des contrats à Laval », a-t-elle dit.


À la reprise de son témoignage à la commission Charbonneau, Lino Zambito a affirmé qu’un système « très bien structuré » était en place à Laval. Neuf entreprises évoluant « en circuit fermé » se partageaient l’essentiel des contrats, en échange d’une rétribution de 2,5 % au maire lui-même. « À Laval, c’était clair. C’était une cote de 2,5 % que les entreprises donnaient au maire Vaillancourt par le biais d’un intermédiaire », a dit M. Zambito.


Cet intermédiaire serait Marc Gendron, l’un des fondateurs de la firme de génie-conseil Gendron et Lefebvre, rachetée successivement par Tecsult et AECOM.


M. Zambito a affirmé qu’il avait remis, en 2003, 25 000 $ en argent comptant à Marc Gendron, après avoir obtenu le paiement d’une somme de 280 000 $ pour des extras sur des travaux d’eau (le contrat initial était de 1,8 à 2 millions). Le montant ne correspondait pas à la prime de 2,5 %, car il s’agissait plutôt d’un paiement forfaitaire, c’est-à-dire un pot-de-vin qui, à sa connaissance, était destiné à M. Vaillancourt.


Avant d’obtenir le contrat, Lino Zambito se plaignait des difficultés à percer le marché lavallois, où les entrepreneurs qui soumissionnaient à Montréal, comme lui, n’étaient pas les bienvenus. Il a rencontré Gilles Vaillancourt lors d’un événement public. Lors d’une brève rencontre, le maire lui a personnellement assuré que « son tour » allait venir, en lui disant : « Ta job, ton contrat s’en vient sous peu. Les gars vont te dire lequel. » Mme Bournival a nié que le maire ait pu tenir ces propos.


Selon les informations fournies par Mme Bournival, le contrat en question, pour des travaux d’aqueduc sur le boulevard Cléroux, a été octroyé en 1999, et non en 2003. Le contrat avait une valeur de 1,43 million (et non 1,8 à 2 millions) avec des extras payés de 420 000 $ (et non 280 000 $).

 

L’opposition bondit


Ces révélations ont fait bondir les partis d’opposition pour une énième fois en quelques jours. Les révélations de Lino Zambito sur les moeurs politiques de Gilles Vaillancourt suivent une série de perquisitions de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à l’hôtel de ville et aux deux résidences du maire.


L’UPAC a aussi mené des perquisitions au siège social de cinq des huit compagnies citées par M. Zambito comme étant parties prenantes du stratagème de collusion. Il s’agit de Construction Louisbourg, Poly-Excavation, Nepcon, Mergad J. Dufresne Asphalte.


Selon Reynald Adams, candidat au poste de conseiller pour le Mouvement lavallois, M. Zambito a enfin « crevé un abcès » à Laval. « Chaque jour qu’il témoigne, ça rend les rumeurs encore plus crédibles, et ça nous scandalise encore plus », a-t-il dit. Il espère que l’UPAC pourra déposer des accusations, « le plus rapidement possible » contre les opérateurs du système de collusion.


Robert Bordeleau, chef du Parti au service du citoyen (PSC), exige une intervention de Québec pour forcer le maire Vaillancourt à se retirer le temps que l’UPAC termine son enquête. « Si ces allégations sont vraies, je trouve ça outrancier. M. Vaillancourt n’a plus aucune légitimité », a-t-il dit.

 
 
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